EXPORTATIONS
Leur classement suivant le pays d'origine. — Valeur de l'exportation pour chaque pays, avec indication des principaux articles exportés. — Décadence du commerce français avec l'Argentine et ses causes.
4 84 L'ARGENTINE AU XX e SIÈCLE
Tableau par ordre d'importance des principaux produits exportés par l'Argentine. — Remarquables progrès de l'exportation des produits de l'agriculture et de l'élevage. — Recherche des nouveaux débouchés.
Dénonciation éventuelle des traités de commerce. — Projet d'un nouveau traité avec la France. — Causes de la supériorité en Argentine du commerce anglais, allemand, ou nordaméricain par rapport au commerce français.
Le Dumping en Argentine. — Un nouveau client pour les produits argentins, le Japon. — Éléments qui concourent au développement de l'activité commerciale argentine.
Balance commerciale.— Résultats de la balance commerciale. Son importance capitale au point de vue de la prospérité du pays. C'est elle qui vient compenser la sortie des capitaux pour le service de la dette extérieure.
Toute l'activité économique de la République Argentine se reflète dans les chiffres de son commerce extérieur, qui donne la vraie mesure de sa prospérité. C'est au développement de ce mouvement commercial que concourent toutes les forces vitales du pays, ses voies fluviales, ses voies ferrées, ses ports, ses centres d'affaires, qui ne vivent que par les échanges internationaux. Nous sommes donc arrivés à l'un des points les plus importants de notre étude, celui d'où l'on peut le mieux juger le rôle de l'Argentine parmi les grands marchés du monde.
Considéré sous son aspect le plus général, le commerce argentin peut se résumer ainsi : exportation •de matières premières, importation d'articles manufacturés. C'est à dessein que nous mentionnons d'abord l'exportation, car c'est elle, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, qui règle la puissance de consommation du pays. Il n'y a pas en Argentine des réserves de capitaux qui permettent de maintenir la faculté d'achat bien au delà de ce que peut produire la vente de la récolte comme mouvement de fonds.
Cette situation ne se traduit pas expressément par
des chiffres, car on a pu constater jusqu'en 1891 que le montant des importations dépassait de beaucoup celui des exportations. Dans les périodes normales, il faut en effet tenir compte d'un nouveau facteur, qui est le crédit extérieur et permet à l'Argentine de forcer son pouvoir d'achat au delà de ses ressources directes. Par contre, lorsqu'une crise se produit, les importations fléchissent généralement dans le même sens que les exportations, le pays ne pouvant plus compenser par le crédit ou combler par des emprunts, le solde défavorable de sa balance commerciale.
Nous donnons ci-après, suivant les publications de M. Latzina, les chiffres du commerce extérieur, en piastres or,depuis l'année 1861, qui est la première dont nous trouvons les résultats dans les statistiques officielles.
Le commerce extérieur de la République Argentine a passé par deux phases distinctes : depuis 1861 jusqu'en 1890, les importations ont le plus souvent dépassé les exportations, tandis que depuis 1891, ce sont ces dernières qui ont pris, sauf en 1893, uno avance considérable.
Il est curieux de noter que ce revirement s'est produit après Tannée 1890, c'est-à-dire à la suite de la crise financière qui ébranla si violemment le pays et lui enleva ce crédit à l'extérieur qui venait jusqu'alors compenser l'insuffisance des exportations. En 1891, les importations tombèrent à 67207 000 piastres or contre 142240 000 piastres or, soit une baisse do plus de moitié, d'une année à l'autre. Depuis lors, les importations ont remonté progressivement jusqu'il 187 millions de piastres or en 1904, variant de quelques millions suivant les années, tandis que les exporta tions prenaient leur grand essor, à la faveur des pro grès réalisés par l'agriculture.