‹ L'armée allemande; étude d'organisationChapitre 30 sur 192 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Le coDtingent versé tous les ans dans l'armée par application des prescriptions de la loi de recrutement comprend :

Des hommes ayant à faire un an de service (dans le train), deux ans (dans les armes autres que la cavalerie et l'artillerie à cheval), trois ans (dans ces deux dernières armes).

La durée du service sous les drapeaux est donc différente suivant qu'au moment du conseil de revision le jeune homme a été affecté à Tune ou l'autre des différentes armes, mais cette inégalité est admise en Allemagne sans protestation.

En plus du contingent fourni par la classe, on trouve encore dans les rangs :

1® Des engagés volontaires entrés au service avant Tâge légal, Freiwillige ;

2® Des engagés volontaires, Fahnenjunker, qui se destinent à la carrière d'officier ;

3® Des engagés volontaires d'un an, Einjàhrig Freiwillige ^ qui, plus tard, seront une. pépinière d'ofGciers de réserve;

4® Des rengagés, Kapitulanten.

Hommes provenant du contingent.

Dès leur arrivée au corps, qui a lieu dans la première quinzaine d'octobre, les hommes de recrue sont répartis en escouades, complètement séparés des anciens soldats, et

confiés à des sous-officiers, chefs d*escouade, uniquement chargés de leur instruction.

Serment au drapeau. — Le premier acte militaire de tout homme entrant au service, est le serment au drapeau. Environ quinze jours après leur arrivée au corps, après qu'on leur a expliqué et appris les principaux articles du code pénal militaire, les jeunes soldats sont préparés à Timportance du serment qu'ils vont prêter par une allocution de Taumônier militaire. La cérémonie se passe, autant que possible, dans un édifice affecté au culte ; le drapeau y a été apporté et les jeunes soldats jurent à leur souverain de le servir fidèlement et loyalement, sur terre et sur mer, en temps de paix comme en temps de guerre ; d'obéir à tous les ordres qui leur sont donnés et de se comporter toujours comme des soldats braves, honnêtes et dévoués.

Lorsque le nombre des hommes qui doivent prêter serment n'est pas trop considérable, ils le font en touchant d'une main le drapeau : s'ils sont trop nombreux, ils se contentent d'élever la main droite et de prononcer la formule de fidélité au souverain.

C'est par ce premier acte, déjà imposant par lui-même et dont on rehausse l'éclat par le cérémonial dont on l'entoure (l'Empereur lui-même, préside au serment de fidélité des recrues du corps de la garde), que le jeune soldat commence sa vie militaire.

On s'efl^orce ainsi d'entretenir, chez les jeunes soldats, des sentiments de religion et de fidélité au souverain. C'est dans le même ordre d'idées que les règlements prescrivent des prières du matin et du soir pour tous les postes, au moment du réveil et de la retraite, et l'obligation de conduire, autant que possible une fois par mois, les soldats à une cérémonie de leur culte.

Les jeunes soldats ne peuvent pas sortir isolément aussi longtemps qu'ils ne sont pas à même de connaître les insignes des divers grades, et de rendre les marques extérieures de respect réglementaires.

I£S HOMMES Dfi TROUPE. 107

Lear existence se passe dooc uniquement à la caserne pendant plusieurs semaioœ, les diuianches sont utilisés à les faire promener dans k igandsou par leurs gradés, pour leur Caire cooiiaître la yîUe, les Jogemeots des officiers, etc.

D'ailieurs, pendant toute la durée de rinstruction des recraes, jusque vers le mois de mars, les jeunes soldats sont saffisammeat occupés, depuis 5 h. ij2 du matin jusqu'à I heures du soir, pour n'avoir^ pour ainsi dire, aucun inomeDi de liberté.

Ce n'est qu'après l'inspection des recrues qu'ils cessent d'élre spécialement encadrés et que l'uuité est normalement coGStituée.

Nous aHoos résunaer hrièvemeut la situation matérielle des tKMnmes de troupe.

HatUite^eni. — Le soldat allemand est ricbement doté eu effets d'habillement. Il n'existe pas de pnescriptioas réglementaires fixant le nombre des collections à entretenir pour chaque iiomme, mais dans certains corps ce nombre de collectîoQs s'élève jusqu'à âx. A titre d'exemple nous donnons la oonposition des collections entreieuues :

a) Par un corps qui n'est pas stationné dans une grande TÎUe : 1* collection de goerre; 2^ collection de parade; 3® collection de réserve (pour les revues) ; 4® collection pour le service de pkce; £* collection de ville; 6^ collection d'exerdce.

b) Bar les corps stationnés dans une grande ville : i* coUectioa de guerre ; 2P collection de parade ; ^^ collection pour le service de pkce; 4^ ooilectiou de ville; S^ collection d*exercice.

Ces coUections compresnent tous les effets d'IiabiUement, sauf le manteau qui ne figure que dans trois ou quatre coilectioos^ il en est de même des effets de grand équipement.

Les hommes n'ont pas, bien entendu, ces diverses collections entre leurs mains, ils eu ont deux ou trois au maximum, les autres sont déposées au magasin de l'unité. Ce n'est que par des moyens spéciaux et à force d'économies et de soins

108 CHAP. m. — LES HOMMES DE TROUPE ET LES CADRES.

que les capitaines arrivent à entretenir un nombre de tenues aussi considérable ; une collection, qui a été mise pour un service particulier, est réintégrée au magasin aussitôt le service fini. Ainsi, par exemple, les tenues, que les troupes portent à la parade précédant les manœuvres impériales, sont expédiées aux corps et réexpédiées dans les garnisons par chemin de fer. Aussitôt la parade finie, les troupes reprennent leur tenue d'exercice, et il faut éviter de juger l'habillement des troupes allemandes d'après ce qu'elles portent aux manœuvres.

L'autorité militaire a conservé la diversité des uniformes, surtout dans la cavalerie. Celte mesure n'a pas peu contribué à entretenir l'esprit de corps : certaines tenues brillantes, surtout celle des hussards, sont particulièrement recherchées par les jeunes gens que leurs goûts entraînent vers le métier militaire ; aussi les engagements volontaires y sont-ils plus nombreux qu'ailleurs.

Logement et couchage. — Les conditions dans lesquelles se trouvent logés les hommes varient évidemment beaucoup, suivant qu'ils occupent d'anciennes casernes ou des' bâtiments nouveaux.

Dans ces derniers on se rapproche généralement du type suivant :

Les bâtiments destinés aux hommes de troupe sont construits, la plupart du temps, pour un petit nombre d'unités, deux compagnies par exemple; un mur transversal divise le bâtiment en tranches verticales. Chaque unité dispose ainsi d'un casernement absolument séparé. Le sous-sol, carrelé en briques ou bitumé, sert de magasin, cave, etc.; les chambres des hommes s'ouvrent sur un large corridor prenant jour sur l'une des façades du bâtiment et qui peut être utilisé pour les théories et le nettoyage des effets. C'est également dans ce corridor que se trouvent les armes et généralement tous les eETets en cuir.

En principe il n'y a pas de logements d'hommes au-dessus des écuries. Les chambres sont ordinairement aménagées pour dix à douze hommes.

Chaque soldat possède une petite armoire fermant à clef, dans laquelle il doit enfermer tous ses effets : Tameublement se compose comme partout ailleurs de tables, bancs ou escabeaux avec le matériel d'éclairage et de chauffage nécessaire.

Comme couchage, chaque homme est muni des effets ci-après :

Un châlit en fer à fond de bois (deux châlits sont superposés de manière à former un lit à deux étages), une paillasse, un oreiller en paille avec taie^ une paire de drap ; deux, et en hiver trois couvertures de Idne.

Nourriture et cantines. — L'alimentation allouée en nature comporte trois repas avec une ration de 750 grammes de pain ou de 500 grammes de biscuit par jour.

Les repas du matin et de midi sont toujours des repas chauds, celui du soir peut être ou chaud ou froid, notamment en été, et dans ce cas il peut être préparé et distribué peu après le repas de midi. Les jours de fête ou en cas d'exercices se prolongeant au delà de Theure du repas de midi, celui-ci et le repas du soir peuvent être réunis en un seul repas plus substantiel.

Telles sont les prescriptions du règlement sur l'alimentation en temps de paix.

L'ordinaire, qui se fait par bataillon dans l'infanterie, par régiment dans la cavalerie, et par groupe dans l'artillerie, fournit au soldat les trois repas réglementaires qui sont en général du type suivant :

Le matin : café (avec ou sans lait), ou soupe;

A midi : légum^ et viande ;

Le soir : ou repas froid (fromage ou charcuterie) ; ou un repas chaud (pommes de terre en robe de chambre avec hareng ou charcuterie).

Les repas sont pris en commun dans des réfectoires, situés à proximité des cuisines, la distribution des aliments se fait individuellement, chaque homme venant les chercher dans un récipient en faïence, et l'on veille à ce que leur répartition soit aussi égale que possible.

C'est sealement depuis 1899 qme le soldat reçoit ua repas dn soir : anparavsDt il était obKgé de Tassnr^ m moyeck de sa solde. Depuis 1899 cette dernière a été dimisraée d'une somme de 0 fir. 1635 (montant da prix dn repas dn soir), qui a été reportée au badget aa titre des subâtstances. Le soldat allemand touche actuellement dans l'infanterie 22 pfenoig par jour, soit & fr, 275. Sxet cette somme ii dait prélever

I achat et Teatretiefi des ustensiles composant à peu près notre sac de petite rnootare et des ingrédients de pffofureté.

II lui reste donc sur sa solde qq refiqnat assez appréciable, qui lui permet, si cela est nécessaire, d'acheter soit un supplément de m>iimture, soît de la bièra on nue boisson quelconque dans les cantines, existant dans les easernes.

Ces cantines scwft des institutions privées de chaque corps de troupe, sons rantorité supérieure du ehef de eorps. EUes sont d^fnées à fournir aux hommes de troupe, à un pcix très modique, des aliments et des boâsso4DS de bonne qualité, ainsi qu'un certain nombre d'objets d'un usage ooorant. Elles ne peuvent vendre qu*à des personnes faisant partie de Tarmée ; il est interdit aux familles des officiers, mariés d'y faire des achats*

Les cantines sont gérées de deux façons : soit par geslk>o directe, soit à l'entreprise, le chef de corps restant seul juge du mode de gestion à eroplojper. Dans la gestion didrecte,. une commission spéciale achète les diverses marchandises, fixe les prix et assure le débit. A la fin de diacpse exercice, elle établit un état comparatif des recettes et des dépenses, et les bénéfices sont employés en partie, è constituer ou à augmenter un fonds de réserve, l'autre partie sert à amâiorer la nourriture djg" Sg^Sf '^5^^??*,^^^^^^*®°'®^'

Dans la gostion mimj^^ïQS^^T^xi&aT (autant que poasiWe un sous-officier invalide) paye au corps, pour les droits d'expïoîtation, une certaine somme qui est répartie entre les sous-officiers et les hommes. Une commission ^xéciale surverl!e la gestion de Fentrepreneur en vérifiant la qualLié des denrées et en fixant les prix.

L'autorité militaire s'est efforcée de donner au soldat, par

cette organisation des cantines, le moyen d'améliorer sa nourriture et de se procurer des boissons à très bas prix. L'ordinaire est également très surveillé, et une des caractéristiques des cuisines et des réfectoires est leur parfaite propreté.

Le soldat allemand a Faspect bien portant, plutôt en chair que maigre, et quoique le bien-être ait augmenté en Allemagne, il paraît plus que probable que bien des jeunes soldats, en arrivant au régiment, y trouvent une nourriture supérieure à celle qu'ils avaient chez eux.

Engagés volontaires*

Engagés volontaires devançant T appel. — Il n'y a rien de particulier à signaler sur cette catégorie de soldats qui sont soumis au régime commun de la caserne.

Engagés volontaires se destinant à la caurière d'officier, — Ces jeunes gens, les Pahnenjimker^ autrefois dénommés Avaniageurs, ne partagent Texistence du soldat que pendant très peu de temps. Dans certains corps ils couchent pendant quelques semaines dans une chambre de troupe avec les autres soldats faisant partie de leur escouade ; dans d'autres corps ils sont immédiatement logés à part. Mais partout, au bout de peu de temps, on leur affecte des chambres spéciales où ils vivent entre eux, complètement séparés de la troupe. Ils ont un soldat ordonnance pour nettoyer leurs effets, et prennent leurs repas avec les officiers qu'ils sont tenus de fréquenter le plus possible, afin d'être jugés et appréciés par leurs futurs pairs.

Engagés volontaires d'un an. — Ils s'habillent et s'équipent à leurs frais, logent en ville, prennent leurs repas où ils veulent, mais sont tenus d'être d'une exactitude irréprochable dans leur manière de servir et leur tenue ; ils sont exercés à part par un cadre spécial ; leur instruction est l'objet de soins constants, car ils sont destinés à faire des officiers de réserve, s'ils font preuve des aptitudes nécessaires. Leur nombre est

d'environ 11,000 pour toute l'armée allemande; comme ils s'entretiennent et s'équipent à leurs frais, ils ne sont pas compris dans Teffectif budgétaire.

Rengagés.

Les rengagés non sous-officiers sont soumis au régime commun à tous les hommes de troupe. Les avantages qui leur sont faits consistent en une prime de 125 francs payable après le premier rengagement (1) et à une solde plus élevée, solde de KapUulant (rengagé) 0 fr. 525 par jour. Cette solde leur est accordée qu'ils soient simples soldats ou Gefreite. L'effectif budgétaire de ces i^engagés est d'environ 8,200 pour toute l'armée allemande. Ce chiffre peut être considéré comme un minimum, car le budget spécifie qu'il peut être dépassé à condition de laisser un nombre égal de vacances dans le chiffre budgétaire des Gefreite.

Les rengagés, dont nous venons de parler, sont en générai ceux qui se destinent à la carrière de sous-ofQcier ou qui ont l'intention de rester dans l'armée comme ouvriers, etc.

Nous trouvons à côté d*eux une autre catégorie de rengagés dont la création remonte à 1900. Ce sont les soldats de l'infanterie, de l'artillerie montée et du train, n'ayant à faire que deux ans de service et consentant à servir une troisième année.

Cette mesure était prévue dans l'article II de l'exposé des motifs de la loi militaire du 25 mars 1899, ainsi conçu :

« Les exigences toujours croissantes, résultant du service *de deux ans, imposent des fatigues excessives aux sous-ofQciers. Pour des raisons d'économie, on n'a pas voulu demander l'augmentation de leur effectif, mais il paraît nécessaire d'essayer, par un autre moyen, de diminuer la tâche qui leur incombe.

c( Ce résultat pourrait être obtenu si, dans les troupes où existe le service de deux ans, les hommes ayant les aptitudes

{\) La durée des rengagements est uniformément fixée à un an.

LteS HOMMES DE TROCPE. 113

nécessaires, consentaient à rester une troisième année sous les drapeaux. Ils pourraient, grâce à leur instruction complète, aider utilement les sous-ofûciers dans l'instruction des recrues. Comme compensation, on leur accorderait la même diminution de service dans les réserves que celle dont jouissent actuellement les hommes de la cavalerie et de Tartillerie à cheval (trois ans dans la Landwehr !•' ban, au lieu de cinq ans) ».

Le budget de 1900 comportait les crédits nécessaires pour assurer à ces hommes les avantages pécuniaires suivants, indépendamment de la réduction du service dans la Landwehr 1**' ban :

i° Une prime de rengagement de 62 fr. 80 ; 2* Un supplément de solde mensuel de 3 fr. 75.

Ces crédits avaient été demandés pour un total de 26,000 rengagés environ. Il est possible que, dans la suite, on atteigne le chiffre fixé ci-dessus, mais les crédits portés aux budgets de la guerre de 1901 et de 1902 ne sont alloués que pour 3,900 hommes.

La création de cette classe de rengagés spéciaux a une certaine importance : elle prouve que si TAllemagne a adopté provisoirement le service de deux ans pour les troupes autres que la cavalerie et l'artillerie à cheval, elle s'est rendu compte en même temps de la nécessité qui s'imposait de conserver sous les drapeaux, pendant un minimum de trois ans, un nombre d'hommes plus élevé. Ces anciens soldats formeront, avec les rengagés et les cadres subalternes, la base la plus solide de son armée.

Conditions d'aptitudes pour les différentes armes.

Nous terminerons en donnant les conditions d'aptitudes exigées pour l'affectation des hommes aux différentes armes.

Garde : minimum de la taille 1™,70 (exceptionnellement 1 "67), sans maximum.

Cavalerie légère de la garde : minimum 1",65, avec poids maximum de 70 kilogrammes.

Il faut que la moitié au moins des recrues de la garde, à rexceptioQ de ia cavalerie légère et des troupes de télégraphie, aient au moins 1»,7S.

Troupes autres que la garde

Infanterie et troupe de télé$rraphie.. .

Chasseurs

Cuirassiers et uhlans

Dragons et hussards

Artillerie à cheval

Artillerie montée

Artillerie à pied 1"*,67

Pionniers et troupes de eliemins de fer i«,fâ

Exceptionnellement (bateliers , flotteurs, mineurs) 4",57

Aérostiers !»,(»

Ëxceplionnelleœeot (ouvriers) 1 »,57

Train 4°»,57

fixeeptioonelleraeDt 1*,34

T«fH«

Tant*

mloima.

mtxfma.

Non prévue

Non prévue

Les autres aptitudes exigées sont les suivantes :

Garde. — On doit affecter à la garde les jeunes gens les mieux doués au point de vue de Tintelligence et de la conformation corporelle. Ils doivent de pins avoir cti une conduite exemplaire.

Chasseurs. — Doivent y être affectés les jeunes gens les plus agiles*

Cavalerie, artillerie à cheval, train. — Les jeunes gens ayant l'habitude du cheval et ne dépassant pas le poids' de 70 kilos pour la cavalerie lourde el TartîHerie à cheval, et 65 kilos pour la cavalerie légère.

. Artillerie montée et à pied. — On doit leur affecter des hommes robustes.

Pionniers et troupes de chemins de fer ^ — Choisir de préférence des ouvriers habitués au travail en plein air. Les jeunes

gens destinés aux troupes de chemins de fer doivent en outre pouvoir distinguer nettement les couleurs : vert, rouge, blanc, et connaître la langue allemande.

Aérostiers, — Hommes solides et adroits, ne pesant pas moins de 70 kilos.

Chasseurs à cheval. — Les recrues qui leur sont destinées doivent remplir les conditions exigées pour la cavalerie légère, avoir une grande habitude du cheval, une conduite exemplaire, une bonne vue, savoir bien lire et écrire Tallemand.

Troupes de télégraphie. — On ne doit leur affecter que des hommes intelligents que leur métier préparaît au service spécial de l'arme.

Service non armé. — Pour ce service (ouvriers, inûrmiers, etc.), il n'est exigé aucime condition de taille.

Soldats ordonnances (OfÛzierburschen).

Les officiers, médecins, payeurs, vétérinaires de corps d'armée et vétérinaires en premier ont droit à ua soldat ordonnance.

Ce soldat ne peut être choisi que parmi les hommes complètement instruits et ayant pris part à une mancBuvre d'automne.

Les ordonnances des officiers montés sont exempts de tout service ; quant aux autres, ils assistent à certains exercices ou manœuvres d'après les ordres des commandants de compagnie, etc., suivant leur degré d'instruction militaire.

Le règlement prescrit de convoquer dans les grandes garnisons les ordonnances des généraux et des officiers montés, deux fois par mois, d'après les ordres du gouverneur, pour un appel spécial au cours duquel on peut leur payer la solde, les soumettre à une visite médicale, leur faire une théorie ou instruction pratique. Cette réunion ne doit pas durer plus de deux heures.

Hiérarchie des sous-ofOlciers.

Les sous-officiers de l'armée allemande se divisent en deux catégories bien distinctes : ceux dits mit Portepee (avec dragonne), c'est-à-dire portant le sabre et la dragonne d'officier, et ceux ohne Portepee (sans dragonne), ayant le même armement que la troupe.

Les différents grades sont les suivants :

A. Sous-officiers avec dragonne :

\^ Feldwebel, sergent-major ou Wachtmeister^ maréchal des logis chef.

2** Vizefeldwebel (1) ou Vizewachtmeister, vice-sergentmajor, etc.

B. Sous-officiers sans dragonne :

3® Sergeant, sergent.

4® Unteroffizier^ sous-officier.

Remarquons en passant que le terme générique de sousofficier Unteroffiziery ' s'applique en Allemagne tout aussi bien à l'ensemble des sous-officiers qu'à la catégorie la moins élevée dans leur hiérarchie.

Il n'existe pas de règles de subordination entre les divers grades des sous-officiers, toutefois les règlements prescrivent que les sous-officiers sans dragonne doivent le salut militaire aux sous-officiers avec dragonne.

De plus, il est spécifié que le sergent-major est, même en dehors du service, le supérieur de tous les sous-officiers de sa

(i) Le grade de Vizefeldwebel n*a pas d'équivalent en France. Le terme le plus exact pour le désigner serait celui de Yice-sergent-major, mais cette dénomination n*ayant jamais été employée, on se servira dans celte étude du mot allemand Vizefeldwebel,

compagnie, et que tout sous-ofGcier chargé d'une mission ou d'un service, est, pendant tout le temps de leur durée, le supérieur des autres sous-ofBciers placés sous ses ordres.

Les emplois des sous-ofBciers sont nombreux et leur nomenclature complète n'offrirait que peu d'intérêt; nous nous bornerons à en citer les principaux, en les rangeant dans les quatre classes énumérées ci-dessus :

!'■• Classe : sergents-majors.

Feldwebel^ sergent-major des troupes à pied ; WachitneisteTy maréchal des logis chef; Unteraerzte, médecins auxiliaires (y compris les médecins volontaires d'un an) ; UrUerrossaerzte^ vétérinaires auxiliaires (y compris les vétérinaires volontaires d'un an) ; Oberfeuerwerker^ chefs artificiers ; Wallmeister^ sous-officier du service de construction des forteresses, assimilable à nos officiers d'adminisiratîon du génie; Zeugfeldwehel^ sergent-major du personnel des arsenaux ; Zahlmeisteraspirant, aspirant payeur, portant le sabre d'officier ; Stabshoboist^ chef de musique ; Stabshornist et Stabstrompeter, chefs de fanfare.

2« Classe : VizefeldwebeL

Vizefeldwebel^ dans les armes à pied ; Vizewachtmeister, dans la cavalerie ; Régiments Tambour^ Bataillons Tambour, SchirrmeisieTy Oberfahnenschmiede, tambour-major et tambour-maître, garde-magasin du irain, maîtres maréchaux ferrants, lorsqu'ils ont le droit de porter le sabre d'officier.

Les enseignes {Fàhnriche) ayant passé l'examen d'officier et portant le sabre et la dragonne d'officier, prennent rang avant les tambours-majors, immédiatement après les Vize^ feldwebel et les Vizewachtmeister.

3* Classe : Sergents.

Sergeant, sergent; Feuerwerker, artificier; Zahlmeister aspirant^ aspirant payeur (ayant moins de huit ans de services) et aspirant payeur surnuméraire ; Zeugsergeanty sergent du personnel des arsenaux ; Saniiàtssergeant, sergent

infirmier; Oberbœcker, chef boulanger de première classe; Hoboisten, Homisterij Trompeter^ etc., musiciens, clairons, trompettes, tambours-majors et tambours-maîtres, possédant le grade de sergent.

Les enseignes caractérisés [Charakterisierte Fdhnriche)^ c'est-à-dire portant la dragonne mais non le sabre d'officier, prennent le premier rang dans la classe des sergents.

4* Classe : sous-officiers

Unteroffizier^ sous-officier ; Oberjàger^ dans les chasseurs ; chefs boulangers, maréchaux ferrants, musiciens, clairons des bataillons de chasseurs et trompettes formant la fanfare de ces corps, etc.

.Les Gefreite.

Avant de traiter la question du recrutement des sous-officiers, il est nécessaire de parler des Gefreite qui sont les intermédiaires entre les sous-officiers et les hommes de troupe. Ce ne sont pas des gradés dans le sens absolu du mot; ils forment plutôt une classe supérieure, une sorte d'élite dans les différentes unités, compagnies, escadrons, batteries.

Les Gefreite n'ont pas droit au salut et n'exercent de commandement effectif que lorsqu'ils sont chargés d'un service ou d'une mission bien définie et pendant le temps de leur durée seulement.

Mais comme ils remplissent souvent les fonctions d'instructeur, de chef de chambrée, qu'ils peuvent éventuellement être chefs d'un petit poste ou remplacer dans le commandement d'une escouade un sous-officier absent, il en résulte qu'ils ont sur les hommes de troupe une action réelle.

Les Gefreite touchent une solde supérieure à celle de simple soldat.

Dans l'artillerie à pied on trouve outre les Gefreite, les Obergefreite, dont la solde est plus forte que celle des Gefreite, et qui sont intermédiaires entre les Gefreite et les sous-officiers.

RECRUTEMENT El^ ATANCEMENT DES CADRES. 119

Recrutement des sons-officiers.

Les jeunes gens qui se destinent à la carrière de sousofficier peuvent y arriver soit par les écoles de sous-ofBciers soit parla troupe.

Nous allons examiner successivement ces deux modes de recrutement.

1^ SouB-^fflciere provenant cfet éoo/es.

Le jeune homme désirant suivre la carrière de sous-offîcier peut entfer directement dans une école de sous-officiers ou passer d'abord par une école préparatoire de sous-officiers.

A. — Écolea préparatoires de soas-ofllclers (1).

Pour entrer dans ces écoles, il doit remplir Jes conditions suivantes :

N'être âgé ni de moins de IS ans ni de plus de 17 ans, avoir une bonne conduite, une bonne santé, savoir tire, écrire et connaître les règles de calcul. Un examen» que fait passer le commandant du district de Landwehr, décide de ladmission, concurremment avec les résultats d'une visite médicale.

Lorsqu'il est admis à Técole préparatoire, le jeune homme s'engage a entrer ensuite dans une école "de sous*officiers et à servir dans l'armée active, au delà du temps légal, le double du temps (compté par mois) qu'il aura passé à l'école préparatoire.

La durée des cours, dans cette dernière école, est de deux ans ; ils ont pour but de compléter l'instruction générale tout en commençant l'instruction militaire, au moyen de la gymnastique et de l'escrime à la baïonnette. Les élèves des écoles préparatoires ne font pas partie du personnel combattant.

A la fin de la deuxième année, les élèves passent dans ime école de sous-officiers, à moins qu'ils n'aient été jugés incapables de devenir sous-officiers.

(1) Voir également chapitre YI, Écoles préparatoires de soQS*officiers.

B. — Écoles de sooB-ofllolera (1;.

Outre les élèves provenant des écoles préparatoires, les écoles de sous-offîciers reçoivent aussi directement des jeunes gens remplissant les conditions suivantes :

Avoir au moins 17 ans et moins de 20 ans révolus, posséder un développement physique suffisant, justifier d'une conduite exemplaire, savoir lire et écrire correctement, avoir de bonnes connaissances en calcul. Un examen sur ces matières décide de l'admission.

L'entrée dans une école est subordonnée à l'engagement que prend le jeune homme de servir quatre années dans l'armée active après l'époque où il aura été versé dans un corps de troupe.

De quelque source qu'ils proviennent, les élèves des écoles de sous-officiers appartiennent au personnel combattant, ils touchent une solde, sont justiciables du code militaire et prêtent serment au drapeau. Ils portent la tenue de l'infanterie et sont désignés sous le nom de a fusiliers».

Le séjour à l'école est de deux ou trois ans ; en principe, les fusiliers sortant d'une école préparatoire, ne passent que deux ans dans les écoles de sous-officiers.

L'instruction militaire comprend l'étude approfondie de toutes les connaissances théoriques et pratiques que doit posséder un sous-officier.

A la fin des cours, les élèves sont versés dans des corps de troupe d'infanterie, d'artillerie ou d'infanterie de marine comme sous-officiers (exceptionnellement), comme Gefreite ou comme simples soldats. La cavalerie, les pionniers, les troupes de communications, le train et les bataillons de chasseurs ne reçoivent pas d'élèves de ces écoles. Leur promotion au grade de sous-officier est faite par les corps, au fur et à mesure des vacances.

Il en résulte qu'un jeune homme entrant dans une école préparatoire à 15 ans, passera dans une école de sous-officiers

(1) Voir également chapitre VI, Écoles de sous -officiers.

à 47 ans et pourra être versé dans un corps de troupe, comme sons-of6cier à 19 ans.

2* Sou8-offlcler8 sortant du rang.

Les sous-officiers sortant du rang peuvent provenir soit d^engagés volontaires (admis à partir de 17 ans), soit d'hommes de la classe (appelés à 20 ans).

Les recrues qui manifestent l'intention de rengager, ou qui paraissent posséder des aptitudes aux fonctions, d'instructeur sont, au printemps de chaque année, désignés par leur commandant d'unité (compagnie, escadron ou batterie), pour recevoir une instruction spéciale.

Le commandant de l'unité apprend ainsi à mieux connaître le caractère et les aptitudes des futurs sous-officiers ; il a tout intérêt à surveiller, d'une manière toute particulière, leur instruction, car chaque unité recrute ses cadres dans ses propres ressources.

L'instruction spéciale des aspirants sous-offlciers comprend deux parties distinctes : l'instruction générale et l'instruction militaire pratique.

L'instruction générale est donnée dans chaque bataillon, groupe, régiment de cavalerie, etc., par un lieutenant en premier, qui fait environ six heures de cours par semaine (1).

A la fin du cours, les candidats sont présentés au chef de bataillon ou au commandant du régiment.

L'instruction militaire pratique est donnée dans les compagnies et dirigée de manière que, lors de sa nomination, le sous-officier possède bien les connaissances suivantes :

École du soldat et du peloton. Le maniement d'armes doit être su pour ainsi dire littéralement.

Tir. Instruction du tireur, position du tireur, conduite du feu, matériel de tir, nettoyage et entretien de l'arme.

Appréciation des distances jusqu'à 1,000 mètres.

Service en campagne, particulièrement le service de sûreté,

(I) Voir chapitre VI, Écoles régira entai res.

122 CHAP. m. — LES HOMMES DE TROUPE ET LES CADRES.

les prescriptions pour les marches, canlonaements, et le service de chef de patrouille.

Service intérieur de la compagnie, entretien et nettoyage des effets.

Gymnastique : savoir exécuter parfaitement et enseigner les mouvements prescrits par le règlement sur la gyittnastique.

Ainsi qu'on le voit, la tâche la plus importante incombe au capitaine : de la bonne instruction et de l'éducation militaire données à ses candidats dépend la valeur de ses sous-officiers, car, à peu d'exceptions près, les gradés sont toujours choisis dans l'unité à laquelle ils appartiennent.

Aussi la sélection s'opère-t-elle rigoureusement, et ce sont les meilleurs aspirants sous-ofBciers qui sont d'abord nommés Gefreite, en général après une année de service.

Le jeune soldat engagé à 17 ans par exemple, peut donc être nommé Gefreiter à 18 ans, c'est-à-dire après un an de service, ce qui est le cas général.

Après avoir passé environ un an dans cette nouvelle fonction j et avoir fait preuve de caractère et de qualités d'instructeur, le Gefreiter qui a manifesté l'intention de rengager, est nommé sous-offlcier. Il peut donc arriver à ce grade à 19 ans, en admettant la limite inférieure d'âge, comme nous l'avons fait d'ailleurs pour les sous-officiers provenant des écoles.

Remarquons, une fois pour toutes, que dans les règlements concernant l'avancement des sous-officiers, etc., il n'est jamais fait mention d'une durée limite de service ou de position dans le grade précédent.

Aussi, en comptant qu'il faut deux ans à un jeune soldat pour arriver au grade de sous-officier en sortant du rang, nous avons pris une moyenne ; il est assez rare que la promotion se fasse plus tôt, elle peut être retardée par suite d'un défaut de place vacante.

Dans ce cas, on alloue au Gefreiter rengagé, jusqu'à sa nomination, la solde dite de Kapitulant (rengagé), qui est supérieure à celle de Gefreiter. Chaque unité (compagnie, escadron, etc.,) a droit organiquement à deux places donnant

RECRUTEMENT ET AVANCfEMENT DES CADRES. 123

droit à cette solde, mais il est spéciQé dans le budget que ce chiffre de deux peut être dépassé, sans limite fixée, avec la seule restriction pour Tunité de laisser vacantes un nombre de places égales de Gefreite. Les élèves des écoles de sousofSciers touchent la solde de rengagés dès leur arrivée dans un corps de troupe.

Tels sont, dans leurs grandes lignes, les procédés employés en Allemagne pour assurer le recrutement des 81,000 sousofficiers de son armée ; à part quelques rares exceptions, ils sont tous rengagés.

La majeure partie d'entre eux, environ 75 pour cent, se recnile dans la troupe, les écoles en fournissent 25 pour cent et à certaines armes seulement : Tinfanterie, rarlillerie, l'infaoterie de marine.

Cause de fa, double origine des «ous-o/Yfc/ers.

Les motifs qui ont provoqué le maintien en Allemagne des écoles de sous-officiers, dont la première, sise à Potsdam, date de 1825, et qui ont fait augmenter leur nombre, sont exposés dans le chapitre VI : Écoles militaires.

On peut les résumer ainsi qu'il suit, d'après une déclaration faite au Parlement en 1887 :

« L'armée ne manque pas de rengagés qui sortent des rangs de la troupe, mais on ne peut se passer des écoles de sous-officiers. Elles sont nécessaires pour combler les vacances que certains corps ne peuvent remplir avec leurs propres ressources, et pour assurer un recrutement suffisant des emplois importants de sous-officiers, tels que sergent-major, aspirant payeur, etc. »

Les écoles ne fournissent donc qu'un appoint, elles sont là pour parer à certaines éventualités, mais les sous-officiers sortant du rang sont en majorité, dans une- proportion d'environ 75 pour cent.

La valeur des sous-officiers sortant des écoles n'a jamais donné lieu à aucune critique, au point de vue des connais-

124 CHAP. m. — LES HOMMES DE TEOUPE ET LES CADRES.

sances militaires. Mais on leur a reproché, à diverses reprises, d'être trop jeunes pour exercer avec pondération le commandement, et de n'avoir aucune expérience de la vie. Sortant d'écoles où ils ont passé quatre années, ils peuvent à 19 ans être nommés sous-offlciers et avoir à exercer immédiatement, et sans y être sufBsamment préparés, un commandement dans un milieu qu'ils ne connaissent pas ; leur jeune âge les incite souvent à faire sentir leur autorité au moyen d'une sévérité excessive, et d'autre part leur inejçpérience des choses usuelles de la vie les entraîne parfois dans une existence hors de proportion avec leurs ressources. Il en résulte des manquements à la discipline, des dettes et souvent le jeune homme, entraîné par sa légèreté et son inexpérience, voit se fermer devant lui cette carrière de sous-officier qu'il avait eu tant de peine à atteindre. Aussi les capitaines sont-ils obligés d'exercer sur eux une surveillance spéciale ; non seulement ils ont à leur apprendre la pratique du commandement, mais en outre il faut qu'ils les surveillent en dehors du service, afin de les empêcher de briser leur carrière par une vie mal réglée. Us sont d^ailleurs utilement secondés dans cette tâche par les autres gradés de leur unité, car l'esprit de corps et le sentiment de la discipline sont deux qualités caractéristiques des sous-officiers allemands.

Il semble qu'on apprécie plus en Allemagne les sous-officiers sortant du rang, d'un âge pluâ avancé et par suite d'un esprit plus réfléchi, spécialement choisis par leurs capitaines qui ont eu le temps de les connaître et de les former.

Avancement des sous-offlciers.

Le jeune homme qui embrasse la cannère de sous-officier sait qu'en temps de paix il ne peut arriver au grade d'officier (1).

En cas de guerre, une action d'éclat peut entraîner la

(i) Sauf dans le corps des artificiers, des officiers des arsenaux et des officiers de construction des fortifications.

dispense de passer Texamen d'enseigne, une conduite brillante d'une manière soutenue devant Tennemi peut dispenser même de Texamen d'ofQcier.

Toutefois, même dans ce cas, les sergents-majors et enseignes peuvent seuls être proposés directement pour ofGciers, les autres doivent d'abord être l'objet d'une proposition pour le grade d'enseigne. Le chef de corps décide si cette dernière proposition doit entraîner ultérieurement une autre proposition pour le grade d'officier, ou si elle doit être restreinte au grade d'enseigne. Mais on doit toujours avoir le plus grand soin de ne pas introduire dans le corps d'officiers des éléments qui n'en seraient pas dignes; il faut pour cela attacher le plus grand prix aux qualités morales, jointes à des connaissances militaires complètes (1).

Aussi peui-on dire qu'en Allemagne, sauf le cas de guerre, le sous-officier ne peut arriver au grade d'officier.

Voyons quelle sera sa carrière dans la troupe en temps de paix.

Les prescriptions de Tordre de cabinet du 19 octobre 1899 sur l'avancement des sous-officiers sont les suivantes :

Tout sous-officier proposé pour l'avancement doit avoir mérité la confiance entière de ses chefs, soit dans le service, soit en dehors du service, et fait preuve d'une aptitude militaire complète.

Les nominations au grade de sergent et de vizefeldwebel se font à rancienneiéy par régiment dans la cavalerie, par compagnie ou batterie dans les autres armes. Si le sous-officier, appelé a être promu par son ancienneté, ne possède pas les qualités requises, on doit nommer le sous-officier qui le suit immédiatement. Toutefois, il faut éviter de sauter le tour

ii) Quelques sous-officiers remplissaut les conditions ci-dessus ont été nommés officiers pendant la guerre de 1870-1871, mais dès la campagne terminée, ils ont pris leur retraile pour occuper des positions civiles très ^lODo^ables que 1 État a mise à leur disposition. Ces nominations furent (failiears tr^ peu nombreuses.

126 CHAP. m. — IJES HOMMES DE TROUPE ET LES CADRES.

de plusieurs sous-ofBciers, sous prétexte qu'ils ne possèdent pas les aptitudes nécessaires.

Les nominations au grade de sergenl-major se font uniquement au choix.

Un «hef de corps ne peut, dans le but d'égaliser l'avancement dans les différentes compagnies d'un bataillon, nommer un sous^ofBciier dans une compagnie ou batterie autre que la sienne, ou le faire changer de compagnie sans le consentement des commandants de compagnie ou de batterie intéressés.

L^ancienneté des sous-officiers est comptée à partir du jour de la nomination au grade qu'ils occupent ; pour les sousofQciers nommés le même jour, on tient compte de l'ancienneté dans le grade immédiatement inférieur.

Les sergents-majors de la garde sont nommés par TEmpe^ reur, les sergents-majors des districts de Landwehr par les généraux de brigade, les autres sous-officiers par les chefs de corps.

Telles sont les dispositions de principe contenues dans le décret précité. On remarquera qu'il n'y est nulle part question de minimum de temps de service nécessaire pour passer d'un grade à l'autre. Mais on peut admettre qu'il faut en moyenne cinq à six ans de service au régiment pour passer sergent, -sept à neuf ans pour passer vizefeldwebel. Quant au grade de sergent-major, ce temps est très variable et peut s'étendre de six à douze ans.

Les chiffres ci-dessus s'appliquent aux sous-officiers faisant partie des cadres réglementaires de chaque unité.

Le décret spécifie en outre que, pour récompenser des services réels, on peut nommer, en sus des effectifs réglementaires, des sujets méritants : secrétaires, tambours-majors et tambours-maîtres musiciens, etc., aux différents grades de la hiérarchie des sous-officiers ; mais dans ce cas, la nomination est purement honorifique et ne comporte pas d'accroissement de solde.

Exception est faite cependant pour un certain nombre de vizefeldwebel qui peuvent être nommés dans les différentes

unités en plus da nombre réglementaire, pour y faire Je service d'of6cier, et qui louchent la solde de leur grade sur les écoDomies résultant des deux tiers de vacances qui peuvent exister dans le grade de lieutenant. Le nombre de ces sousofGcîers est fixé chaque année par une. circulaire ministérielle» Pour 1901 il est de 1384, en comptant, au maximum :

Par bataillon d'infanterie ou de chasseurs. 2 sous-officiers.

Par régiment d'artillerie à pied 2 —

Par bataillon de pionniers 3 —

Par bataillon du train 2 —

Il n'est pas prévu de nominations de ce genre pour l'artillerie de campagne, cette arme ayant ses cadres de lieutenants presque au complet.

Le nombre total des sous-ofQcîers de l'armée allemande est, en chiflFres ronds, de 82,000, savoir : 81,000 prévus au budget et un millier en sus des effectifs budgétaires. Parmi les premiers, on compte, en 1902, environ 1,160 aspirants payeurs, 6,630 musiciens, etc., 2,100 infirmiers.

III. — Situation des sous-officfers dans les corps et avantages de leur carrière.

Situation dans les corps.

Ainsi qu'on le voit, le nombre des sous-ofBciers est considérable. La situation qui leur est faite dans les corps et les avantages que présente leur carrière sont les suivants :

Lors de son premier rengagement, l'homme a touché une prime de rengagement de 125 francs ; lorsqu'il quitte l'armée, après un minimum de douze ans de service, le sous-officier reçoit une prime de 1,250 francs.

Ce sont là les seuls avantages pécuniaires que procurent

128 CHAP. m. — LES HOMMES DE TROUPE ET LES CADRES.

les rengagements, car tous les sous-ofBciers étant rengagés, la solde ne comporte pas de hautes payes successives et progressives : elle est la même dans chaque grade (I), quelle que soit l'ancienneté du sous-offlcier ; seules certaines fonctions spéciales comportent une indemnité s'ajoutant à la solde.

La tenue des sous-officiers est confectionnée avec des draps de troupe ; mais comme on remplace leurs effets avant qu'ils n'aient atteint la durée réglementaire, ils portent une tenue toujours très belle.

Tous les sous-ofOciers ont en principe des logements distincts de ceux des hommes ; ceux d'entre eux qui remplissent les fonctions de chefs d'escouade, couchent dans les chambres d'hommes, mais y occupent un emplacement isolé au moyen de cloisons ou de rideaux.

Les sergents logent généralement par deux dans une chambre, le sergent-major est seul. Les sous-officiers mariés occupent, en général dans l'intérieur de la caserne, des pavillons isolés où de petits logements très convenables sont mis à leur disposition ; le sergent-major a droit à deux pièces et une cuisine. Ceux qui ne peuvent, faute de place, loger à la caserne, reçoivent une indemnité de logement (servis) variable par garnison (2). Le couchage des sous-officiers diffère de celui des hommes en ce qu'ils ont un matelas et une paillasse au lieu d'une simple paillasse, et que leur traversin est en crin au lieu d'être en paille.

Les sous-officiers possèdent, par bataillon, un casino comprenant deux ou trois pièces, dont une salle à manger et une salle de billard ou de lecture, plus une cuisine. Us forment un ordinaire à part ; ils perçoivent habituellement leè denrées en nature, au taux de une fois et demie celui des hommes de troupe.

(1) Voir chapitre IX, Service des fonds et de la solde.

(2) Idem.

Les sous-officiers « avec portepee » n'ont pas besoin de demander de permission après l'appel du soir, les autres sous-ofRciers jouissent de la permission permanente d'une heure après l'appel.

Pour les permissions ne dépassant pas trois mois, tous les rengagés, sous-offlciers ou non, continuent à percevoir leur prêt.

Les sous-officiers ont droit à un homme de corvée pour nettoyer leurs effets, panser leurs chevaux et entretenir leur harnachement.

Les chefs de corps ne doivent pas perdre de vue, pour accorder une autorisation de mariage à un sous-officier, qu'il est désirable que ce dernier ne se marie que s'il a le grade de sergent. Ils doivent également veiller à ce que la position de la future soit en rapport avec la situation de sous-officier, et que le futur dépose dans la caisse du corps une somme de 375 francs comme provision en cas de maladie, accident, etc.

Les frais d'instruction des enfants des sous-officiers, comme d'ailleurs de tous les hommes de troupe, leur sont |iayés depuis l'âge de cinq ans jusqu'à quatorze ans révolus. Les médicaments nécessaires à leurs familles leur sont également délivrés gratuitement.

Tel est, dans ses grandes lignes, l'exposé de la situation du sous-officier dans un corps de troupe. Il peut rester au service aussi longtemps que son état de santé le lui permet. S'il quitte l'armée après douze ans, il a droit, en princi[)e, à un emploi civil et à la prime de 1,250 francs. S'il y reste plus de dix-huit ans il a droit à une pension de retraite.

Emplois dans les services de radministration militaire.

En dehors du service dans les corps de troupe dont nous venons de parler, les sous-officiers peuvent se créer une carrière différente sans quitter l'armée.

Après un certain temps de présence dans la troupe, et

130 CHAP. UI. — IiES HOMMES DE TROUPE ET LES CADRES-

moyeDDant certaines conditions d'âge et de capacité reconnues par des examens, ils peuvent entrer dans des corps spéciaux ou dans divers services de TadmiDistration militaire.

Commençant par les échelons subalternes, ils peuvent espérer arriver à la situation d'amployés supérieurs ; ils atteignent daifô certains cas un rang qui^ sans les assimiler aux officiers, leur assure du moins des traitements susceptibles de s'élever jusqu'à 5,000 francs, ainsi que des droits à une retraite diaprés des tarifs sensiblement égaux à ceux applicables aux officiers.

Ainsi les sous-officiers d'artillerie peuvent se destiner à la carrière d'officiers artificiers, ou de topographes du service géographique. Le corps des officiers d'arsenaux se recrute parmi les sous-officiers d'artillerie et d^infanterie, celui des officiers de construction des fortifications parmi les sousofficiers de pionniers.

Tous les sous-officiers peuvent concourir pour les emplois de payeur {Zahbneister) des corps de troupe et établissements militaires.

Enfin, l'accès des positions subalternes de l'intendance, comme secrétaires, aides-secrétaires, archivistes, leur est réservé; ils peuvent même arriver à la situation d'intendant en cas de mérites exceptionnels. Ils trouvent encore des positions dans les services suivants : administration de garnison, magasins et ateliers d'habillement, magasins des subsistances, hôpitaux militaires, constructions et entretien des fortifications, prisons militaires, établissements d'instruction, etc.

Emplois civils.

Enfin, lorsqu'ils n'ont pas voulu ou qu'ils n'ont pas pu entrer dans les divers services de l'administration militaire, les sous-officiers quittant l'armée après douze ans de service^ reçoivent un certificat leur donnant droit en principe à un emploi civil.

Les statistiques publiées à l'occasion de débats parteœeotaires, prouvent que la proportion des sous-officiers pourvus d'emplois civils, après l'expiration de leiafs douae années de

service, a'excède pas un tiers, malgré le grand nombre de places réservées aux soasH>fGeiers daos les administrations de TEmpire ou des Etats de la Confédération, y compris môme les administrations communales.

Une réglementation assez complexe, mais formelle, détermine ces emplois; nous la résumons aussi brièvement que possible.

Les em{dois de gendarme sont réservés aux sousH^fficiers après neuf ans de service, ceux d'agent de police après six ans de service seulement. C'est la seule dérogation au principe des douze années de service exigées, que Ton puisse relever.

Les places d'employés subalternes dans les administrations de l'Empire et des États de la Confédération, à rexcepticm des places dans le service des forêts, sont attribuées aux candidats militaires dans les conditions suivantes :

Doivent être réservées aux candidats militaires : les places de commis aux écritures et d'expéditionnaires, ainsi que celles qui ne nécessitent pas de connaissances techniques, dans toutes les administrations, ssmî la chancellerie de l'Empire, le ministère des aJBFaires étrangères, les ambassades et consulats.

Leur est également réservée la moitié au moins des places d'employés de bureau permanents ou temporaires, lorsque ces places n'exigent pas une instruqtion spéciale, dans toutes les administrations, sauf les ministères, ambassades et consulats.

Les fermiers des domaines nationaux, les fonctionnaires du service de la dette publique et d'autres administrations, qui doivent se procurer eux-mêmes leur personnel secondaire, sont astreints à choisir des candidats militaires.

Les administrations communales sont obligées aussi de réserver de préférence, aux anciens sous-officiers, les emplois dont elles disposent, sauf quelques exceptions peu nombreuses.

Les emplois réservés ne peuvent être attribués à des candidats civils qu'à défaut de candidats militaires reconnus aptes a ces emplois. :

Comme nous Tavons dit, un tiers environ de ces sous-ofTiciers parvient à obtenir un des emplois cités plus haut; les deux autres tiers conservent le titre qui leur a été délivré, constatant leur droit à un emploi, mais, par suite du manque de place ou de capacités sufGsantes, ils ne peuvent en faire usage et l'autorité militaire, après leur avoir délivré le titre, ne s'en occupe plus : elle est dégagée envers eux de toute obligation.

Elle a toutefois accordé aux sous-ofOciers admis à postuler un emploi civil, des facilités pour préparer leur admission à cet emploi.

C'est ainsi que les candidats sont autorisés, même avant l'expiration de leur temps de service sons les drapeaux, à faire un stage à l'administration dans laquelle ils désirent être employés; selon les emplois postulés, la durée du stage varie de six mois à un an, au maximum. De plus, pendant ce stage, le sous-officier candidat reçoit une allocation mensuelle qui s'ajoute à celle qu'il reçoit de l'administration civile, et dont le taux est fixé par des règlements spéciaux.

Pensions.

Les sous-officiers ont droit à une pension viagère dans les cas suivants :

!• En cas d'incapacité de servir, causée par le service, à partir de 8 années de présence sous les drapeaux, à titre de traitement d'invalide.

2^ A partir de 18 années de service, à titre de pension d'ancienneté.

Les tarifs de pension, les conditions dans lesquelles des secours viagers sont alloués aux veuves et orphelins des sous-officiers, sont indiqués au chapitre IX : Service des pensions militaires.

Les cadres subalternes dans les différentes unités.

Les difi^érentes unités, sont fortement dotées en cadres, ainsi qu'il résulte du tableau ci-après :

Feldwebel

COHrA«RII.

IBCADION.

.■ATTBB»

MORTiK.

4 ou 5 8 ou 9 12 à 14

18 ou 49

Viie-Feldwebol

^âbnrif h

Sergents

Soos-officiers

Gefreile (j compris les rengagés) . . .

Les foDctions des différents sous-offîciers peuvent être résumées ainsi qu'il suit :

Le Feldwebel ou Wachtmeister est Thomme de couGance du capitaine. Il doit surveiller constamment les sous-officiers et les hommes, aussi bien dans le service qu'en dehors du service, et doit être prévenu de tout ce qui se passe dans la compagnie, etc. II est Tinter m édiaire de toutes les demandes et de tous les comptes rendus adressés au capitaine; il communique chaque jour aux officiers les ordres donnés au rapport ; il est chargé de toutes les écritures, commande les tours de service et assiste à tous les rassemblements.

Dans les armes montées, il est chargé de diriger le service des écuries ; dans la cavalerie il a en outre à s'occuper du casernement ; il peut, sous sa propre responsabilité, se faire aider par un sous-officier dans ce dernier service.

Le Vize-Feldwebel ou Vtze- Wachtmeister remplace le sergent-major absent. Il est surtout chargé de l'instruction et peut suppléer un officier dans la surveillance des exercices et du tir.

Les fonctions suivantes : garde-magasin, Kammerunteroffizier ou Quartiermeister ; fourrier, Fourierunteroffizier ; sous-officier chargé des fourrages, Futtermeister ; sous-officier de tir, Schiessunteroffizte7\ sont confiées par le capitaine aux sous-officiers de son unité, qui lui paraissent les plus aptes à ces divers emplois.

134 CHAP. in. — LES HOMMES DE TROUPE ET LES CADRES.

Le sous-officier garde-magasin est chargé de tout ce qui concerne l'habillement et Téquipemenl. 11 reçoit les effets, les entretient et surveille les ouvriers de Tunité ; il a, en route, la surveillance du chargement des voitures régimentaires.

Comme les armes montées ne possèdent ni fourrier, ni sous-officier de tir, le garde-magasin est en outre chargé de boutes les perceptions de vivres et de fourrages: dans la cavalerie il a de plus la surveillance des armes et des munitions.

Le sous-offlcier garde-magasin touche, en plus de sa solde, une indemnité mensuelle de 3 fr. 75 dans l'infanterie, de 5 fr, 60 dans la cavalerie, de 4 francs dans rartillerie.

Le sous-officier fourrier est chargé de tout ce qui concerne le casernement et les vivres ; il reçoit et distribue aux hommes le pain, le chauffage, Téclairage et la literie. En marche, il est en principe chargé du logement; en manceuvre et en campagne, il reçoit et distribue les vivi^s, le fourrage, la paille et le bois de bivouac. Il touche par mois une indemnité de 3 fr. 75.

Le sous-officier chargé des fourrages est responsable de leur perception et de leur conservation ; il en fait la distribution et surveille les repas des chevaux.

Le sous-officier de iir tient les contrôles de tir et est chargé de la surveillance de tout le matériel de tir, des armes et des munitions. Il touche une indemnité de 3 fr. 75 par mois.

Les sous-officiers chefs (Tescouade. — Pour le service intérieur, la compagnie est divisée généralement en six escouades groupées en deux ou trois inspections, dont chacune est commandée par un officier.

Les sous-officiers chefs d'escouade, sont chargés de la sui^ veillance, dans le service et hors du service, des hommes (15 à 20) qui font partie de leur subdivision.

Ils sont responsables de la tenue, de Tentretien des effets, des soins de propreté.

Dans les armes montées ils ont également la surveillance des chevaux, et dans les batteries, celle du matériel.

Enfin il reste à dire un mot des cadres qui, sous la direction

d'un officier spécialement désigné à cet effet (eo général le plus jeune, dés qu*i( a acquis Texpérience nécessaire) sont employés à l'instruction des recrues. Ce sont les sous-officiers chargés des recrues, ReknUenanieroffixiere^ aidés de quelques Gefreite bons instructeurs. Le capitaine les choisit avec le plus grand soin, et Ton utilise la période comprise entre le départ de la classe et l'arrivée des recrues pour reprendre l'instruction de ces cadres, auxquels sont adjoints également un certain nombre d'anciens soldats aptes à cette mission.

Le service des sous-officiers employés aux recrues étant particulièrement chargé, ils sont dispensés de tout autre service (semaine, service de place ou de garnison).

Dans tout ce qui précède,. il n'a pas été question de l'enseigne {Fâhnrich) qui n'est pas assimilable aux autres sous-* ofHciers et ne compte dans leurs rangs que jusqu'au jour où il est arrivé à Tépaulette.

En résumé, si l'armée allemande possède un cadre solide de sous-officiers, pour ainsi dire tous rengagés, c'est plutôt par l'attrait d'une situation sûre et honorée que par des offres multiples d'avantages pécuniaires qu'elle l'a obtenu et qu'elle le conserve.

Le chemin de l'épaulette est barré au sous-officier, le grade de Feldwebel est le degré le plus élevé auquel il puisse prétendre. Au bout de douze ans de service il peut toucher sa prime de 1,250 francs, et recevoir un certificat donnant droit à un emploi civil; mais, qu'il obtienne ou non cet emploi, le Département de la guerre est dégagé de toute obligation envers lui. Il peut encore rester dans son corps et attendre la pension de retraite dont le maximum, 630 francs, lui est acquis au bout de 36 ans de service.

Il faut plutôt attribuer à l'esprit militaire de la nation allemande, au prestige du grade, le courant régulier des rengagements qai a permis, jusqu'à présent, de maintenir au complet le cor()s des sous-officiers. Respecté par la population, jouissant d'une autorité réelle et ayant à l'exercer, le sousoflîcier allemand peut, s'il sait éviter les entraînements, jouir

d'une existence presque toujours supérieure à celle des classes d'où il sort. L'esprit de devoir qui est inné chez lui, le fait apprécier non seulement dans le service, mais encore dans l'emploi qu'il a obtenu après avoir quitté l'armée. Il continue a y faire preuve des qualités qui le caractérisent : l'ordre et l'exactitude.

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