XXVIII INTRODUCTION
sions qui modelèrent son esprit et imprimèrent les traits caractéristiques de sa propre personnalité.
Le même fait se produit relativement à la nationalité et à la patrie. Il est inutile de vouloir inculquer à l'enfant d'abord, et à l'homme plus tard, que sa patrie n'est pas celle dans laquelle il est né, dans laquelle il a grandi, puis est devenu homme, mais uoe autre patrie lointaine, qu'il n'a jamais ni vue ni connue.
La différence d'origine entre les fils d'immigrants des différentes nationalités disparaît dès l'enfance, par le fait de la communauté de vie à l'école ou à l'atelier, dans le travail ou dans le jeu; c'est du reste dès le premier âge que l'esprit se façonne, sous l'influence du milieu ambiant, et que se développe ce sentiment d'attachement au sol, d'union, de solidarité, de souvenirs, qui se manifestera plus tard en un ardent patriotisme. L'unité de la langue favorise forcément cette fusion et explique ce fait, démontré d'ailleurs pour les États-Unis, que les descendants des immigrants de diverses races, de langue, de religion, d'habitudes et de coutumes différentes, peuvent fusionner assez complètement pour ne plus former qu'une masse populaire parfaitement homogène, avec une même mentalité et une même sentimentalité, constituant ainsi une nouvelle nationalité, jeune, vigoureuse et énergiquement caractérisée.
Nous avons ainsi sous les yeux un exemple pratique de l'unité de la race humaine. Les hasards de la vie, dans le cours des siècles, ayant dispersé la race primitive par toute la terre, celle-ci a formé, sous l'influence du milieu ambiant, de nouveaux types, qui,