‹ L'Arioste comedie historique en un acte en versChapitre 34 sur 35 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

Menace quand j’épargne et punit quand j’absou»?

— Monsieur, vous pouvez voir que chez les bandits même, On connaît votre nom, on lit votre poème; *

Vos récits nous ont fait oublier bien des fois Les ennuis du métier, l’isolement des bois.

Que votre délivrance acquitte notre dette.

Adieu I souvenez-vous, gouverneur et poète.

Que le nom de poète est le plus glorieux,

Et travaillez surtout au Roland furieux.

P4ULA, à l'Arioste.

Ah! vous êtes sauvé!

L’ARIOSTE, ta capitaine.

J'ai peine à vous comprendre.

LE CAPITAINE

En quoi ce changement peut-il donc vous surprendre ? Ecoutez bien ceci, monsieur le gouverneur :

Si vous aviez été seulement un seigneur.

N’ayant pour nous fléchir qu’un nom de vieille race,

Vos ancêtres déjà vous verraient face à face ;

Mais, par bonheur pour vous, vous ôtes beaucoup mieux : Vous êtes le conteur entraînant, merveilleux,

Le poète divin que l'Italie ardente

Déjà place au-dessus de Pétrarque et du Dante,

Quel malheureux, haï du ciel, maudit de tous,

Oserait maintenant porter la main sur vous?

Des seigneurs de tout rang, puissants dans ce bas monde, Il en nait tous les jours, la race en est féconde ;

Les poètes qu’un jour tout homme doit nommer,

Dieu se recueille un siècle avant de les former !

Vous êtes libre; allez!

GINA

Capitaine, une grâce!

Permettez-vous encor que Gina vous embrasse ?

LE CAPITAINE

Oui, certe, et de grand cœur !

(Gina court k lui et l'embraite.)

L’ARIOSTE

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