‹ L'aristocratie en AmériqueChapitre 34 sur 43 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

LE PRINCE JÉRÔME-NAPOLÉON, NEFFTZER, Ll VÉRON.

Le prince Napoléon, en effet, se fit le C( opposition libérale autant que le permettai nouvelles. Cette opposition, qui s'était gi tour de lui, comprenait Nefftzer, devenu l en chef de la Presse^ après Texil de Girar meux Proudhon et Alfred Darimon soi Ernest Renan, Sainte-Beuve, Paul de Sa Charles Edmond, Charles Blanc, et plusi( bres du Corps législatif et du Sénat.

Un jour que je me rencontrai avec Nefft salon de M"*® Emile de Girardin (la premi dacteur en chef de la Presse m'offrit d'y e traiter les questions américaines, auxque gonisme croissant des États du Sud et deî Nord donnait un vif intérêt. J'acceptai cett empressement, et je suis resté chargé de <

historique et politique dans la Presse^ sous les directions successives de Nefftzer, d'Alphonse Peyrat et de Solar. J'en sortis quand le journal passa dans les mains d'Isidore Millaud et de Mirés, qui subordonnèrent la politique à la finance. J'entrai alors au Constitutionnel y toujours pour y rester chargé des questions américaines, exclusivement, à la demande du docteur Véron, qui, de médecin inventeur de la pâte Regnaud, était devenu successivememt directeur de la Revue de Paris, directeur de l'Opéra, journaliste et député. C'était un homme d'esprit, anecdotier amusant des coulisses théâtrales et politiques. Il se prenait très au sérieux* depuis que l'arrondissement de Sceaux l'avait fait membre du Corps législatif. Ce titre acquis, avec l'appui du gouvernement impérial, n'avait pas satisfait l'ambition du D' Véron qui se regardait comme le protecteur, plus • que comme le protégé de Louis-Napoléon, dont il avait patronné énergiquement la candidature législative et présidentielle. Il était amusant d'entendre Sophie^ sa cuisinière et son intendante, raconter les cajoleries qu'adressait à son maître et à elleftiême M. de Persigny pour assurer à Louis-Napoléon le concours du ConstitutionneU D'après elle l'empereur, M. de Persigny et M. Fould n'étaient que des ingrats. C'était aussi Topinion intime du bon docteur, dont les 'dîners exquis étaient des cours d'histoire contemporaine faits entre la poire et le fromage- Ce fut à l'un de ces dîners que ma réconciliation

eut lieu avec Alexandre Dumas. Voici comment. Marc Fournier, le directeur du théâtre de la Porte *^'*'"* Martin, m'exprima, en 1860, le désir de reprei Tour de Nesle. Mais la pièce avait été interdi M. de Persigny,. après le mariage de TEmperei M"® de Montijo. M. de Persigny avait cru devo cet acte de moralité par respect pour la nouvel pératrice. Il n'y a que les amis pour avoir ce reuses inspirations. Aussi la pièce n'était-elle in qu'à Paris. Marc Fournier me conseilla de der au comte Walewski la levée de cette inten absurde. Je l'obtins,' et je fis mettre spontar sur les affiches, à côté de mon nom, celui d'Ale; Dumas, qui en avait été retiré par autorité de ^ à la fin de 1832. Dumas, après un long se Naples, venait de rentrer à Paris, quand nouî rencontrâmes chez le D' Véron qui nous avait tous les deux à dîner par hasard ou avec intenti nous trouvant en face l'un de l'autre, Dumas nous nous tendîmes la main d'un commun mouvi et l'on but à notre réconciliation, A ce dîner s( vaient Sainte-Beuve, Nestor Roqueplan, En:

Girardin et Nefftzer, qui avait quitté la Presse moi pour fonder le Temps, Je me suis retrouv ce bon et brave Alsacien à Bruxelles, pend; guerre de 1870-71. Les Allemands, maîtres de boiirg, lui avaient offert une chaire de professeu l'université de cette ville. Il avait refusé sans hi mais il me disait avec tristesse : « Il n'en sera i

même de tous les Alsaciens *, ils seront étonnés de la facilité avec laquelle ils redeviendront Allemands. » Ce pronostic ne s'est heureusement pas réalisé. Les Alsaciens sont restés Français.

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