MONTFAUCON
Fig. 19. — Echelle des jours de pluie.
ne produisent qu'une faible tranche d'eau apportée par les vents d'ouest ou de nord-ouest. A l'opposé, l'automne comporte, outre des ondées et des brouillards denses, des pluies fines, persistantes, que le patois local désigne sous le nom de « mouzines ».
Remarques sur les orages d'été:
Ils semblent frapper le massif des gaizes avec une fréquence redoublée. Sainte-Menehould indique cependant une moyenne anormalement basse par rapport à Montfaucon et même à Suippes. L
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Binarville
Vouziers Montfaucon
Pour comprendre ce minimum, suivons le développement d'un système orageux venu de l'ouest et abordant perpendiculairement le val d'Aisne. A la sortie des plaines crayeuses, surchauffées dans neuf cas sur dix en fin d'après-midi, il se scinde en deux tronçons à la hauteur de l'obstacle constitué par les talus de Valmy et du Mont Yvron; l'un se dirige vers Vienne-le-Chôâteau et l'aval; l'autre, contournant Sainte-Menehould, s'oriente vers Passavant et la trouée de Triaucourt. Il en fut ainsi pour la perturbation d'août 1931, une des plus violentes qui s'abattit sur la contrée, et dont l'itinéraire fut le suivant: Châlons —Auve—Braux-Saint-Remy—Villers —Passavant—Lavoye d'une part, Châlons—Auve—Mont-Yvron—Vienne-le- Château—Chûtel-Chéhéry d'autre part. Sainte-Menehould se trouvait alors entre les deux branches. La plupart des orages qui y sont enregistrés proviennent, non de la Champagne, mais de systèmes nuageux descendant le val d'Aisne par vent du sud-ouest ou le remontant par vent du nord-ouest. Dans cette dernière éventualité, ils éclatent avec une force inaccoutumée et se maintiennent durant plusieurs heures — quelquefois jusqu'à la fin de la nuit, sur la vallée et la forêt riveraine. A Florent et à La Grange-aux- Bois, la récolte des fruits est alors sérieusement compromise. Une station métérologique provisoire, installée par l'armée à Beaulieu en 1939, a relaté, dans le même ordre d'idées, la présence d'un épicentre sur le front mér' dional des gaiïzes. Il s'agit ici des orages se déplaçant de Châlons ou de Vitry-le-François en direction générale de Verdun. Ils se déclenchent au niveau des monts de la Serre, se heurtent aux corniches de Passavant, en épousent la forme « comme si les nuages restaient accrochés aux plateaux forestiers » et ne progressent que lentement vers l'est, après avoir subi une double ou triple fragmentation et une atténuation de leur virulence. C'est bien l'impression que l'on retire en les observant de Revigny : à ce moment, la cuvette de Givry, placée sur les flancs, ne reçoit que des queues d'orage et des averses beaucoup moins copieuses.
Que cette division soit imputable au relief.et à l'orientation des grandes vallées, c'est probable. Mais les manifestations orageuses localisées seraient aussi liées, dans une certaine mesure, au milieu humide de la zone boisée qui introduit un flux d'air frais et par là un déséquilibre. Elle est, au surplus, le siège d'une forte évaporation, lorsque le calme est revenu : de petits nuages se reforment; le ciel demeure couvert, alors qu'à l'ouest il est déjà dégagé.
Est-il désormais nécessaire de nous attarder à définir des types de temps? Tout au long de cette étude, nous nous sommes servis de moyennes: mais nous avons, parallèlement, fait entrer en ligne de compte, par saison et par mois, quelques nuances régionales, celles qui intéressent au premier chef l'agriculteur et l'éleveur:; c'est-à-dire :
À — L'Aisne au Pont-aux-Vendanges, près de Villers-en-Argonne
B — Chénaie humide sur la berge de l'étang des Deux-Busines, en val de Biesme, près de St-Rouin