LA GRANGE-AUX-BOIS
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Fig. i7.
A Châlons et à Suippes, il ne tombe que de 600 à 650 mm d'eau par an. Dès le talus des craies, les pluviomètres annoncent, généralement, plus de 750 mm. Ce chiffre sera souvent dépassé, non seulement pour les stations du plateau argonnais, mais aussi pour celles du Bas-Pays de Givry. Retenons, dès à présent, quelques anomalies, quelques variations :
— à Sainte-Menehould, les moyennes récentes sont inférieures aux anciennes, d'un dixième environ;
— à Vouziers, qui, sous tous les rapports, se désolidarise de la région, il ne pleut guère plus qu'à Châlons ou à Reims. =
L'évidente relation entre l'augmentation des précipitations et celle de l'altitude n'est que l'expression locale d'un état de fait applicable à l'est du Bassin Parisien et non à la seule Argonne. Faut-il rappeler, car la genèse du phénomène a fait l'objet d'études détaillées, que les vents d'ouest — direction dominante —, encore chargés d'humidité océanique, s'élèvent à la faveur des revers gaizeux, subissent des mouvemenis de convection et déversent, sur les plans inclinés face à l'ouest, des pluies plus copieuses ?
L'aire mieux arrosée débute avec les talus des craies, pourtant si peu
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marqués dans la topographie. Le relèvement provoqué par les Monts de La Serre et de Saint-Mard (240 contre 200 m) est suffisant pour assurer aux collines de Givry et de Dommartin-sur-Vèvre deux des maxima régionaux.
Le maintien de précipitations relativement faibles dans la partie occidentale
du Vouziérois serait, en revanche, conditionné par l'abaissement des talus au nord de Monthois: ensuite, sur l'itinéraire Vouziers (140 m), La Croix-aux- Bois (200 m), Bois de Bourgogne (240 m) on revient progressivement à 650, 750 et 850 mm.
L'orientation, l'exposition et l'altitude sont-ils les seuls facteurs qui interviennent dans ces changements ? Nous le croirions volontiers, observant, autre argument, qu'il ne pleut pas, ou presque, aux Islettes, dans les fonds de Biesme protégés, alors que les plateaux de la Grange-au-Bois, à moins de trois kilomètres, sont balayés par des averses. Mais les moyennes de Givry et de Triaucourt, à l'altitude de 180-200 m, sont égales sinon supérieures à celles de la La Grange-aux-Bois (230 m.), Clermont (250 m) et Montfaucon (340 m). La forêt, réservoir d'humidité, pourrait être également une des causes des perturbations provoquant des chutes d'eau à peu près identiques aussi bien dans les zones basses du sud que dans les
zones élevées de l'est de l'Argonne.
Répartition des pluies selon les saisons et les mois: L'accroissement, déjà sensible à La Grange-aux-Bois et à Grandpré,
‘atteint son apogée à hauteur des crêtes boisées de Clermont-Varennes-Bois
de Bourgogne, tandis qu'un léger fléchissement s'amorce sur la rive droite de l'Aire, au sommet de Montfaucon par exemple, point culminant des bordure orientales. L'isochyète de 750 mm recouvre à la fois les zones forestières à l'ouest de l'Aiïre et celles de Givry-Monthiers. Plusieurs observations, effectuées depuis 1940 sur les tables gaizeuses de Binarville, La Gruerie, La Chalade, Clermont et Beaulieu, y situeraient, encore qu'incomplètes, des épicentres de 950 à 1.000 mm. Le catalogue des maxima et minima — période 1925-1945 — indique, en outre, que l'année soit sèche ou pluvieuse, un décalage entre les plaines champenoises d'une part, Sainte-Menehould ou Givry d'autre part.
Quelques extrêmes
Année 1924... | 980 994 1028
Année 1945... : 568 981 656 623 .
Stations Châlons | Sui Sainte- :
: De [Menehould es D Dem
De 1937 à 1947, par deux fois, l'écart fut de 70 mm, avantageant la Champagne Humide; ici, dans le Bas-Pays, la cote de 1.000 mm était, à plusieurs reprises, amplement franchie: Givry (1939), 1093: Villers-en- Argonne (1939), 1085.
Il y a lieu de distinguer deux périodes : la première, de juin à décembre, semestre pluvieux avec un maximum d'automne — octobre ou novembre —; la seconde, de décembre à juin, moins arrosée avec une déficience tantôt à la fin de l'hiver, tantôt au printemps. Ainsi, à Sainte-Menehould, pour la moyenne décennale 1937-1947, 390 mm contre 312 à l'actif de la saison froide. Toutes les stations d'Argonne s'accordent sur l'existence de la pointe
automnale et du ralentissement printanier, incidents dont il ne faudrait pas exagérer la portée. ARE
Une autre particularité réside, sans conteste, en l'élévation soudaine du nombre de jours de pluie à partir de Sainte-Menehould, presque toujours supérieur à cent cinquante. Par ailleurs, le rapport entre ce dernier et la
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Fig. 18. — Graphique comparé des pluies et de l'altitude.
quantité d'eau tombée est sujet, suivant la saison, à des écarts apprécia-
bles : à Sainte-Menehould, dans :les mêmes conditions d'observation que
ci-dessus, l'indice pluviométrique est de 4 pour le second trimestre et de 7 pour le quatrième. Qu
Il convient de rapprocher ce fait de la forme même des précipitations.
De mars à mai, lorsque l'atmosphère se réchauffe dans le courant de l'après-
midi, des averses brutales, précoces, accompagnées de grêle, maïs courtes,