PRELUDE XV
Que l'on emprunte à l'Italie sa terminologie en l'appliquant sans en altérer le sens, rien de mieux; c'est un hommage rendu au berceau de l'art musical.
Mais que dire de ces sept barbares syllabes tirées d'une hymne latine qui avait, assure-t-on, la propriété de guérir de V enrouement ?
Ut queant Iaxis Kesonare fibris Mira gestorum Ydjnuli tuorum, Solve polluti Laôiï reaium, Sancte loannes.
N'est-ce pas véritablement parler argot que d'employer ces sept vocables pour qualifier non seulement les sept degrés de /'échelle musicale, mais encore les échelons intermédiaires, tant dièses que bémols ?
Que dire également de ces mots empruntés aux Grecs et employés à contre-sens, tels que diapason, orchestre, coryphée, rythme, etc. ?
Un facteur invente-t-il un nouvel instrument de musique , Use hâte de fouiller dans la grande tire-lire des Grecs pour en extraire un nom de baptême enmélo ou en phone, et c'est ainsi que sur gissent ces interminables files d'argotismes y marqués de la même estampille'y tels que saxophone, sarrusophone, mélophone, acoucryptophone, etc.