CHEFS DE MUSIQUE, MUSICIENS, MUSIQUES MILITAIRES
parmi les mieux cloués, sont envoyés chaque année, à TAcadéraie de musique de Berlin pour y recevoir, pendant trois ans, sous la direction de l'inspecteur de musique, une instruction spéciale afin de pouvoir arriver à Temploi de chefs de musique.
Ils louchent un supplément de solde de 225 francs par an. Ces musiciens doivent avoir au moins trois ans de service, être célibataires et âgés de 25 à 27 ans; ils doivent en outre s'engager à servir deux ans dans l'armée active pour chaque année passée il TAcadémie.
Les chefs de musique, Stabshoboisten ou Stabstrompeter ont le rang de sergent-major, mais ne touchent que la solde correspondant au grade de Vizefeldwebel.
Après quinze ans de service, leur solde (616 fr. 50 dans Imfanterie et les bataillons de chasseurs, 639 francs dans les autres corps) est augmentée d'une indemnité spéciale de 225 francs, et croît progressivement pour atteindre 825 francs à 29 ans de service, et un maximum de 1,125 francs à 35 ans.
Leur uniforme est en drap plus fin et de coupe plus soignée que celui de la troupe, il portent, au lieu du nid d'hirondelles, des pattes d'épaule rigides en tresses de laine, de la couleur distinctive du corps, et une ceinture bordée de galons d'or ou d'argent, suivant la couleur des boutons.
Les fonds de la musique sont alimentés dans les corps :
!• Par une allocation budgétaire fixe, gérée au titre du service de Thabillement, destinée à l'achat des instruments, et s'élevant à 1,500 francs par régiment d'infanterie, 500 francs pour les autres corps ;
1^ Par la solde des musiciens titulaires manquants (vacantes, permissions sans solde, etc.), solde payée intégralement par l'État, que le corps de musique soit complet ou non;
3* Par des versements volontaires effectués par les officiers, au moyeu de cotisations fixées au prorata du grade;
4*» Par une partie des bénéfices réalisés par la musique, lorsqu'elle joue chez des particuliers.
142 CilAP. UU — LES HOMMES DE TROUPE ET LES CADKES.
Le fonds de mosique sert à TentretieD des instruments, des partitions, etc., et au payement de primes aux musiciens.
En dehors du service, il est permis aux musiciens de se mettre en tenue civile lorsqu'ils doivent aller jouer chez des particuliers ; ils peuvent s'éloigoer jusqu'à 15 kilomètres de leur garnison, et ne sont tenus de demander une permission que lorsqu'ils s'éloignent à une distaoce plus coosidérable.
Les propriétaires de brasseries, restaurants, etc., demandent très souvent le concours des musiques tout entières ; ils les payent assez cher (à Berlin, le prix d'une soirée est d'environ 250 francs) et ces ressources jointes à celles que peuvent se procurer les musiciens, en allant jouer isolément ou en donnant des leçons, assurent aux musiques militaires un recrutement facile.
VF. — La Cendarmerle.
lia gendarmerie territoriale.
La gendarmerie territoriale {Lcmdgendarmerié) constitue, dans les différents États allemands, des corps spéciaux dont le rôle est de veiller à l'exécution des lois et des ordonnances relatives au maintien de la tranquillité publique, de la sécurité et de l'ordre.
Ces corps sont organisés militairement et dépendent, au point de vue de la discipline, des divers ministères de la guerre (i); au point de vue de leur service et de leur emploi ils relèvent des ministères de l'intérieur, au budget desquels ils figurent.
Prusse, — A la tête de la gendarmerie prussienne est un officier général du rang de général de l'infanterie et portant le titre de chef de la Landgendarmerie.
(i) La gendarmerie saxonne fait exception ; voir .pla& Joift. . .
LA OENBARMERIB. 143
Le corps comprend : 69 officiers dont :
43 brigttdiers (12 chefs de légion et 1 adjudant), 56 offiders de distriet,
et, en chiffres ronds, 8,000 hommes de troupes, dont, environ :
40 (eodarmes à pied secrétaires, 390 Oberwachtmeister (montés), ' 1870 gendarmes à cheval, 2700 gendarmes à pied.
Le nombre des officiers est relativement très faible par rapport à celui des hommes de troupe; ils constituent, comme nous le verrons plus loin, plutôt des inspecteurs des gendarmes de leur district que des commandants directs et permanents ; ils proviennent tous d'officiers de l'armée active.
Les gendarmes se recrutent parmi les sous-officiers de Tarmée remplissant les conditions suivantes :
Compter neuf ans de service, avoir une conduite irréprochable, être capable de rédiger d'une manière intelligible, connaître les quatre règles ; les candidats ont à subir un premier examen devant l'officier de gendarmerie de leur district ; ils reviennent à leur corps et, en cas de succès, sont appelés à faire un stage de six mois comme aspirant gendarme. Au cours de ce stage, ils sont inspectés plusieurs fois par mois par rOberwachtmeister, et aussi par l'officier de district et le brigadier; ils peuvent être renvoyés à leur corps, soit sur leur demande, soit pour incapacité ou mauvaise conduite.
Vers la fin du stage, l'officier de district, après s'être renseigné auprès des autorités civiles sur la manière de servir du candidat, lui fait subir un deuxième examen écrit et oral, portant principalement sur les instructions concernant le service de la gendarmerie.
Le chef de la gendarmerie prononce l'admission définitive, d^ajH'ès les compositions et le dossier du candidat.
Les Oberwachtmeister sont pris, au choix, parmi les gendarmes.
Le personnel de la gendarmerie est réparti entre douze bri-
144 CHAP. m. — LES HOMMES DE TROUPE ET LES CADRES.
gades, correspondant en général à une des provinces prussiennes ; elles sont elles-naênies divisées en districts. Ceux-ci se subdivisent à leur tour en escouades (Beritté)^ commandées par des Oberwachtmeister, et en zones de tournées {Patrouillenb€zirke)y comprenant un nombre variable de gendarmes à pied ou i cheval.
La subordination du personnel de la gendarmerie est double : d'une part il relève de l'autorité militaire, d'autçe part son service le met en relations constantes avec les autorités civiles.
Les gendarmes font partie du Soldatenstand^ et ont par conséquent les droits et les obligations du soldat ; en particulier ils sont justiciables des tribunaux militaires. Leurs chefs militaires ont seuls sur eux pouvoir juridique et disciplinaire, aussi sont-ils tenus, au cours de leurs tournées d'inspection, de se renseigner auprès des autorités civiles sur la manière dont les gendarmes remplissent les devoirs de leur charge ; chaque mois, les Oberwachtmeister adressent à leur commandant de district un rapport de service. Malgré son organisation militaire, la gendarmerie n'est pas subordonnée aux commandants de corps d'armée ou aux autres offlciers généraux de la région de corps d'armée.
Les simples gendarmes ont rang de sous-ofBcier, ils doivent le salut aux ofGciersde l'armée.
Leur tenue est du modèle général de Tinfanterie, mais avec les teintes suivantes : tunique vert foncé, collet et parement bleu de ciel, passepoils ponceau; les pattes d'épaule portent en rouge le numéro de la brigade.
Le casque, du modèle de l'infanterie, est garni de l'aigle des grenadiers ; le pantalon et le manteau sont, suivant le cas, du modèle de l'infanterie ou de la cavalerie.
L'armement comprend la cambine et le sabre-baïonnette pour les hommes à pied ; le sabre et le revolver pour les gendarmes à cheval.
Ces derniers doivent se remonter à leurs frais ; ils reçoivent à cet effet une indemnité, qui sert à alimenter une masse individuelle de remonte.