PRELUDE XIII
L argot particulier que les Anglais nomment cant ne serait-il pas une importation française faite par des colporteurs habitues à vendre leur marchandise à la criée y à l'encan (in cantus)? U argot n'était-il pas appelé en Angleterre, /^ français des colporteurs (pedlars french)?1
Autrefois V argot était la langue des gueux et des voleurs. Aujourd'hui chaque classe de la société possède un argot qui lui est propre. C'est ainsi qu'on distingue l'argot des ateliers , l' argot des coulisses, l'argot du demi-monde, l'argot des joueurs, l'argot des faubourgs , l'argot des prisons, l'argot des collèges, l' argot du palais , l'argot des peintres, l'argot des musiciens, l'argot des poètes, l'argot des savants, etc. Et chacun de ces argots se divise et se subdivise en autant d'idiomes que chaque classe sociale comporte de variétés.
Ainsi l'argot musical qui fait ici l'objet de notre étude spéciale, comprend plusieurs catégories : V argot des chanteurs, V argot des instrumentistes, l'argot des compositeurs, V argot des théoriciens, l'argot des luthiers, etc.
Demandez au professeur de musique pourquoi
1 Les cris des marchands ambulants sont une sorte d'argot musical intelligible seulement pour les ménagères. Si Von en croit d'Ortigue, ces cris qui se transmettent de père en fils invariablement sur le même mode, la même intonation, le même accent, la même cadence tonale, seraient dérivés des modes du plain-chant.