‹ L'argot ancien, 1455-1850, ses éléments constitutifs, ses rapports avec les langues secretes de l'Europe méridionale et l'argot moderne. Avec un appendice sur l'argot jugéChapitre 2 sur 81 · PREFACE III · texte numérisé non relu

PREFACE III

le 7'' volume des Mémoires de la Société de Linguistique) il faut ajouter les deux articles sur le jargon des Goquillards (parus dans le même volume), irréprochables comme documentation et comme méthode, mais restés à Tétat de fragment.

La présente étude est la première qui traite de l'argot dans son développement chronologique. Cliez Fr. -Michel, le passé et le présent se confondent ; les remarques faites par Schwob s'appliquent exclusivement à la phase contemporaine de l'argot. Le Dictionnaire d'Argot de Lorédaii Larchey porte, il est vrai, sur son titre, le mot historique, mais les sources citées par l'auteur ne remontent pas au-delà du xix" siècle. Cette lacune a eu pour résultat une fausse appréciation de l'argot, de son évolution et de ses éléments constitutifs.

Mon travail est purement linguistique ; j'ai délibérément laissé de côté les considérations historiques ou sociologiques. Ces deux ordres de recherches, la linguistique et l'histoire, tout en étant connexes, ne sauraient être traités avec une égale compétence par le même auteur.

Ni l'érudition ni l'ingéniosité n'ont manqué aux efforts tentés de notre temps pour élucider les obscurités des ballades argotiques de Villon. Comme c'était à prévoir, ils ont fatalement échoué. Il n'est que juste de citer à part parmi ces

IV PBEFAGE

publications le beau livre de M. Lucien Schône sur le Jargon de Villon (1888). Seul, un document contemporain, le dossier du Procès des Coquillards de i455, a jeté un jour inattendu et parfois définitif sur certains côtés de l'œuvre jargonesque du grand poète. C'est uniquement de ces clartés que j'ai cru devoir tenir compte dans le présent travail.

Par contre, j'ai largement tiré parti de tous les autres documents de l'argot qui embrassent une période de quatre siècles (i455-i85o), à commencer par le lexique des Coquillards dijonnais pour aller jusqu'aux Voleurs de Vidocq (1837) et au dernier remaniement du Jargon de l'Argot réformé par TIalbert d'Angers (18/19). ^^^ documents, nombreux et variés, m'ont fourni les éléments d'un tableau d'ensemble, qui diffère essentiellement de celui qu'on a tracé jusqu'ici.

Je suis redevable de plusieurs indications fort utiles à l'obligeance amicale de MM. Joseph Bédier, Mario Roques et Pierre Champion. Je les prie d'agréer ici l'expression de ma bien vive reconnaissance.

Lazare Sainéan.

Paris, juillet 1007.

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