LES DEPOTS QUATERNAIRES A L'OUEST ET A L'EST DU MASSIF DES GAIZES
LA NAPPE COMPLEXE DU BASSIN DE L'AISNE ET DES BORDURES MERIDIONALES DE L'ARGONNE
LES GRAVIERES DE LA COTE DE LA PRESIDENCE. — Une lentille oblongue, composée en majorité d'argiles, de sables et de galets roulés, longue de 4 km et large de 1,5 km en moyenne, recouvre exactement le sommet d'une colline dont le faîte est suivi, entre la Côte de La Présidence et Daucourt par la route nationale de Sainte-Menehould à Vitry-le-François. Cette croupe d'axe nord-sud est encadrée par les vallées de l'Aisne, encastrée dans la pierre-morte, et d'un petit affluent de l'Auve, émissaire des étangs d'Elise et d'Argers. La base de la coiffe, qui repose successivement sur les sables verts supérieurs, la craie glauconieuse et le turonien inférieur, épouse très régulièrement les contours de la courbe de niveau 175. La puissance maximum du dépôt est de 16 m au nord du chemin de Verrières (cote 191). Trois éléments lithologiques différents, les deux premiers seulement étant nettement séparés sur une coupe verticale sont visibles dans la carrière proprement dite, située en bordure de la route, à j'altitude de 179,5 m.
l° Le facies argileux : à partir du zéro naturel et sous quelques centimètres de terre végétale, on rencontre :
— un limon jaune, léger, inconsistant, semblable à celui des trous de Courupt ou des placages de La Harazée. Son épaisseur : 50 cm environ;
— une argile compacte — 1 m — de couleur plus foncée, ocre et en certains points franchement brune. Des veines rougeûtres en sillonnent la masse qui succède insensiblement aux limons superposés. La teinte de cette formation rappelle la terre brune de rubéfaction des gravières de la rive gauche de l'Ornain, en particulier celle de Vassincourt. À la base, dans la pâté argileuse, on recueille des concrétions ferrugineuses, tantôt en nodules rouilles de la grosseur d'une noix, tantôt en petits cylindres allongés et pouvant mesurer de 2 à 4 cm dans leur plus grande dimension.
Une ligne de séparation très précise permet de distinguer sans ambiguité possible l'argile de son substratum. La surface qu'elle définit est toujours ondulée: de place en place, des coulées relativement profondes — 1 m & 1,75 m — et annoncées, au voisinage immédiat du ravinement,