II2SI
lzr.q:
Zl€ÎZ3l
Ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha.
l'argot musical II
« Si la musique avait été inventée en Amérique, s'écrie avec enthousiasme l'auteur de la Musurgie, je n'hésiterais pas à déclarer qu'elle dérive du chant mirifique de cet animal. »
Nodier ajoute que Kircher aurait 5p« d'ailleurs appuyer cette bizarre présomption d'une analogie curieuse de la langue grecque où aïô s'est dit quelquefois pour chanter.
Ail (Flûte à T). — Galoubet des Provençaux, ainsi nommé parce que, sous les lèvres des aïoliphiles, l'embouchure de cet instrument s'imprègne, à la longue, d'un parfum aliacé.
On prétend que l'ail, surnommé par ses partisans (ule camphre du pauvre ^ù et par ses détracteurs « l'assa fœtida de la cuisine 3, a la propriété de préserver de la rage et de la peste.
Pourquoi ne chercherait-on pas à utiliser ce préservatif, non pas contre la rage (les lapins de M. Pasteur nous suffisent amplement), mais contre le choléra?
Dans sa Magia naturalis, le physicien Porta recommande aux personnes atteintes de la fièvre de jouer des airs sur une flûte en bois de quinquina. Pourquoi, en temps d'épidémie^ n'obligerait-on pas, par décret, tous les citoyens français à jouer de la flvite à l'ail ?
(Voir flûte à Voignon, Galoubet, Tutu-panpan,)
Air à moustaches (L'). — Métaphore pittoresque par laquelle nos soldats de 1792 désignaient la Marseillaise.
Une scène de club, notée par A. de Lasalle, pendant le siège de Paris :
«Un orateur monte à la tribune et commence ainsi son discours: «Citoyens, nous inaugurons une ère nouvelle...»
Un gamin aussitôt de hurler avec la voix traditionnelle de Gavroche:
«Pas d'ère nouvelle! pas d'ère nouvelle!... la Marseillaise î . . . »
Air et la chanson (En avoir T). — Se dit de
quelqu'un dont le caractère ou les facultés répondent à ses allures ou à sa physionomie.
Quoique en dise Lavater, Ne nous fions pas à Tair.
Vair ne dit rien sans la chanson. Les coupletiers ont adapté une infinité de paroles contradictoires sur le même air. Beaucoup de gens d'esprit ont Pair bête en société, parce que la chanson les absorbe. Ils ressemblent à ces vieux comédiens de Vaudeville qui parlaient leurs couplets au lieu de les chanter,
((^me ^e Sévigné, s' embarrassant dans le récit
l'argot musical i3
d'un procès qu'elle avait, dit au président de Bellièvre :
«Je sais bien l'atr, mais je ne sais pas les paroles. »
(f.. Loire. Anecdotes de la vie littéraire.)
Air (Jouer le même). — Rabâcher. (Argot bourgeois.)
Variante de chanter toujours la même antienne, la même chanson, le même refrain.
Air de sa façon (Jouer un). — Maltraiter, variante de la faire danser. (Argot bourgeois. "j
Généralement le musicien rageur qui perpètre ce genre de musique, se réserve l'honneur de tenir le bâton pour assurer le succès de l'exécution.
Le célèbre Haendel poussait jusqu'au génie l'art déjouer à ses interprètes des airs de sa façon.
Un jour, à la répétition d'un de ses oratorios, la Cuzzoni s' étant refusée d'exécuter un passage comme l'entendait le maestro, celui-ci la saisit brutalement par la taille et, traînant la cantatrice vers la fenêtre, menaça de la jeter dans la rue si elle ne lui obéissait pas.
La Cuzzoni, peu familière avec la gamme descendante que voulait lui faire exécuter son galant répétiteur, préféra céder plutôt que d'ébrécher la réputation si méritée du vieil aphorisme: «La musique adoucit les mœurs. »
Airs. — Nom donné aux allures artificielles auxquelles on dresse les chevaux de manège. On divise ces airs en airs bas ou près de la terre, tels que le passage, la galopade, le piaffer, la pirouette, et en airs relevas, comme la pesade, le mézoir, la courbette et la cabriole. (Argot des écuyers de cirque.)
Airs (Être à plusieurs). — Être hypocritç ou fantasque; jouer les rôles les plus opposés ou changer facilement d'humeur ou d'opinion. (Argot populaire.)
Allusion à l'orgue à cylindre sur lequel on moud les airs les plus divers, depuis le Miserere du Trouvère jusqu'au pied qui r'mue.
Airain sacré (L"). — Les cloches. (Argot poétique,)
L'airain sacre tremble et s'agite,