XVI PRELUDE
On fCemprunte qu^aux riches, dit un proverbe. Encore favidraiUil connaître les richesses des gens qu'on dépouille. Or, que savons-nous du système musical des Grecs? On bataille vainement depuis long^ temps autour de deux ou trois fragments échappés à la faux du temps, comme dirait V argot classique.
Il faut avouer que les musiciens qui ont créé le peu de mots français ornant notre lexique musical, n'ont pas eu la main heureuse, La plupart de ces vocables sont basés sur une idée conventionnelle émanée de la notation linéaire qui écrit les sons du grave à l'aigu, de bas en haut, à P inverse des Grecs,
De sorte que si la notation sur la portée vient un jour à disparaître, on se demandera avec étonnement ce que nous entendions par sons hauts et sons bas^ monter et descendre la gamme; et l'innombrable famille des argotismes qui en dérivent: alto, contr» alto, hautbois, basse, dessus, contre-basse, etc, sembleront aux futurs musicographes autant d hiéroglyphes indéchiffrables.
Pour redresser notre vieille langue musicale, incapable d^ exprimer les nuances multiples de la tonalité et de r instrumentation modernes, il faudrait de savants et hardis orthopédistes, capables de forger en pur métal de nouveaux vocables exprimant les besoins de l'art, et résolus à lutter contre la routine et à imposer la réforme lexicographique aux esprits les plus rebelles. Malheureusement les musiciens militants, lancés dans des luttes purement artistiques, se
PRÉLUDE XVn
• désintéressent profondément des questions de linguistique.
Cette indifférence se trahit jusque dans les titres des chefs-d'œuvre de nos plus grands génies musicaux. Presque tous les maëstri se sont contentés de numéroter leurs œuvres, en tête desquelles ils ont placé la même étiquette banale: Sonate, concerto, quatuor, symphonie, etc.
De sorte qu'afin de nous reconnaître parmi tant de merveilles, nous sommes forcés de désigner chaque ouvrage par le ton ou le mode dans lequel est écrit son preniier morceau. C est ainsi que les affiches de concert étalent aux yeux du public ces titres irrésistibles:
Sonqte en Ut jf mineur, pour piano
Symphonie en La. ...
Septième concerto, pour violon, , . .
Nos compositeurs français se sont toujours montrés plus révolutionnaires en pratique qu^en théorie. Pendant i8 ans, F. Halévy eût l'honneur d'être secrétaire perpétuel à l'Académie des Beaux- Arts et de mettre la main à ce fameux dictionnaire que Beulé comparait à « la toile de Pénélope, » *
* Le dictionnaire des Beaux- Arts est loin d'être parachevé, La lettre C est encore en cours d"* exécution. Pourtant la section musicale de V Académie des Beaux- Arts, comprenant six sièges, acompte depuis sa fondation en ijgS, trente-quatre membres titulaires, ce qui représente une gestation de 582 ans, c'est-à-dire plus de Cinq Siècles et demi.
XVni PRÉLUDE
LUmirur de la Juive qui eût le premier P audace d^iHtroduiir les cloches et les instruments Sax dans son orchestration, se serait fait un cas de conscience de glisser un mot nouveau dans la langue mu-
Jtkiurtant, à un art nouveau il /allait um langue nouK^lle,
licrliou H C lila^ ont crde quelques argotismes qui sont plutôt du domaine cfe la critique que de la ta -nwh >/t >gie m usiade.
(i. Kiistn^r^ dofU l^s tr<n>auA' originaux attestent /<> ^YifHiY rtr^sppit phili^sophique, sefhhlait désigne /^o?/f prrpitrer /<» tYvision du voca Maire msisica/. ,ï^<î;A%.7*#r?#svYwr*^A <'/?<^-^ ^?'^ l^ penseur aIisorl>t7:f le
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