‹ L'armée allemande; étude d'organisationChapitre 130 sur 192 · KG · texte numérisé non relu

KG

TOTAL

r Officiers, etc.

Généraux de division

Généraux de brigade

Commandants de régiment..

Commandants de bataillon. . .

Capitaines de 1'« classe

Capitaines de 2» classe

Lieutenants en premier

Lieutenants

Médecins

Employés

Veufes des officiers, etc., ci* dessus

Orphelins des officiers, etc..

Ascendants et proches des

officiers, etc

2« Troupe.

Sergents-majors, etr

Sergents, sous-officiers

Gefreite, soldats

Venyes des hommes de troupe.

Orphelins des hommes de

troupe

Ascendants et proches des hommes de troupe

Service des pensions. — Les affaires concernant les pensions militaires sont du ressort des l"et 2® sections du Département des pensions et de la justice. Le service des fonds est réglé et contrôlé par la Caisse militaire générale qui, par l'intermédiaire des caisses régionales, assure le payement des pensions, etc. aux parties intéressées.

La loi du 31 mai 1901 a augmenté dans de larges proportions les pensions et secours accordés aux invalides de guerre: malgré la situation financière du fonds des invalides, dont les rentes suffisent à peioe au payement des pensions, Tautorité militaire songe à augmenter les charges que le

pays s'impose pour venir en aide à ses anciens serviteurs. D'après la presse, il serait question de remanier les tarifs des pensions payées au titre du fonds général des pensions de l'Empire et de les augmenter dans des proportions très sérieuses.

La direction d'ensemble du Service des subsistances est assurée, au ministère de la guerre, par le Département de l'administration de l'armée (Section des subsistances).

Cet organe central a pour mission de régler toutes les questions relatives à l'alimentation des troupes, en temps de paix comme en temps de guerre, de créer et de renouveler les approvisionnements en vivres des magasins et des places fortes. La Section des subsistances a de plus dans ses attributions : la recherche des données statistiques se rapportant au service des vivres, les essais à opérer pour l'alimentation, l'administration générale du personnel et du matériel des magasins, des boulangeries de garnison, des fabriques de conserves, etc.

Dans les corps d'armée, l'Intendance est chargée de la direction du service, par l'intermédiaire de son deuxième bureau : Subsistances. C'est de lui qu'émanent, conformément à la répartition des crédits et aux instructions ministérielles, tous les mandats, toutes les prescriptions nécessaires pour assurer le fonctionnement du service. Le personnel d'exécution (employés des subsistances militaires), est absolument placé sous ses ordres, en temps de paix comme en temps de guerre.

L'exposé r^i-après traitera d'abord de Torganisation géné-

(i) Proviantamts^Ordnung, Règlement sur les magasins de subsistances du 25 février 1897.

Verpflegungsvorschrift fur das preussische Heer im Frieden. Règlement sur l'alimentation en temps de paix, du 3 avril 1902.

raie du service : personnel et établissements, et, après avoir indiqué les procédés employés pour la constitution des approvisionnements dans les magasins, donnera le fonctionnement de l'ordinaire dans les corps de troupe, la composition des rations des hommes et des chevaux et leurs droits aux perceptions.

Organisation générale du service.

Le service des subsistances peut être assuré par la gestion directe ou Tenlreprise.

Gestion .directe.

Dans le cas de la gestion directe, Texécution du service» sous la haute direction de Tintendance, est confiée aux employés des subsistances, dont nous avons vu la hiérarchie et le recrutement dans le Chapitre V.

Le personnel comprend en outre : 1® des ouvriers pris dans la population civile, meuniers et manutentionnaires ; 2® des boulangers militaires, qui assurent le service des boulangeries de garnison. Ces boulangers forment, par corps d'armée, une section (1) à effectif essentiellement variable, dont le cadre fixe comprend 9 sous-officiers et soldats, et qui est rattachée au bataillon du train ; ils sont placés au point de

(1) Les boulangers sont recrutés parmi les ouvriers de cette profession, qui, après avoir servi un an dans Finfanterie, sont versés pour une autre année dans une section de boulangers. Au bout de six mois, les meilleurs ouvriers peuvent être nommés enfoumeurs, Schiesser (rang de gefreite) ; les enfourneurs qui contractent un rengagement, peuvent être promus chefs boulangers, Oberbdcker, avec rang de sous-officier, après trois ans de service comme boulangers ; enfin ils peuvent être nommés chefs boulangers de i'* classe (rang de sergent).

En cas de travail extraordinaire, on peut allouer des indemnités supplémentaires à la solde ordinaire des boulangers, pouvant s'élever à 0 fr. 625 pour les chefs boulangers, et à 0 fr. 31 pour les enfourneurs et boulangers.

Les sections de boulangers forment le noyau des boulangeries de campagne, de réserve et d'étapes, en cas de mobilisation.

vue de leur service technique sous les ordres des maîtres boulangers, employés subalternes. Le nombre des boulangeries militaires est de 89 pour toute TAllemagne. En plus du cadre fixe, chaque division d'infanterie détache annuellement au moins 25 hommes dans les boulangeries. En se basant sur ces données, on peut évaluer à 1250 le nombre d'hommes employés dans les boulangeries de garnison.

Fonctions des employés. — A la tête de chaque magasin des subsistances est placé un gestionnaire, employé supérieur, dont le rang varie suivant l'importance de l'établissement : directeur, comptable principal, comptable. Les gestionnaires sont tenus de déposer un cautionnement; ils ont, vis-à-vis de l'État, la responsabilité des deniers et matières qu'ils ont pris en charge. D'après les intructions de l'intendance, ils doivent assurer la réunion, l'emmagasinement, la transformation des céréales et autres denrées ; ils ont, à cet effet, qualité pour procéder aux divers achats, suivant le mode qu'ils jugent le plus économique.

Dans les magasins importants (en général ceux dirigés par des directeurs ou des comptables principaux), un contrôleur, véritable co-gérant, est adjoint au gestionnaire et partage avec lui la responsabilité de l'exactitude des comptes et de l'existence des approvisionnements. Le contrôleur appose sa signature sur les principales pièces de comptabilité et doit être consulté pour tous les marchés importants.

Les comptables adjoints sont chargés des écritures et de la surveillance du personnel ; ils sont secondés par les aspirants et les surnuméraires.

Les maîtres ouvriers ont dans leurs attributions la conduite technique, soit des moulins, soit des boulangeries.

Les mécaniciens sont responsables de l'entretien des machines et de la consommation du combustible ; les surveillants ont à diriger le service des manutentionnaires, à veiller à ce que les travaux soient exécutés conformément aux instructions et à ce que les établissements soient tenus dans un état de propreté absolue.

Établissements, — Les établissemeots comprennent : \ • Des magasins, Proviantàmter^ que l'on peut classer en trois catégories :

a) Ceux ayant à leur tête un directeur : il en existe

généralement un par corps d'armée, au siège du commandement ;

b) Ceux dirigés par un comptable principal, dans les

garnisons importantes ; Ces deux catégories sont à gestion double (gestionnaire et contrôleur) ;

c) Ceux dirigés par un comptable ;

2^ Des boulangeries de garnison, presque toujours installées auprès des magasins des catégories a et ^;

3^ Des moulins militaires, existant auprès des magasins du chef-lieu de certains corps d'armée, principalement sur les frontières de Test et de Touest, et dans le centre de l'Empire:

4® Deux fabriques de conserves de l'armée, à Mayence et à Spandau;

5* Des chambres de frigorifîcation pour la viande, notamment à Konigsberg, Thorn, Spandau, Mayence, Metz et Strasbourg.

Locaux (Tun grand magasin de subsistances. — Un grand magasin de subsistances comprend, outre les bureaux et les communs :

Le magasin à céréales ;

Des caves ou chaix, pour les liquides ou les conserves de viande ;

Des granges où sont emmagasinés le foin et la paille, et éventuellement une étable pour le bétail, avec annexe pour le fourrage ;

Un b&timeat spécial est affecté à la boulangerie, avec des locaux séparés pour le four, la paneterie, la provision de farine, le combustible, et en outre, si la boulangerie doit fabriquer du biscuit, deux locaux pour la machine et Temmagasiuage ; si elle doit fabriquer du biscuit-viande^ elle a en plus un local pour conserver la viande, et un séchoir pour le biacnit.

' Ces locaux sont en général la propriété de l'État, qui ne recule devant aucuhe dépense pour doter ces établissements des derniers perfectionnements.

Dans les garnisons peu importantes, l'intendance loue les bâtiments nécessaires, et l'État n'a plus à prendre à sa charge, outre le montant du bail, que les frais de première installation.

Composition du personnel cCim magasin de subsistances, dirigé par un directeur. — L'exemple suivant est tiré d'un petit annuaire spécial du XVI'' corps, et se rapporte au magasin de subsistances de Metz.

1 directeur, 4 comptables, 1 contrôleur, 40 comptables adjoints, i maître boulanger, i maître meunier, 2 surveillants chefs et 4 surveillants des magasins, 1 mécanicien, 1 garçon de bureau.

Fabriques de conserves. — Il existe en Allemagne, deux fabriques militaires de conserves. Tune à Mayence, l'autre à Spandau.

La première a été construite de 1874 à 1879, et les frais se sont élevés à environ six millions de francs. La fabrique moins importante de Spandau date de 1892, sa construction n'a coûté que deux millions environ, car on a pu utiliser en partie des bâtiments déjà existants.

L'exploitation de chacun de ces grands établissements est assurée par un personnel d'employés supérieurs des subsistances, composé de 1 directeur, 2 contrôleurs, 4 aidescomptables et 1 ingénieur. Les fonctions de ces employés sont analogues à celles de leurs collègues des magasins administratifs, l'ingénieur est chargé de la direction des installations mécaniques. Les employés supérieurs sont secondés par des employés subalternes et des ouvriers, au nombre de 500 environ.

Le rôle principal des fabriques de Mayence et Spandau, est de fournir des conserves de bonne qualité en quantités sufGsantes pour tenir au complet la réserve de guerre. Les deux établissements doivent en outre, contribuer au ravitaillement

pendant la période des opérations. Les règles qui servent de base à l'organisation et à la gestion des fabriques de conserves, à la création et à la quotité des approvisionnements, sont fixées par le ministère de la guerre.

Les matières premières (céréales, légumes, café, viande sur pied), sont achetées par les directeurs. Les produits transformés, consistent en biscuit, biscuit-viande, farine, pain pressé, conserves de viande et de légumes, tablettes de café.

Le bétail est, dès son arrivée, placé dans un petit entrepôt et conduit de là à l'abattoir. La viande débitée est rôtie puis passée à la vapeur, coupée et hachée à la machine dans des locaux ad hoc. Les conserves préparées, sont placées dans des boîtes de fer blanc hermétiquement closes, confectionnées dans un atelier annexe de ferblanterie.

Les graines et les légumes sont tout d'abord déposés dans le magasin à céréales. Ils sont remis au maître meunier au fur et à mesure des besoins du service courant. De puissantes meules sont utilisées pour la mouture du blé et la décortication des légumes secs.

Les farines de blé et de légumes sont passées à l'étuve, puis comprimées et mises dans des caisses ou des sacs. En outre, à Mayence, où il existe des pétrisseurs mécaniques, la farine de blé est utilisée pour la fabrication du biscuit. Huit fours chauffés à la vapeur servent à la cuisson des pâtons. Des machines à vapeur distribuent la force mo* trice dans toutes les parties de l'établissement ; de grande réservoirs d'eau, des chambres de frigorification, une usine à électricité, complètent l'installation.

En cas de guerre, les fabriques de conserves de Mayence et Spandau, seront puissamment secondées par les fabriques de conserves de l'industrie privée qui, depuis quelques années, ont pris un essor considérable en Allemagne.

Gestion par entreprise.

Le recours à l'entreprise ne s'applique, en Allemagne, qu'à la fourniture des vivres et du fourrage dans les petites villes de garnison dépourvues de magasins administratifs.

CHAP. IX

Des marchés sont également passés avec des entrepreneurs :

Pour la distribution des repas réglementaires dans les stations halte-repas du temps de paix ;

Pour la mouture du blé, à défaut de moulins militaires;

Pour la transformation de la farine en pain, dans les localités où il n'existe pas de boulangerie de garnison.

Les marchés sont passés avec les entrepreneurs par les fonctionnaires de l'Intendance.

Constitutioii des approTisionnements dans les magasins administratifs.

Répartition et emploi des crédits. — D'après les situations fournies par l'Intendance et le chiffre prévu de l'effectif à entretenir, le Département de l'administration de l'armée, Section des subsistances, établit le projet des crédits à demander au Parlement pour assurer 1 exécution du service des subsistances.

Le chapitre 25 du budget de la guerre (1) consacré tout

(1) Crédits alloués en 1902 pour le service des subsistances (Chapitre 25).

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