‹ L'argot musical: curiosités anecdotiques et philologiquesChapitre 10 sur 30 · PRELUDE XIX · texte numérisé non relu

PRELUDE XIX

enregistrer et à rectifier les créations dues à cette collaboration anonyme qu'on nomme le peuple. En i8jy V Académie impose consonance avec une n, solfège avec un accent grave, contrebasse et contretemps sans trait'd'uniony rythme at;^t: une seuleh, etc. Telles sont les réformes microlexicographiques de la docte assemblée,

Dumarsais n'avait-il pas raison \de dire qu'il se débite plus défigures de rhétorique à la halle y un jour de marché, qu'à l' Académie française ?

a Une langue cultivée, écrite, dit E. Quinet, vit de la substance qtCelle emprunte aux dialectes populaires. Si r intervalle devient trop grand entre ces dialectes vivants et la langue traditionnelle, celle-ci se dessèche comme une plante à laquelle manque le sol. Histoire de la vie et de la mort des langues, » *

« En fait de musique et de langage, dit d' Ortigue âest le peuple qui invente. Viennent ensuite les savants, les grammairiens, les théoriciens, qui mettent en œuvre, mais qui n'inventent pas. Ceux-ci font bien ou mal, suivant qu'ils ont ou n'ont pas de génie. Mais ceux qui ont du génie ne sont pas ceux qui mettent de leur crû, qui tirent â eux-mêmes; ce sont ceux, au contraire, qui puisent dans le fonds commun, dans le vaste réservoir populaire, ceux dont V instinct devine la fibre sympathique et la fait vibrer, » -

^ La Création, II, 146.

' Dictionnaire de Plain-chant.

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