LE CABINET MILITAIRE DE L'EMPEREUR
D'après TÂnDuaire de 4902, la Maison militaire comprend, comme ofBciers remplissant leur service auprès du souverain :
1 général de Tinfanterie ;
2 généraux-lieutenants ; i général-major;
1 lieutenant-colonel; i major, i capitaine ;
2 officiers de marine.
La gendarmerie du corps [Leibgendarmerie) et la compagnie des gardes du chftteau, composée uniquement de vieux sous-officiers, font également partie de la Maison militaire de l'Empereur. Les premiers servent au service de plantons, d'estafettes, etc., les seconds sont destinés à la surveillance et à la garde des châteaux et jardins royaux.
Le Cabinet militaire de l'Empereur. é
Le chef du Cabinet militaire est l'agent immédiat de l'Empereur. Sa mission consiste :
1® A présenter au souverain les rapports sur les questions militaires confiées à son examen, ainsi que les propositions faites par les commandants de corps d'armée sous forme de comptes rendus ou d'états de demande ;
2® A établir tout le travail relatif au personnel des officiers (promotions, mutations, sélections, mises à la retraite, etc.).
Cette partie des attributions du chef du Cabinet militaire est particulièrement importante dans un pays où il n'existe pas de loi sur l'avancement, et où le souverain seul dispose du droit de nomination sur tout le corps d'officiers.
Ce simple énoncé des fonctions du chef du Cabinet militaire montre combien ses fonctions sont délicates ; elles exigent un grand tact, l'esprit de précision et une suite constante dans les idées.
Avant 1883, le chef du Cabinet militaire était en même
temps chef de la section du personnel au ministère de la guerre. A cette époque, le général von Albedyll, qui occupait cette fonction depuis de longues années, ne put en raison de son ancienneté être placé sous les ordres du nouveau ministre de la guerre Bronsart von Schellendorf. Aussi, par décision du 8 mars 1883, les deux jorganes furent séparés sans que pour cela la section « des affaires personnelles » fût supprimée au ministère de la guerre. Cette séparation fut maintenue lorsque le général von Albedyll quitta son poste en août 1888, pour être remplacé par le général von JHahnke, qui resta jusqu'en 1900 titulaire de l'emploi.
On voit par cet exemple que le partage des attributions entre le chef du Cabinet militaire, rapporteur des affaires auprès du roi, et le Ministre de la guerre, responsable devant le Parlement, n'est pas exactement tranché ; cette dualité a parfois provoqué des froissements réciproques.
Déjà avant 1870, de retentissants démêlés s'étaient élevés entre Roon et Manteulfel. En 1896, pareil incident se renouvela entre le général von Hahnke et le général Bronsart von Schellendorf; il donna lieu à de violentes polémiques de presse, et ne fut pas étranger à la démission du général Bronsart von Schellendorf.
La Gazette de Cologne émit à ce sujet, les réflexions suivantes : « Certaines gen§ croient que le Ministre de la guerre c< est tout puissant ; il paraît qu'il n'est pas maître dans sa « maison. Comment pareille situation peut-elle subsister dans « l'armée prussienne, qui se distingue plus que toute autre par « une délimitation exacte des attributions ? Il faut faire « remonter la responsabilité d'un pareil état de choses non « aux personnes, mais, l'histoire en main, aux institutions « elles-mêmes. Autrefois le Cabinet militaire était simplement « une section du ministère, et par cela même subordonné au u ministre. Des raisons exclusivement personnelles ont amené (( une séparation qui de temporaire est devenue permanente.»
Les attaques de la presse allemande contre le Cabinet militaire, à la suite de la démission du général Bronsart, furent si vives, que le Journal o/Jlciel de C Empire crut devoir y