SCÈNE X
G1NA, L’ARIOSTE
L’ARIOSTE, k Gina.
Mon enfant, c’est Dieu qui vous amène I GINA.
Qui, moi, Monsieur? tant mieux.
l’ariostk.
Parlai-moi franchement Parmi ces braves gens, avex-vous un amant?
GINA
Par exemple !
l’a R 10 STE.
Un amant délicat et modeste ;
32 L’ARIOSTE
Ayant des droits au cœur, mais nuis droits sur le reste.
GINA
Monsieur, en fait d’amants, malgré vos airs railleurs.
Je n'en ai d'aucun genre, et chez vous moins qu’ailleurs. Parlons raison. Je vieus, au nom de ma maîtresse.
Vous offrir...
l’ariostb.
Écoutez ! votre sort m’intéresse.
Je prétends vous sauver ; qu'importe qui je sois...
En fait d’amis, ici, vous n’avez pas le choix.
Livrez-vous à ma foi. Que risquez-vous? Peut-être Ne suis-je pas au fond ce que je parais être !
D’un célèbre brigand je porte ici le nom :
Peut-être suis-je ailleurs un autre compagnon.
Comment! que dites-vous?
l’arioste.
Plus un mot; le temps presse.
Il faut que cette lettre arrive à son adresse. Connaissez-vous quelqu’un que je puisse en charger.
Et répondriez-vous de votre 'messager?
GINA
Oui ; monsieur Vitelli nous rendra ce service.
Quel est ce Vitelli ?
GINA
. C'est un brigand novice.
Qui s’est aventuré parmi ces garnements ;
Mais qui conserve encor quelques bons sentiments. l’arioste.
Lesquels ?
GINA
Eh bien... d’abord le désir de nous plaire... Ensuite un souvenir très-tendre de son père.
Brave et loyal soldat, qui l'eût cent fois maudit,
S’il avait pu prévoir qu’il deviendrait bandit.
Mais, Monsieur, cette lettre, elle est donc bien utile? A qui l’adressez-vous? En peut-on voir le style?
l’arioste.
Vous le verrez plus lard ; mais faites-moi venir Ce monsieur Vitelli; je veux l’entretenir.