‹ L'argot ancien, 1455-1850, ses éléments constitutifs, ses rapports avec les langues secretes de l'Europe méridionale et l'argot moderne. Avec un appendice sur l'argot jugéChapitre 1 sur 81 · II PREFACE · texte numérisé non relu

II PREFACE

canards de la nôtre. » Le point de vue comparatif est également très soigné et l'état actuel de nos connaissances en matière d'argots étrangers n'est pas sensiblement plus avancé aujourd'hui. Et pourtant, le livre ne répond plus aux exigences de la linguistique : à force d'érudition et d'ingéniosité, l'auteur complique trop souvent les choses les plus simples, en voyant des emprunts et des métaphores là où il ne s'agit que de termes dialectaux ou de procédés artificiels. Les deux éléments fondamentaux de l'argot, en dehors de l'ancien français, à savoir les patois français et provençaux, surtout ces derniers, y sont à peine représentés. Tel qu'il est, l'ouvrage de Fr. -Michel est jusqu'ici le seul qui considère l'argot dans son ensemble et il reste le point de départ des études ultérieures.

La monographie de Marcel Schwob est surtout précieuse par l'esprit qui l'anime. Elle complète l'œuvre de Fr. -Michel sur plus d'un point, tout particulièrement du côté Imaginatif, en exposani avec précision les règles des procédés artificiels, familiers à l'argot moderne. Dans toute cette partie se révèle le fin connaisseur de Villon et le lettré délicat qu'était Marcel ScliAVob. Toutes ces qualités ne doivent pas nous dissimuler les hardiesses d'une analyse souvent aventureuse et surtout le péril qu'il y a à transporter dans le passé des tendances qui caractérisent exclusivement l'argot moderne. A ce travail (publié dans

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