‹ L'aristocratie intellectuelleChapitre 6 sur 15 · Vère nouvelle, novembre 1893, p · texte numérisé non relu

Vère nouvelle, novembre 1893, p

Les doctrines de Maurice Barrés ont été accueillies avec enthousiasme par une grande partie de sa génération. Parmi ceux mêmes qui les ont raillées ou combattues, combien les mettaient en pratique et auraient dû s*écrier avec André Maltère : « Homme et homme libre, puissé-je accomplir ma destinée, respecter et favoriser mon impulsion intérieure, sans prendre conseil de rien du dehors! Nulle dépendance, une vie aisée, Tentière harmonie avec les éléments, avec les autres hommes et avec mon premier rêve, voilà quel besoin m'agite, et le satisfaire, c'est toute ma conviction! » Avec plus ou moins de sincérité ou d'élégance, que de jeunes gens ont formulé ce credo dans les silences décisifs de leur vie intérieure! Ils y rencontraient une conciliation entre l'individualisme et la solidarité assez ingénieuse pour flatter leurs âmes compliquées, assez souple pour les accommoder à tous les compromis antérieurs et extérieurs. Ils y satisfaisaient leurs goûts comme leurs dégoûts, et nulle part ils ne s'y heurtaient à ces barrières gênantes que nous appelons Lois ou Devoirs.

Mais pour ingénieuse et souple qu'elle fût.

pensé juste. Avec le présent livre, le problème s'amplifie : ce n'est plus l'individu seulement qui me préoccupe, mais la société tout entière. Le principe de l'elTort, qui suffisait à l'individu, ne suffit plus à la société : il faut encore à celle-ci un principe d'organisation que je crois avoir trouvé dans l'aristocratie intellectuelle. Puisse mon livre en être une démonstration assez éclatante! Puissent les jeunes hommes de mon âge se conforter comme moi avec certitude , aux heures de découragement et de trouble, sur ces deux principes de diamant : l'effort pour le développement du Moi, et l'aristocratie pour le développement de la Société !

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