LE VAL INFERIEUR ET LES PLATEAUX DE VIENNE-LE-CHATEAU
À sa sortie du bassin des Islettes la Biesme s'engage dans la gouttière rectiligne qui succède au couloir de la Thibeaudette. Elle la quitte au Four de Paris pour s'échapper vers l'ouest et, après un vaste arc de cercle, se jeter dans l'Aisne sur le territoire de Vienne-la-Ville, Au coude de La Harazée le val inférieur se présente ainsi:
— un fond plat humide, couvert de prairies et d'aulnaies, large de 300 m seulement. En aval du hameau reconstruit, les méandres de la rivière se multiplient. Sur la tranche décapée de leurs lobes, les alluvions récentes, épaisses ici de 4 m, réunissent côte à côte: des rognons et des sables gaizeux, des boues argileuses, des grès et des quartz roulés sous la plupart des facies visibles à Beauchamp, aux Goulettes ou à Pologne:
— un berceau entièrement encastré dans les gaizes, car le gault disparaît du bas des pentes à 1 km au nord de La Chalade. Les parois rocailleuses, hautes de 50 m, presque verticales et creusées d'anciens abris contre les bombardements, sont taillées dans la pierre-morte. Le profil transversal ne s'évasera qu'à la ferme de La Renarde, c'est-à-dire à moins de 2 km du confluent;
— des plateaux faiblement ondulés, dont le sol est labouré de sapes, d'entonnoirs et de tout un réseau de tranchées aux trois quarts effondrées.
Tels sont les sites d'une des « zones rouges » de la première guerre mondiale : la Haute-Chevauchée, Bolante, la Gruerie, Fontaïine-aux-Charmes et les Meurissons, pour ne citer que les plus célèbres. Si les paysages ne diffèrent pas essentiellement de ceux de la vallée moyenne, les influences structurales, la nature, l'origine et la stratigraphie des dépôts, l'étagement des formes de relief enfin confèrent cependant à la région de Viennele-Chôteau des caractères propres.
Le synclinal de la Basse-Biesme. — Nous avons déjà fait allusion à l'abaissement de la ligne de faîte au nord de La Croix-de-Pierre. Précédant : une légère remontée au lieudit « Abris du Kronprinz» (263), cette dimi-