LA POPULATION ET SA DIMINUTION
L'Argonne, agrandie de ses bordures, ne renferme aujourd'hui qu'une population des plus clairsemée : 21 habitants par kilomètre-carré, soit une densité moyenne à peu près égale au quart de celle de la France. Est-ce à dire qu'il faille nécessairement la ranger parmi les régions les moins peuplées, parmi les groupes ruraux, agricoles et forestiers par trop déshérités ? Oui, si nous nous bornons à considérer l'ensemble de la contrée et à en suivre l'évolution générale. Non, si, abandonnant les divisions administratives de l'arrondissement et du canton, nous distinguons, comme nous l'avons fait pour l'agriculture, l'élevage et les industries du bois, certaines zones moins défavorisées.
Les statistiques de 1837, indiquant déjà des chiffres stationnaires ou en léger fléchissement par rapport aux dénombrements du début du XIX° siècle, annonçaient une toute autre situation :40 habitants au km?. Depuis cette époque, l'Argonne s'est vidée de la moitié de sa population, parfois même des deux-tiers. Bon nombre d'éléments actifs, pour ne pas dire vitaux, cnt quitté le pays ou ont disparu, surtout durant la période comprise entre les deux guerres de 1870-1871 et de 1914-1918. Le mouvement de régression, commencé très tôt, s'est voursuivi jusqu'en 1935, date à partir de laquelle à la faveur d'un nouvel équilibre économique, l'émigration se ralertit tandis que, pour la première fois, les naissances l'emportent, d'une manière sensible, sur les décès. Néanmoins, cette diminution dont les conséquences se répercutent encore dans la démographie actuelle en voie de stabilisation, se révèle, selon les cas et les circonstances, fort inégale.