UNE ROCHE ORGANIQUE A CIMENT D'OPALE
‘étude détaillée de la composition chimique et l'analyse pétrographique des gaïizes confirment, en premier lieu, leur individualité au sein des dépôts argilo-sableux de l'infracrétacique.
Après avoir comparé la roche aux « tufs » de Revigny, Sauvage, examinant selon ses propres paroles cette « sorte de craie tuffeau » dans laquelle le calcium va faire presque complètement défaut, lui reconnaît, dès 1842, des propriétés spéciales. Avec d'Orbigny et Raulin, il est alors conduit à la considérer comme « un terme de transition entre les roches sédimentaires silicodétritiques et organiques ».
Accident pétrographique, affirme Charles Borrois. Accident, dont un des caractères primogénitaux est la solubilité de la silice dans la potasse, sou- ligne Cayeux, qui, en 1897, détermine dons la pierre de Vouziers une teneur exceptionnellement élevée en SILICIUM, 75 à 80 % du sédiment sous les apparences de silice insoluble du quartz, de silice amorphe et de silicates hydratés.
Mois plusieurs séries de dosages, effectués à cette époque et depuis lors suivant des méthodes différentes, ont fait ressortir une variation importante, non seulement de la silice totale, maïs encore des proportions relatives des formes sous lesquelles elle se présente. Les prélèvemements ayant été opérés à tous les niveaux de la formation, et dans des gisements éloignés les uns des autres, ce point est capital. Car, s'il n'infirme en rien les conceptions de Cayeux, il place sous un nouvel angle le problème de la diversité de facies dans les gaïizes et pose incidemment celui du rapport entre l'étage d'Argonne et le gault sous-jacent.
SILICE TOTALE ET SILICE SOLUBLE | Analyses de Sauvage. — Sauvage range la gaize du type : pierre de Vouziers à Ammonite Inflatus (1) parmi les roches acides fortement silicifères,
et décompose en cinq groupes principaux ses éléments constitutifs : — une pâte de silice amorphe, dite gélatineuse par ses qualités aggiu-
(D Sauvage et Buvignier : Statistique géologique des Ardennes, p. 358.
À — Falaises gaizeuses à Vouziers
B — Aspects détritiques dans les carrières du Claon. Au sommet : sols bruns, terre végétale avec jeunes rejets suspendus. Au centre : parois de gaize verlancier, blocs fendillés, lézardes. Au pied : brêche, sables grossiers, arbustes déracinés, terre. Horizontalement : strates argileux intercalaires. Photo Ch. Pelletier