INFLUENCE DE L ARGOT
bourgeois et les courlaux de boutique Vous pourret bien bailler su le muzel).
COLLE, mensonge (II, 78 : Le chicaneur a biau fiché la colle).
GOLRDE-piE, bonne boisson (I, 4 : Criant Roy bois; j'avallions gourde pie).
GOURDEMENT, abondamment (I, 21 : Lors à part moy si gourdement me traicte).
jAFFLiER, soupière (II, I02 : Sans le secours d'un jafflier de mattes).
MAQUILLER, travailler (lY, 61).
MATOIS, argot, appliqué ici au gros normand (II. 3o : Gant Royal fait en gros matois).
MiCHON, magot (II, 197 : Y vaudrait mieux que tout sen ptit rnichon Y l'épergnit dedans se n'équercelle).
PATURONS, pieds (lY, 62 : Quand un grand embarras de chevaux et carrosses Me firent destaller craignant mes paturons).
piENCHE, boisson (II, 81 : Ya, tire nou un day de ia pienche) ; ei piencher, boire (III, i35), à côté de pion, ivrogne (II, ig^).
RESIGNER, regarder attentivement (I, 56, etc.).
TRiMARDER, chemiiicr (I, 17).
TROTiN, mouton (I, 161), et pied (III, 107 : Elles trotins [du bœuf] à la sauce nouvelle).
TROToiR, bavardage (lY, 38 : No mit sur tro-
tolr..., c'est-ù-dire on mit sur le chapitre, on parla de...).
David Ferrand était d'ailleurs un excellent connaisseur de l'argot, et il a écrit dans ce langage une ballade qui est restée jusqu'ici inconnue aux bibliographes. \ous la reproduisons en l'accompagnant de quelques remarques.
Elle est précédée par cet avertissement (IV, i6) :
« L'Authcur estant en l'eglisc de Nostre Dame pres(a l'oreille à deux niendians qui devisoicnt ensemble en jargon de la delTence de la Truche en la ville de Rouen : c'est pourquoy il a faict cette ballade en mesme langage. »