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Oui! c'était bien par là que Safi're, un soir après dîner, avait fait prendre à Exireuil, pour lui remettre les papiers d'une soi-disant mission à l'étranger. Et c'était aussi en mettant à profit l'occasion de cette absence que le banquier avait^ pour la seconde fois, abusé de Giselle, devenue plus faible encore par l'isolement, et tout écrasée sous l'agression et la menace. Cette circonstance,. Giselle l'avait confessée avec les autres... Un nuage de sang passa dans le cerveau du mari à ce souvenir...
Il savait que les marches au bas desquelles il avait déjà le pied menaient directement aux appartements particuliers de Saffre. Il se disait que celui-ci, étant chez lui et ne recevant pas, devait avoir du travail et y être attaché. Cette route imprévue et dérobée ne pouvait être barrée par aucun serviteur... Alors, plus qu'un étage à gravir pour être au seuil du cabinet de Saffre et y entrer tout droit.
Exireuil monta lestement l'escalier, ouvrit la porte — comme chez lui — et ne vit personne* Les papiers sur le bureau et les meubles alentour gardaient cette apparence servile de rangement qu'ont les pièces où le maître n'est pas revenu depuis que le ménage en a été fait. Nulle trace de feu récent, malgré la gelée, dans la cheminée monumentale. Exireuil songea que son ennemi était peut-être indisposé. Mais en ce cas, pourquoi n'au-
rait-on pas fourni chez le portier un motif aussi valable de la consigne?... Du reste, c'était facile de vérifier la chose, puisque la chambre de Saffre était là, tout de suite là, et qu'il n'y avait qu'à s'y introduire — encore et toujours comme chez soi.
Exireuil pénétra promptement à côté. Il constata tout de suite que le baron n'était pas au lit... Tant mieux!... Des paravents paraissant installés contre le froid, par leur alignement au milieu, coupaient toute la largeur de la vaste pièce, somptueuse et sévère avec ses boiseries.
De là derrière, un interne, sorti au bruit des pas, crut avoir affaire à un parent proche et autorisé, en voyant que le nouveau venu se présentait, le chapeau sur la tête, par une entrée intime.
Il salua et demanda :
ce Est-ce que Monsieur compte rester un peu auprès du baron ?i>
Exireuil, trop surexcité maintenant pour définir quel caractère avait la présence de ce jeune homme, se méprenant aussi et l'envisageant comme un nouveau petit secrétaire peut-être, répliqua du ton de quelqu'un qui veut avoir son temps :
a Oui!... autant qu'il le faudra... Pourquoi cela?
— Parce que j'ai à écrire ; et je profiterais, pour ' y aller, de ce que vous occuperiez la place...
— Bien! Faites donc! » lui dit Exireuil, pressé
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surtout de l'écarter, d'être en tête-à-tête avec Saffre et d'aboutir.
Le tiers gênant était parti... Séparés encore par la rangée de paravents qui les cachait l'un à l'autre, ils n'étaient plus que deux — un et un — à respirer dans la chambre...
Exireuil se porta en avant, écarta l'obstacle, prêt, du même élan, à foncer au delà et à étouffer de ses dix doigts le premier appel qu'il devait à la fois faire naître et mourir.
Mais à ce qu'il vit aussitôt, ce fut lui qui recula et qui cria!...
Saffre, le long d'un grand dossier de fauteuil, était ligotté. Dans les manches d'une camisole de force, ses mains et ses bras disparus livraient son buste sans défense, comme un tronc inerte. Son indomptable tête des anciens jours se penchait, en avant d'une encolure désarticulée; seule, sa crinière hérissée rappelait encore le lion ^ qu'il avait été. Et sur son visage écarlate ses yeux injectés ne se marquaient que par la lueur, encore plus rouge, de leurs deux taches sanglantes.
Dans l'ouragan des émotions qui ballottaient Exireuil, il eut une recrudescence de rage à concevoir que sa revanche personnelle lui échappait. Le coup vengeur dont il constatait que Saffre était frappé, c'était comme si ce condamné fût resté indemne, au regard de l'exécuteur survenu trop
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tard pour faire là son propre ouvrage et lui-mêi^ie s'y rassasier les mains.
« Oh! fit Exireuil approché de tout près... Misérable!... D
Et les contractions de sa figure hurlaient les mots qu'il ne proférait qu'à voix basse.
« Devines-tu pourquoi je suis là?... Sens-tu ma haine et mon besoin de te tordre le cou?... »
Mais Saffre, après douze heures de manie aigiië, de délire furieux, de convulsions épileptiques, abruti, anéanti, couvait un retour d'attaque, dans une absolue stupidité. La démence le bourrait et le rembourrait d'insensibilité, d'indifférence noire...
ce M'entends-tu, au moins?... Gueux! scélérat!... Comprends-tu?... comprends-tu que je sais tout?... » interrogeait Exireuil en écrasant ses poings l'un contre l'autre, dans la détresse de ne pouvoir valablement s'en servir.
Saffre ne donnait aucun signe de connaissance... L'autre cherchait à lui découvrir des rayons visuels et, pour le provoquer en ligne directe, passait fébrilement de place en place, à deux doigts de le toucher... Mais les prunelles flamboyantes demeurèrent fixes, sans une vibration, sans un clignement, même sous le geste d'énergumène qui les menaça de s'y enfoncer...
a Rien!... dit Exireuil... Je n'obtiendrai rien!... Pas une expression, pas un atome de sentiment à
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lui arracher!... Ah! bandit!... puisque je suis assez bête, assez lâche, en te voyant ficelé comme un saucisson, pour me retenir de t'arracher la peau, de te casser les os et les dents... Voyons, remue un peu... appelle... aie peur... éprouve... Tâche au moins de sentir, au fond de ta carcasse, tout le mal que je te veux pour celui que tu m'as fait!... Vieux gâteux! vieux maudit!... »
Et dans le paroxysme de l'emportement, dans l'impuissance éperdue à se payer de toute autre satisfaction, il souilla d'un crachat cette face inconsciente, où l'outrage se confondit avec les baves qui en ruisselaient.
Désormais, Exireuil n'avait qu'à se retirer de son assaut, à renoncer à des suites toutes impossibles, à s'affranchir de cette vue exaspérante, hideuse et vaine.
Il s'orienta vers la sortie. La direction la plus courte, la plus naturelle, était de prendre la porte communiquant tout droit, par le corridor, avec le grand palier de l'escalier central. Mais cependant, par une impulsion encore irraisonnée, sans réflexion, il se rengagea dans la voie détournée qu'il avait suivie pour venir... De seconde en seconde, l'être d'habitude, détrônant l'être de spon-» tanéité, se restaurait en lui... Dans le retour à travers les salles par lesquelles, tout à l'heure, était allée sa marche d'assassin, il glissait à présent
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d'un pas presque furtif, tandis que ses instincts normaux se rétablissaient, avec un souci revenu de ce-qui-se-doit et du qu'en-dira-t-on... C'était ainsi se rapprocher du seuil des usages institués, recouvrer machinalement sa place de politesse et ses fonctions d'apparences dans les hypocrisies du monde... Et, quand il eut regagné le salon des glaces, — tout le tragique de son évasion ne se résumant plus qu'en une escapade secrète, — il s'y vit définitivement réintégré en son poste d'indiscutable correction dans la société.
A peine était-il rentré là, que la baronne Saffre se présenta. Elle s'excusa d'avoir, bien longtemps sans doute, laissé se morfondre son visiteur. Elle approuva qu'il eût demandé à la voir, au lieu de son mari devenu invisible; et, là-dessus, elle lui confia la vérité des événements.
L'air sombre et glacé d'Exireuil fiaumissait une attitude suflisante pour qu'il n'eût pas à feindre la stupéfaction, en écoutant le récit de ce grand drame dans un cerveau humain, dont lui-même, de ses propres yeux, venait inoubliablement de voir la conclusion.
Au sujet de l'état des finances de SafFre, la baronne remercia Exireuil avec cordiaKté de l'avertissement que, depuis quelques minutes, elle savait lui avoir dû, indirectement.
Il protesta :
« Grommelain a eu tort de me citer en ceci...
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J'ai cru dernièrement, par suite de nos vieilles relations de famille, avoir, en effet, à lui donner un avis important... Mais c'était une confidence, de lui à moi, d'où il n'avait pas à me faire apparaître.
— Ne lui en veuillez pas... S'il a prononcé votre nom dans l'entretien que je termine, à l'instant, d'avoir avec lui, c'était parce qu'il vous désignait comme étant placé mieux que personne pour continuer à nous rendre, à moi et aux miens si cruellement éprouvés, un très grand service...
— Moi, madame?... fit Exireuil en dressant la tête avec étonnement... Comment cela? »
Au fond des regards que croisèrent le mari de la maîtresse et la femme de l'amant, il y avait un même point mystérieux, allumé chez celle-ci par une vive curiosité, et chez celui-là par un intense besoin d'être éclairé dans une des pires méfiances... Peu leur importait dorénavant, à l'un et à l'autre, le rôle et le souvenir du baron Saffre, sa personnalité tombée, corps et âme, en loques, et les restes piteux qu'à l'étage au-dessus on en tenait encore attachés et assis!... Mais, lors des jours récents où celui de là-haut était un rude entrepreneur de choses, il avait créé un indicible rapport entre les deux interlocuteurs qui, demeurés pleinement dans l'action et la vie, se trouvaient en ce moment face à face... Les yeux noirs d' Exireuil cherchaient à lire au plus profond de
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la conscience de la baronne si elle savait?... Et lui, savait-il? C'était ce qu'elle aurait aimé à découvrir, sous la blafarde projection de ses discrètes prunelles...
La baronne Saffre reprit :
a Monsieur d'Exireuil, vous avez été initié par mon mari même à nombre de ses affaires... Un concours aussi clairvoyant, aussi sûr, aussi renseigné que le vôtre, nous est indispensable... Ma santé est trop précaire pour que je supporte à moi seule les difficultés dont j'aurais lieu d'être accablée, dès maintenant... Avec les procès qui vont surgir et la part importante de communauté que je pourrai peut-être sauver encore, enfin avec les lourdes charges d'administrarion qui m'incomberaient dans la suite, c'est pour des années, c'est pour toujours que je voudrais avoir l'ami- , cale assistance d'un homme de votre valeur, l'ayant entendu tant de fois vanter... Je ne puis me reposer de rien sur mon fils qui déteste les comptes, ni sur mes gendres : l'un va s'installer à la campagne, l'autre est très accaparé par sa femme... Ai- je besoin d'ajouter que vous fixeriez vous-même vos droits à notre vive gratitude? »
Exireuil n'eut qu'un mouvement : celui du refus... Sa seule pensée fut la volonté d'avoir à ja- ' mais rompu toute attache d'argent avec ce qui touchait au nom de Saffre.
La baronne le persécuta encore :
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<K Ce n'est pas uniquement en mon nom que je vous adresse cet appel. Je vous prie aussi de la part de mon gendre de Grommelain, qui a pour vous la plus sincère sympathie... Vous ne pouvez pas vous dérober devant ces instances de votre ami... »
En effet, la baronne avait été stimulée par les recommandations du comte, qui était désireux de ne pas voir subitement retomber sur le pavé quelqu'un que, selon son expression, il connaissait de famille. Chez celui-ci Grommelain considérait un homme né, comme lui; il aimait un mari, encore comme lui : bien trompé. Et, en vertu de la solidarité d'après laquelle il avait été prévenu par Exireuil des dernières menées du baron Saffre, il saisissait l'occasion d'acquitter sa dette morale envers lui, galamment, noblement, aux frais de sa belle-mère.
Pendant les insistances de la baronne, Exireuil songeait bien qu'au delà de quelques bénéfices récemment réalisés, et devenus en outre bien répugnants à manger, il n'avait pas de ressource en perspective. Il se représentait aussi que cette fortune d'autrui, dans les détails de laquelle on le réinvitait à s'immiscer, ne devait plus conserver rien de celle que son immonde ennemi, le gigantesque Saffre, avait accumulée, pétrie, puis dispersée par blocs, aux quatre vents. Mais le plus élémentaire respect de lui-même, Ténergie du
plus inexprimable dégoût Técartaient de toute idée de faiblir. Il s'excusa, se retrancha derrière des obligations auxquelles il allait avoir à se consacrer. Il allégua des projets de voyage prochain, l'éventualité probable d'une expatriation.
a Prenez le temps de réfléchir, conclut la baronne... Je ne tiens pas, aujourd'hui, votre réponse pour définitive... Revenez quand vous aurez consulté M°** d'Exireuil et apprécié ensemble le meilleur de vos convenances... »
Ce dernier mot de la baronne, Exireuil, en prenant congé d'elle, l'entendit aussitôt trotter superficiellement dans sa tête.
Les convenances? Au fait, oui! Comment ne pas examiner ce qu'elles allaient peut-être commander? Et cela ne soulevait-il pas des considérations primordiales, pour un homme du monde rentré totalement en sa peau artificielle?
Mais, avant tout, c'était auprès de sa femme que le mari sentait le devoir d'être au plus vite retourné. A la pensée de l'état de martyre où il avait imposé à Giselle de râler dans l'incertitude et l'attente, il devint confus envers elle. Il s'attendrit d'humilité, en se rappelant le néant de l'effort sous prétexte duquel il l'avait laissée pour proie à toutes les angoisses, et en envisageant la disproportion entre ce qu'elle éprouvait encore d'immense et ce que lui n'éprouvait plus que de
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médiocre... De sorte qu'au moment de faire rouvrir la porte massive de Thôtel, il ne lui restait — de tout le volcan qu'était son âme quand, là contre, il avait antérieurement surgi, pour s'y faire son passage — que la fumeuse idée de trouver un fiacre.
Toutefois, les premiers pas qu'il fit dans la rue le mirent nez à nez avec Tarsul. Celui-ci venait aux nouvelles, curieux d'ausculter l'esprit de la baronne, et omettant, en sa gaieté du grabuge, l'inconvénient d'avoir sans doute à se procurer maintenant ailleurs les bénéfices qu'on lui attribuait dans la maison. Il avait été mis au fait des choses par Arthur SafFre qui avait recouru tout droit au conseilleur attitré de sa famille, dans ses perplexités d'un pareil jour.
Les deux passants s'abordèrent en personnes dont la réserve trahissait qu'elles n'auraient eu à se dire que ce qu'elles ne se disaient pas.
a Eh bien? fit Tarsul avec la grimace de mauvais diable qu'il appKquait à rajuster son monocle.
— Eh bien? j> répondit Exireuil.
Us se regardèrent avec circonspection... Mais la physionomie défaite d' Exireuil le livrait tacfc que Tarsul, du fond de son calme, voulut se découvrir un peu en paroles, pour rétablir u.i équilibre dans les conditions de la rencontre. Il lança :
« Tout de même, on voit arriver des histoires
bien extraordinaires!... »
Exireuil répliqua simplement :
« On en apprend tous les jours... }»
Un nouveau temps de silence se produisit. Et
Tarsul reprit :
« Pour ma part, j'ai pris froidement le parti
de ne m'étonner de rien.
— C'est peut-être ce que Ton aurait toujours de mieux à faire! » observa Exireuil d'une voix sourde et d'un air grave.
Cela fit s'aviser Tarsul du coup personnel qui avait dû renverser les moyens d'existence de son interlocuteur, dans l'énorme bagarre. Et, faisant le bon apôtre :
« J'espère bien que vous n'êtes nullement touché par les choses de là? » dit-il en désignant l'hôtel Saffre, avec le geste familièrement indifférent d'un pouce en biais, au-dessus de l'épaule.
Sous la cordialité de l'interrogation, Exireuil avait vu toute une longue attaque s'insinuer, et poindre une tête de serpent. Il se cabra dans son attitude et riposta :
€ Moi?... Comment serais-je atteint? Expliquez-vous!
— Je ne sais pas précisément,., je croyais... j'avais ouï dire que Saffre et vous... enfin, que vous aviez pris une part de ses opérations... »
Dans l'intention d'esprit qui avait échappé à
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Tarsul, Jacques d'Exireuil entendit parvenir jusqu'à lui comme un écho de toute la voix du monde, comme un son étouffé du en d'accusation qu'il allait y avoir unanimement, sur son compte de mari, à l'occasion de l'événement SafFre. Il en eut une secousse; et retroussant sa moustache dans une façon agressive de souligner les explications qu'il invitait à colporter sur sa conduite :
« Mon cher, fît-il par une soudaine résolution, je ne me suis mêlé aux affaires du baron que pour y défendre;, les intérêts de la baronne. A cela, je n'ai consenti... vous m'écoutez bien?... que sur la prière qui m'en avait été renouvelée par elle et par mon vieil ami de Grommelain... On m'a fait intervenir trop tard pour empêcher la débâcle. Mais il reste à sauver les épaves, et ma tâche continue... La baronne, à tort ou à raison, persuadée de ma compétence, vient encore de me supplier de ne pas l'abandonner... N'ayant jamais représenté qu'elle, mon affectueux dévouement la rc^ présentera jusqu'au bout!... j>
Une fois pour toutes, c'était comme en un porte-voix qu'il avait jeté à Tarsul cette réponse décente, acceptable, commode même à propager, parmi les salons, pour ceux qui cherchent quoi dire à leur tour ou ne savent pas quoi contredire.
Là-dessus, Exireuil, d'un pas décidé, s'en alla
reprendre le cours de son existence, qu'une explosion de nature n'avait fait que déranger. Et il avait l'assurance de ne devoir qu'à un scrupule de respect humain, des plus légitimes, ses perspectives nouvelles d'un avenir immédiat.
Tarsul, sans être dupe, n'en demeura pas moins abasourdi, un moment, à la nouvelle que le côté SafTre et le côté Exireuil persistaient à tenir ensemble de quelque part encore et par quelque chose... Puis, en conséquence de son système favori, il se plut à constater la durable, la merveilleuse, l'unique solidité du lien d'argent dans les rapports sociaux, les relations mondaines et les attachements intimes.
Ainsi, un cataclysme avait englouti de pyramidales richesses ! Sous l'incendie de la démence, s'était effondré un cerveau colossalement construit!... Et le premier objet que l'on voyait ressortir, net, intact, inaltérable,, de dessous ces écrasants décombres, quel était-il?... Tarsul s'écouta se répondre, avec le meilleur sourire de sa mine satanique : c'était la petite armature d'une dernière liaison de plaisir, ouvragée par le baron Saffre, ex-grand maître argentier.
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