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Investigacion Agricola, année 1904, par Carlos D. Girola

100 L'ARGENTINE AU XX e SIÈCLE

vinces de Mendoza et de San Juan, où elle trouve des conditions favorables quant au sol et au climat, et où elle est régulièrement irriguée par des canaux qui arrosent toute la contrée; mais toute la région centrale peut aussi produire du raisin pour le vin et pour la table. La vigne prospère, en outre, à La Rioja, à Catamarca, à Salta et dans l'Entre Rios.

L'élevage se fait surtout dans les Provinces de Buenos Ayres, de Santa Fé, de l'Entre Rios, dans le sud de celle de Côrdoba, et dans une grande partie de la Pampa centrale.

Les caractères principaux de la production agricole argentine étant connus, il convient d'examiner de quelle façon est constituée la propriété rurale; il est nécessaire de savoir entre combien de propriétaires ou d'exploitations se distribuent les 10 millions d'hectares en culture en 1904-1905.

Aux États-Unis, par exemple, on sait, d'après le recensement de 1900, que les 336 millions et demi d'hectares livrés à l'agriculture, se répartissent entre 5 739 657 exploitations distinctes, soit une moyenne d'environ 58 hectares par exploitation. En France, suivant la statistique de 1892, on comptait 5 702000 exploitations, d'une étendue moyenne de 8 hectares et demi.

Est-il possible de faire cette investigation dans l'Argentine? Le recensement national de 1895 a fourni quelques données touchant la manière dont est constituée la propriété rurale dans l'Argentine. Les 172000 propriétés d'agriculture et d'élevage, sur lesquelles a porté ce recensement, avaient une étendue de 8299930 hectares, suivant les déclarations des propriétaires, et en comparant ce chiffre à celui

de la superficie réellement cultivée, soit 4 892005 hectares, il résultait que la moitié seulement des propriétés était labourée et ensemencée, le restant servant au pâturage.

On a recherché aussi, dans ce recensement, l'étendue superficielle de chaque domaine agricole, et, bien que Ton n'ait pas publié le résultat de cette investigation, une simple division du nombre d'hectares par celui des propriétés donne une moyenne de 48 à 50 hectares pour chacun, ce qui serait une proportion satisfaisante si elle correspondait à la réalité 1 .

Ces données sont les seules, sur cette matière, que contienne l'inventaire national argentin. Comme on le voit, elles ne sont pas très complètes; mais, le fussent-elles, les progrès faits par l'agriculture dans les dernières années sont tellement grands, qu'elles n'auraient aujourd'hui qu'un intérêt de simple érudition historique.

Il nous manque aussi le puissant concours d'une statistique agricole complète, qui viendrait combler cette lacune du recensement. Celle qui existe au ministère de l'Agriculture et rend déjà des services signalés au pays, ne date que de quelques années et se borne, pour le moment, à rechercher quelle est la surface ensemencée, quelle est la graine qui a été confiée à la terre et quel est le rendement des récoltes, mais elle ne consigne pas la donnée dont nous avons besoin.

Cependant, nous utiliserons les quelques éléments sérieux d'information qu'offre le pays, car s'ils ne font pas la lumière complète sur la question, ils n'en

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