‹ L'Argonne et ses borduresChapitre 29 sur 162 · ZEN VE · texte numérisé non relu

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silice, inégalement répartie entre des silicates, des grains de quartz et surtout de l'opale. Celle-ci assure au sédiment sa cohésion et lui donne un ‘poids spécifique plus élevé que celui des gaizes sous-jacentes. Le titre de la silici fication est maximum dans les cherts. visibles à la fois sous les apparences de rognons isolés et de bancs bleus continus. Moins résistante que ces deux accidents, la masse de la pierre-morte, peu homogène, vacuolaire et poreuse, est aussi très irrégulièrement stratifiée. SN

Roche et modelé : Le gel et l'insolation provoquent superficiellement : le premier, un éclatement partiel; la seconde, un léger effritement des parois exposées aux intempéries. Les eaux de pluie pénètrent intimement dans les tissus, gagnent le cœur des couches par les vides résultant de la dissolution des spicules, des noyaux glauconieux et de l'argile. Les grains de quartz inaltérables et une partie du ciment ainsi libérés s'insinuent dans les fentes verticales en voie de formation, à la base desquelles ils viennent se loger en un dépôt résiduel argilo-sableux. Les lézardes, favorisées encore par la moindre résistance des matériaux aux fortes pressions obliques, s'agrandissent peu à peu et disjoignent de gros blocs qui, disloqués à leur tour, se brisent parfois comme du verre. À partir de cet instant, le rythme de la démolition de la gaize s'accélère.

Pecten Asper

Ammonite Verians

Araobite Irflatys

3O9NVLISISIU S319v4

Solarium Ornatum

AN

LNVNINOQ 3711$S04

Hamite d'Orbigny

NOILVOISIOIUS 30 °q

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Fig. 24 — Superposition des facies dans le centre de la lentille.

Lorsque les affleurements du plateau ne sont pas protégés par un revêtement imperméable ou semi-perméable de limons argilo-sableux, la pierremorte s'imbibe immédiatement. Les eaux d'infiltration, échappant aux assises supérieures, donnent naissance à une circulation souterraine qui se prolonge dans le verlancier, par conséquent au delà de la zone occupée par la roche. il y a donc prépondérance de la rétention sur le ruissellement, ce dernier étant réduit à sa plus simple expression. L'affouillement en profondeur prend le pas sur l'érosion latérale.

Les tables massives sont entaillées de vallées étroites et encaissées, comprenant toujours une haute section sèche; sur les versants, les pentes rapides alternent avec les escarpements à demi masqués par des éboulis. En décrivant les formes propres à la pierre-morte siliceuse, on pourrait être tenté de les mettre en parallèle avec celles qui caractérisent le modelé des districts calcaires d'autres régions de la France. Gardons-nous de pousser plus avant une telle comparaison : on ne rencontre pas, dans les gaizes du

4 € sommet de l'étage et dans la formation de l'Argonne en général, de pertes

et de gouffres, d'excavations de faibles dimensions et, à plus forte raison,

. de dépressions fermées plus vastes, du type des dolines par exemple.

Les produits issus de la décomposition mécanique et chimique des blocs fendillés comprennent, outre un minimum d'argile, une majorité de sables grossiers, perles et granules entourées de leur gangue, et de brèches informes dans lesquelles les éléments divers sont « encore liés par le ciment - insoluble et compact. Z

LA PIERRE DE VOUZIERS. — Nous rattacherons à ce groupe, non séule-

ment les gisements de Bagot, maïs aussi les gaizes du quadrilatère compris

entre les rivières de la Bar et de l'Aisne, d'une part, le défilé de Grandpré et le canal reliant Semuy au Chesne-Populeux, d'autre part.

— Comme la pierre-morte, la roche a été le siège d'une silicification assez avancée, puisque Sauvage a pu estimer à 56 % le degré de ciment opalin, pourcentage considérable qui, pour l'ensemble de la lentille principale, est voisin du maximum connu. Mais Cayeux fixe à 76 % le titre de la silice totale : ce fait, illustré par la raréfaction des rognons et des éventails, provient de la diminution des grains de quartz, qui sont remplacés, jusqu'à concurrence des deux tiers, par les silicates de l'argile et de la glauconie. Le fer, la potasse, l'alumine et le calcium additionnés, réunissent maintenant de 8 à 17 % des dosages.

— Bien qu'il existe, par leur teneur en silice amorphe, une certaine similitude entre la pierre-morte et la gaize de Vouziers, il n'est donc pas possible de considérer les facies comme absolument identiques.

— Nous avons constaté que la puissance décroît de moitié du sud au nord, dès que l'on franchit la coupure de Grandpré. Les divergences entre les deux roches, dans leur aspect et dans leur composition, nous incitent à penser qu'il ne subsiste aujourd'hui, à Bagot, comme à Quatre-Champs, qu'une partie seulement des gaïzes silicifiées primitives, et que les couches supérieures ont été abrasées. Des traces d'aplanissements étendus, ultérieurs au dépôt de ces gaizes, peuvent d'ailleurs être relevées sur les plateaux des prolongements septentrionaux de l'Argonne, précisément aux environs de La Croix-aux-Bois, des Alleux et de la Fournelle.

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