‹ L'argot musicalChapitre 12 sur 34 · XVIII PRELUDE · texte numérisé non relu

XVIII PRELUDE

LJ auteur de la Juive qui eût le premier V audace d'introduire les cloches et les instruments Sax dans son orchestration, se serait fait un cas de conscience de glisser un mot nouveau dans la langue musicale.

Pourtant, à un art nouveau il fallait une langue nouvelle.

Berlioz et C. Blaze ont créé quelques argotismes qui sont plutôt du domaine de la critique que de la terminologie musicale.

G. Kastner, dont les travaux originaux attestent la science et V esprit philosophique, semblait désigné pour préparer la revision du vocabulaire musical. Malheureusement y chez lui, le penseur absorbait le réformateur.

Néanmoins quelques néologismes germèrent sur notre sol ingrat, semblables à ces plantes exotiques déposées sur nos monuments séculaires par les oiseaux de passage. C'est ainsi que les mots orchestration, orchestrer, harmoniser, choral, orphéon, opérette, etc., considérés d'abord comme de vils argotismes, eurent l'honneur d'être classés dans l'herbier académique, à côté de ces deux fleurs hermaphrodites, hymne et orgue, qui en forment l'ornement le plus excentrique. Ce n'est qu'en i8yyque l' Académie française reconnut officiellement ces mots que depuis longtemps déjà le monde musical parlait couramment.

Le rôle des corps savants consiste simplement à

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