L'Armée allemande
L'histoire des origines de la Prusse est assez va»ue et obscure : de fait, la monarchie prussienne a une double origine, le Brandebourg et la Prusse (<).
Oa donne généralement comme premières
(1) Dans ses « neuf limes de l'Histoire de la Prusse » publiés en 1847, le grand historien allemand, M. R nkc, semblait faire dater la Prusse des Hohenzollern; mais, dans une seconde édition de 1874, il remonte beaucoup plus haut et il considère le margrave Albert l'Ours, comte d'Ascanie, comme un des prédécesseurs des rois de Prusse.
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limites h ce pays la mer Baltique au nord, la Vistule à l'ouest, le Niémen à l'est. Des émigrations venues de la Scandinavie, des invasions des peuplades slaves, voila sans doute l'origine de l'agglomération des tribus nombreuses que l'on désigne sous le nom de Prucù ou Ponissi, et qui vinrent s'établir sur les bords de la Baltique. Quant à l'étymologie de ce nom, donnons l'opinion la plus généralement admise : ce nom dériverait des mots Pô, qui en slavon veut dire « auprès », et ftuss, rivière, une des branches du Niémen.
Les Pruczi vivaient au milieu des tribus slaves qui, parties des pays situés entre la Baltique, le Volga et le Caucase, étaient venues se heurter aux Got'hs établis au sud de la Baltique, dans le bassin de la Vistule. Ils donnèrent leur nom au pays qu'ils venaient de conquérir. Charlemagne les attaqua en 789, les vainquit, leur imposa un tribut annuel et la conversion au christianisme. Mais, a sa mort, les Pruczi reprirent les armes ; l'empereur d'Allemagne Othon Ier marcha contre eux, les battit à plusieurs reprises et les réduisit en servitude. Boleslas, premier roi chrétien de Pologne, voulut leur imposer le christianisme qu'ils avaient abandonné pour revenir au culte de l'idolâtrie. La guerre fut longue et sanglante; c'est alors que Conrad, duc de Moravie, demanda au pape l'autorisation de faire venir les chevaliers de l'ordre teutonique engagés alors dans une expédition en Palestine. Le grand-maître de cet ordre religieux et guerrier, Hermann de Salza, entra dans le territoire de Kulm avec ses chevaliers, tous d'origine allemande. La conquête de la Prusse dura de 1230a 1283. Les Pruczi essayèrent rie secouer le joug de leurs maîtres, mais ce fut
en vain -, ils durent chercher ailleurs une antre patrie et abandonner leur pays aux mains des chevaliers qui firent de Marionbourg le siège de l'ordre teutonique (1309). Après une période de prospérité et de grandeur pendant laquelle l'ordre était parvenu a étendre son autorité sur plus de deux millions d'habitants, les guerres extérieures, les rapines et les cruautés des chevaliers amenèrent la décadence et la ruine. Les Polonais triomphèrent à la fameuse journée de Tanneberg: La paix de Thom, en 1 466, mit un terme à cette guerre ; la Prusse céda à la Pologne la Prusse occidentale et elle se reconnut vassale de cette couronne; la capitale de l'ordre tut transférée de ftlarienbourg a Kœnigsberg.
En 1511, les chevaliers élurent pour grandmaître le margrave Albert, Sis du margrave Frédéric d'Anspach et de Baireuth, de la lignefranconienne de Hohenzollern. Après une guerre malheureuse contre les Polonais, le prince Albert, voyant que la résistance était inutile, renonça en 1525 à son titre de grand-maître et embrassa le luthéranisme. Sigismond Ier, roi de Pologne, lui donna en échange la Prusse inférieure et le litre de duc. C'est de ce moment que date la sécularisation de la Prusse. L'ordre teutonique perdit toute son importance.
Albert était delà maison de Brandebourg, dont le véritable fondateur avait été Albert, surnommé l'Ours, de la dynastie ascanienne. La branche régnante s'était éteinte en 1411 ; le pays revint à Sigismond, fils et successeur de l'empereur Charles IV, qui , en 141 5, abandonna tous ses droits sur le Brandebourg a son créancier Frédéric de Hohcnzollern, burgrave de Nuremberg.
Àlbôrt eut pour successeur son fils Albert- Frédcric (1568). Ce dernier ayant perdu la raison, la régence passa d'abord au margrave Georges- Frédéric de Brandebourg-Anspach; puis, à sa mort, a l'électeur Joachim-Frcdéric/qui eut pour successeur son fils Jean-Sigismond.
En 161 S, Jean-Sigismond reçut du roi de Pologne l'investiture de la Prusse ducale, qui se trouva ainsi définitivement réunie à l'électoral de •Brandebourg.
Sigismond eut pour successeur son fils Georges- Guillaume (1619). Ce prince, faible et incapable, se laissa mener et diriger par son ministre, le comte de Schwartzemberg, catholique que l'on disait vendu a l'empereur. La guerre de Trente- Ans ravageait l'Allemagne ; les troupes suédoises, polonaises, impériales occupèrent alternativement la Prusse ; ce pays semblait perdu, lorsqu'il l'ut sauvé par Frédéric-Guillaume, (ils et successeur de Georges-Guillaume.