‹ L'arithmétique amusanteChapitre 6 sur 127 · LE NEZ ET LE MOUCHOIR · texte numérisé non relu

LE NEZ ET LE MOUCHOIR

Un voyageur qui vient de rentrer en France, après avoir accompli le tour du monde, racontait dernièrement à la Société de Géographie que les naturels des îles Andaman possédaient une manière de compter tout ù fait élémentaire et fort bizarre. Pour représenter les unités du premier ordre, ils se frottent le nez sur la terre autant de fois qu'il convient, et pour marquer les unités d'un ordre plus élevé, ils se tirent les oreilles; le procédé de ces peuplades restées primitives constitue déjà un progrès sur le précédent, puisqu'il contient deux ordres d'unités, les unités nasales ou du premier ordre et les unités auriculaires ou du second ordre. Mais quel singulier moyen de compter et de retenir les nombres! Il aplatit le nez, il allonge les oreilles. Nos paysans ne font guère autrement pour fixer chez les enfants le souvenir d'un événement important de leur existence, lorsqu'ils leur administrent une correction maîtresse. C'est ce qu'ils appellent frapper leur imagination.

Les anciens Tartares avaient, pour s'entendre, àtskhé-mou ou bâtonnets entaillés d'une manière convenue; ils s'en servaient pour communiquer d'une horde à l'autre. Ces bâtonnets indiquaient, en temps d'expédition, le nombre d'hommes et de chevaux que chaque campement devait fournir. Les habitants du Pérou, au temps des Incas, avaient des cordelettes nouées qu'ils appelaient quippos; on en voit divers échantillons au musée ethnographique du palais du Trocadéro. Elles étaient de différentes couleurs et pouvaient se nouer et s'entrelacer de mille manières. Le nombre des nœuds, leurs dispositions, leurs enche-

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