PRELUDE XVII
désintéressent profondément des questions de linguistique.
Cette indifférence se trahit jusque dans les titres des chefs-d'œuvre de nos plus grands * génies musicaux. Presque tous les maëstri se sont contentés de numéroter leurs œuvres, en tête desquelles ils ont placé la même étiquette banale: Sonate, concerto, quatuor, symphonie, etc.
De sorte quafin de nous reconnaître parmi tant de merveilles , nous sommes forcés de désigner chaque ouvrage par le ton ou le mode dans lequel est écrit son premier morceau. Cest ainsi que les affiches de concert étalent aux yeux du public ces titres irrésistibles :
Sonate en Ut tt mineur, pour piano
Symphonie en La. . . .
Septième concerto, pour violon
Nos compositeurs français se sont toujours montrès plus révolutionnaires en pratique quJen théorie. Pendant 18 ans, F. Halévy eût l'honneur d'être secrétaire perpétuel à V Académie des Beaux- Arts et de mettre la main à ce fameux dictionnaire que Beulé comparait- à « la toile de Pénélope. » *
1 Le dictionnaire des Beaux-Arts est loin d'être parachevé. La lettre C est encore en cours d'exécution. Pourtant la section musicale de V Académie des Beaux- Arts, comprenant six sièges, acompte depuis sa fondation en 1795, trente-quatre membres titulaires, ce qui représente une gestation de 582 ans, c'est-à-dire plus de Cinq Siècles et demi.