‹ L'arithmétique amusanteChapitre 5 sur 127 · Chapitre premier · texte numérisé non relu

Chapitre premier

ours dans certaines industries, chez les bûcherons et dans le commerce de détail; c'est ainsi que la boulangère marque le nombre des pains pris à crédit^ dans les communes ou ce genre de crédit existe encore, en taisant des coches sur deux tailles de bois accolées; prises séparément, ces deux tailles indiquent le doit et l'avoir, le compte du créancier et du débiteur. Qu'est-ce donc que la taille de la boulangère? C'est le rudiment du calcul, et c'est aussi celui de la comptabilité en partie double.

Lorsque j'étais petit enfant, j'allais souvent chercher le pain, à quelques pas de la maison paternelle; la boulangère prenait ma petite taille... de bois^ la plaçait près de la sienne et faisait une petite coche sur toutes deux. Puis j'emportais mon pain et, sur ma taille, le compte de la boulangère. Au bout de la semaine, de la quinzaine ou du mois, les coches se transformaient, pour celle-ci, en beaux écus sonnants; c'est que le nombre des coches représentait le nombre des pains pris à crédit et que la somme encaissée était le produit de la multiplication des pains par le prix de chacun d'eux.

Ne riez pas trop, mes chers enfants, de cette historiette; elle contient son enseignement, car elle vous permet de retenir ce que vous avez appris déjà depuis longtemps, que le nombre est indépendant de la forme, de la nature, de la place des objets, — que l'on obtient tous les nombres en ajoutant continuellement l'unité à elle-même, — et que la multiplication est l'addition de nombres égaux par un procédé abrégé! Voilà ce que contient le compte de la boulangère.

Calculs élémentaires.

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