PR PET PSS ER ENS CES EE ES ME L'ARISTOCRATIE EN AMÉRIQUE
commencé », comme on dit des querelles vulgaires.
L'enquête a disculpé, je crois, M. Blaine des accusations de spéculations véreuses portées contre lui, mais non de ses menées politiques. Si, sous sa direction, le cabinet de Washington avait persisté à imposer au Chili et au Pérou son arbitrage, rappelant la fable du troisième larron, c’eût été la guerre avec les puissances maritimes de l'Europe. La chute de M. Blaine est venue conjurer ce danger qui a fait nommer l'ex-secrétaire d'Etat le Gambetta américain. Mais l'ambition des deux hommes est bien différente. M. Gambetta n’a pas rêvé la domination de son pays sur l’Europe. Il n’aspire qu’à lui rendre les frontières qu’il a perdues. Si l'ambition de M. Blaine avait été celle-là, elle aurait été honorée et saluée de tous.
Mais, comme je l'ai déjà dit, l'esprit d'accaparement et de domination est devenu la faiblesse de la nouvelle génération américaine, qui la prend pour un signe de force. Elle se croit assez puissante pour jeter le dé à l’Europe entière, et lui fermer l'accès d’un continent qu’elle regarde comme sa propriété. C'est là une funeste tendance, qui serait grosse de complications futures, si la majorité de ce peuple pratique et sage, après réflexion, ne l’emportait pas de beaucoup sur la minorité aventureuse. Le premier mouvement de cette démocratie peut être mauvais, mais presque toujours le second est ban.