‹ L'Argonne et ses borduresChapitre 52 sur 162 · PLANCHE IV · texte numérisé non relu

PLANCHE IV

C — Le site de Beaulieu. Au second plan, dans l'échancrure ouverte entre l'Epinaie et la Sainte-Maxe, le village perché sur les tables de la pierre-morte

D — L'éperon de Sainte-Anne, vu du seuil de Clermont

inférieurs affleurent, entre Beauchamp et Les Islettes, en une étroite lanière dans laquelle est logé le ruisseau de Widehan, à quelques mètres seule- ° ment au-dessus du calcaire portlandien sous-jacent.

— Un problème préliminaire se pose: celui des premières étapes de l'histoire du modelé à une altitude égale ou supérieure à 240 m. Les quatre cols latéraux ont leurs ensellements à cette cote. Au nord du défilé, trois courtes sections planes témoignent d'une légère usure des surfaces structurales de la forêt de Grand-Pays:; elles se situent à l'extrémité occi-

dentale des plateaux du Bois Bâchin, vers 240-250 m, et en direction de

la Biesme. Sommes-nous en face de replats dans la roche en place à hauteur des remblaiements ou encore d'un épicycle avec niveau de base à 240 m? Aux abords des Islettes et de Clermont, les traces de ces phénomènes — sans présumer de ce qui a pu se passer sur les crêtes, vers 280 m -- sont cependant trop localisées pour qu ‘il nous soit permis, en touie certitude de cause, de définir avec précision les épisodes. Il faudrait en outre que, dans le couloir lui-même, la marque en ait été effacée lors de l'élargissement ultérieur.

— La Biesme étant à 200 m aux Islettes, de vigoureux creusements ébauchent le sillon, l'approfondissent, burinent les gaizes et décapent le gault jusqu’ aux replats médians. A la fin de cette phase de destruction, les grès et les quartz tapissent, comme à Pologne, le fond du berceau. Sur ce point, nous en sommes réduits aux hypothèses soulevées à propos des gorges secondaires et de la dalle des Goulettes.

— Après le recul du front de La Thibeaudette, s'ouvre une période de repos. Le niveau de base passant de 200 à 285 m, les alluvions gaïzeuses recouvrent les quartz et comblent à demi le fossé.

— Les rajeunissements se font aux dépens des remblaiements, en majeure partie enlevés. Seuls subsistent quelques lambeaux et la calotte de la cote 209. Le Widehan s'encaisse à nouveau dans le gault et les sables verts, pour venir se jeter dans la Biesme à la cote 175 environ.

— La dernière étape est celle de l'alluvionnement moderne visible en aval de La Thibeaudette : la nappe contient des débris gaizeux, des poches argileuses, des sables gris et la plupart des facies gréseux ou quartzeux rencontrés dans le couloir.

. L'histoire du « défilé » des Islettes confirme celle des gorgeons secondaïres dont elle reproduit les lignes essentielles. Mais elle ne nous apporte rien de nouveau sur les dates des phénomènes. Tout ce que nous pouvons dire, c'est que les niveaux supérieurs à 200 m sont antérieurs aux oscillations climatiques de l'ère quaternaire. Une autre remarque s'impose : le col de Clermont ne s'abaisse pas au-dessous de 235 m. Tous les matériaux de remblaiement du couloir, postérieurs aux grès, sont d'origine locale. Aucun galet roulé calcaire, tant portlandien que kiméridgien ou séquanien, n'y a pénétré. Ici, aucune communication n'a pu exister dans le sens est-ouest, lors de l'alluvionnement et a fortiori ultérieurement. Nous devons donc conclure à l'isolement du bassin de la Biesme, à toute ingérence venue des bordures orientales de l'Argonne, au plus tard lorsque se sont accumulés les graviers jurassiques qui n'apparaissent qu'en aval de La Harazée.

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LE PLATEAU AU COUDE DE LA HARAZEE ET CONCLUSIONS SUR L'ENSEMBLE DE LA VALLEE DE LA BIESME

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