‹ L'Argentine au 20e siècleChapitre 22 sur 94 · INTRODUCTION XXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXVII

Pour démontrer que ces craintes softt peu fondées, il suffit de se reporter à l'exemple pratique que nous ont donné les États-Unis. Dans cet immense creuset national se répandit d'abord le courant de l'émigration anglo-saxonne, hollandaise, française et espagnole, et plus tard vinrent des Scandinaves, des Allemands, des Lithuaniens, des Polonais, des Hongrois, des Italiens, des Africains. Or, de la fusion de tous ces éléments, il est sorti une nouvelle race, homogène et forte, avec un puissant esprit national qui s'appelle « Tes prit américain », et elle s'est imposée sous ce nom au respect du monde. Ce résultat n'est pas accidentel ni dû à des antécédents spéciaux ; il est la conséquence d'une évolution naturelle, habilement et intelligemment dirigée.

La législation existant en Europe, qui attribue forcément au fils la nationalité de son père, a pu avoir sa raison d'être dans les temps passés, mais elle ne se maintient plus aujourd'hui que par la force de la tradition.

La nationalité et l'amour de la patrie ne sont qu'une extension de l'amour de la famille et du foyer, et ces sentiments ni aucun autre ne peuvent être imposés par des dispositions légales. Il ne peut exister pour un homme une autre famille et un autre foyer que celui dans lequel il est né et a été élevé. Sans doute, il se sentira attaché au foyer de ses aïeux par des liens de considération et de respect profond ; mais toutes les racines de ses sentiments intimes le relient au foyer et à la famille où il naquit, dont il s'est approprié la sève et où il a reçu les premières impree-

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