‹ L'Arioste comedie historique en un acte en versChapitre 26 sur 35 · L'ARIOSTE, GINA, CARLO · texte numérisé non relu

L'ARIOSTE, GINA, CARLO

CINA.

Eh bien î monsieur Carlo, partez-vous pour Florence?

CARLO

Non ; on m’envoie ailleurs. Je pars ; c’est odieux ;

Mais il le faut. Je viens vous faire mes adieux.

GINA

Vous partez! Contre nous il s’amasse un orage;

Nous êtes-vous acquis ?

CARLO

Ce doute est un outrage.

~ GINA, montrant l’Arioalc.

Monsieur, pour nous sauver, nous offre son appui, Voulez-vous l’y servir? Répondez.

CARLO

Eh bien, oui!

Après tout, mon départ vous laisse sans défense ; Faites-moi travaillée à votre délivrance.

L ARIOSTE, allant i Carlo.

Un message est écrit ; pouvez-vous le porter?

C’est la vie ou la mort qui doit en résulter.

CARLO

N’importe ! quel que soit le danger, je le brave !..

A qui s'adresse-t-il, ce message si grave ?

l’arioste.

Au major Éberhard.

CARLO

Ah ! je n’ai rien promis.

C’est le plus acharné de tous nos ennemis.

Le major! avec lui vous osez correspondre?

Que contient cet écrit?

l’arioste.

Je n’ai rien à répondre.

CARLO

C’est bien ! je vois le piège, et je n’v donne point.

L’ÀRIOSTB.

(A Ci ni.)

Je veux bien vous servir, mais sans aller si loin.

Je suis prêt à sauver deux femmes prisonnières. Mais je ne trahis pas mes compagnons, mes frères.

GINA

Monsieur, savez-vous bien qui vous accusez là? C’est votre nouveau chef, le grand Malalesla !

CARLO

Quel qu'il soit, il trahit, la preuve en est certaine. Et je vais, de ce pas, le dire au capitaine.

l'ariobtb.

Allez ! je vous croyais des sentiments meillèurs. Vos frères, dites-vous? des brigands, des voleurs I Cette parenté-là ne vous honore guère !

Et je crois qu’elle aurait bien surpris votre père.

CARLO

Mon père I de quel droit osez-vous m'en parler? Avec ce souvenir crovez-vous me troubler?

Fut-il connu de vous? j'aurais peine à le croire.

Je sais ce qu’il était, 1 j’honore sa mémoire.

Le fils qu’il a béni de sa loyale main A-t-il pu s'engager dans un pareil chemin !

Peut-il vivre au milieu de bandits détestables!

CARLO

S’ils jugent les vivants, les morts sont équitables. Si du fond du tombeau que sur lui j’ai fermé,

Mon père suit encor son enfant bien-aimé,

11 a vu que longtemps j’ai lutté sans me plaindre. Pour arriver au but que j'avais droit d’atteindre ;

Il sait tous mes efforts vers ce but souhaité.

Tous les dégoûts affreux qui m'en ont écarté, Toutes les trahisons dont je fus la victime.

Et loin de m’accuser, je suis sûr qu’il m'estime 1 l’arioste.

A l’âge où je vous vois, peut-on, en vérité,

Avoir assez souffert, avoir assez lutté?

De quoi vous plaignez-vous ? d’avoir vu la fortune Trahir tous vos projets ! Mais c’est la loi commune. Ici-bas le succès est un 'rare accident;

Lheu doit-il le bonheur à tous les fils d’Adam ?

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