LES VILLAGES DES COTEAUX ET DES BOIS
e LES BOURGS — MARCHES
Blottis dans un cadre de vergers, de prairies et de bois, ainsi se pré-
sentent, d'une extrémité de l'Argonne à l'autre, Passavant — au pied des côtes —, Beaulieu — perché sur le rebord des plateaux —, Châtel-Chéhéry — à che sur l'Aire — et Longwé — caché au fond d'une gorge —,
petits villages de 100 à 300 habitants en moyenne, déserts en hiver, calmes pendant les trois autres saisons où la rue ne s'anime que pour la sortie et la rentrée du troupeau, et, une fois l'an, pour la fête patronale.
Installées de préférence sur les coteaux des vallages plutôt que sur les tables gaizeuses elles-mêmes, évitant autant que possible la plaine d'inondation des grandes rivières, les communes comprennent d'abord un fort noyau, tantôt en forme d'étoile, ramassé autour de l'église, de la mairie et de l'école, tantôt étiré tout en longueur au bord d'une route. Cependant que les hameaux dispersés aux quatre coins du territoire, images d'une économie rurale: celle des essartages, celle des parcelles multipliées jusqu'à la lisière des taillis, celle des éparpillements, se regroupent progressivement, ne laissant dans la campagne que de grosses fermes isolées.
L'origine de ces villages remonte, dans la plupart des cas, au moyen äge. Mais on retrouverait, par delà les fondations des XII et XI° siècles, les iraces d'établissements plus anciens, non seulement qgallo-romains, mais encore néolithiques.
En Argonne, l'évolution récente de l'habitat est fonction du remembrement et de la concentration de l'agriculture sur les meilleurs sols, certes: mais aussi de la crise forestière, artisanale et industrielle, aggravée par les guerres. Les bourgs-marchés, Varennes par exemple, où le commerce des draps fit, au XVII! siècle, la prospérité d'une bourgeoisie agissante, ne sont plus aujourd'hui que de gros villages endormis, à peine plus importants
que les autres et situés à l'écart des artères maîtresses de la circulation moderne.
Les villes: Vouziers, en bordure des cantons agricoles de Monthois ?
et d'Attigny, Sainte-Menehould, carrefour de routes et fief souvent disputé
au cours de l'histoire, centres régionaux animés par des relais de poste et des échanges fructueux, firent autrefois figure de petites capitales que leur situation et leur rôle avaient rendues florissantes. Marquée profondément par la passage des armées, la seconde surtout garde encore le souvenir de ses activités perdues, de sa halle et de ses greniers à blé, de ses fonderies éteintes, de ses ateliers de tisserands et de drapiers.