POUR LA BATTERIE
A 4 PliCBS.
13 chevaux de trait.
13 id.
9 chevaux de selle.
5 jeunes chevaux.
4 chevaux.
44 chevaux.
(Les kriîmper restent disponibles.)
Les conducteurs commencent alors le travail par attelages, pour y habituer les chevaux jeunes ou difficiles.
2» Période d'été. — (Du 1««^ avril au départ de la classe.) Elle est consacrée à Tinslruction de la troupe, en même temps qu'à la continuation de Tinstruction individuelle. Certaines parties, qui n'avaient pu être enseignées pendant la période d'hiver, sont reportées à cette saison, par exemple 1c maniement du revolver, Tinstruction pour seller et harnacher donnée aux* servants, certains mouvements de Texécution de ia bouche à feu pour les conducteurs.
La période d'été comprend :
a) Les exercices de printemps (d'avril aux écoles à feu) ;
b) Les écoles à feu dans les camps d'instruction ;
c) La période comprise entre les écoles à feu et les manœuvres d'automne ;
d) Les manœuvres d'automne.
Les exercices de printemps sont :
Les manœuvres de la batterie dans l'instruction à pied ou de la pièce non attelée, les manœuvres de force, le tir au revolver, et surtout Tinstruction de conduite des voitures et de la batterie attelée.
L'instruction de conduite des voitures doit amener les conducteurs à faire tirer également les six chevaux de l'attelage à toutes les allures (i) et dans tous les terrains, à savoir arrêter, tourner et exécuter les mouvements d'avant-train dans les mises en batterie. Elle repose sur une bonne instruction à cheval des conducteurs, et l'opinion des artilleurs allemands est que, pour être complète, cette instruction exigerait une année ou deux périodes d'hiver (2).
L'instruction de conduite des voitures peut être comprise de deux façons :
(1) Vitesse des allures : pas, iOO mètres; (rot, 240 mètres; galop, 400 mètres ; dans les terrains difficiles ou sur un sol mou, la vitesse doil être moindre ; de même pour la marche en colonne sur les routes, le trot doit être ralenti.
(2) C'est là un des principaux arguments qui ont fait 'maintenir le service de trois ans pour les batteries à cheval.
INSTKUCnON ET RÈGLEMENTS. 511
Ea formant deux groupes séparés des conducteurs de première et de deuxième aaaée ;
- En mélangeant anciens et jeunes conducteurs en deux groupes, qui sont instruits soit en môme temps^ soit Tun après l'autre.
Cette seconde répartition paraît avoir la préférence en Allemagne ; elle permet de confier aux anciens les attelages de derrière ou les chevaux difficiles.
L'instruction de conduite des voitures dure, dans ces conditions, environ trois semaines pour chacun des groupes, soit au total un minimum de cinq semaines.
La manœuvre de batterie attelée (milieu de mai), réunit conducteurs et servants, soit théoriquement 25 à 30 conducteurs, 35 à 60 servants. Malgré les déchets qui peuvent se produire, ces effectifs sont encore trop nombreux pour que les batteries puissent instruire à la fois tout leur personnel, de là une répartition en deux groupes instruits en deux périodes, demandant au total cinq semaines.
En résumé, la batterie n'est complètement instruite que vers le milieu de juin ; les régiments qui partent aux écoles à feu au commencement de juin, doivent continuer, dans les camps d'instruction ou reporter à leur retour dans leur garnison, la fin de Tinstruction de batterie attelée pour l'un des groupes.
L'école de groupe, en tant que mouvements de manœuvre, est d'une simplicité telle qu'elle n'exige que peu de séances.
Nous parlerons plus loin des écoles à feu, au sujet de l'ins- • truction du tir ; nous dirons seulement ici que les batteries utiliseront leur séjour dans les camps d'instruction pour continuer la manœuvre d'artillerie, les exercices de pointage et d'appréciation des distances, le dressage des observateurs. Les hommes des réserves sont souvent appelés au cours de cette période ; ils servent à combler les vides laissés dans les batteries par les homines restés dans la garnison ou détachés pour le service du champ de tir, etc.
La période entre les écoles à feu et tes manœuvres d'au-
tomne est consacrée aux exercices tactiques de la batterie ou du groupe en terrain varié, aux manœuvres de la batterie ou du groupe de guerre, ainsi qu'à la continuation de l'instruction individuelle, et à la natation.
L'effectif des batteries est souvent réduit, à cette époque de Tannée, par des congés accordés pour les récoltes et les détachements nécessaires pour les jeunes chevaux, qui arrivent des dépôts de remonte et sont, jusqu'aux manœuvres d'automne en surplus de reffectif normal ; le temps est pris aussi par les inspections du matériel.
Nous avons déjà vu, au chapitre VII (§ Exercices ou manœuvres), les différents exercices que comportait, pour l'artillerie de campagne, le terme général de « grandes manœuvres » .
Aux manœuvres proprement dites, les batteries n'emmènent qu'une partie de leur personnel ; il est donc nécessaire d'établir un roulement, de manière que chaque homme assiste aux manœuvres au moins une fois au cours de sa présence sous les drapeaux.
Les hommes laissés dans la garnison sont employés aux travaux de nettoyage du casernement, ou d'aménagement des pistes, carrières, terrains de manœuvre, etc.
L'instruction d artillerie et la formation des pointeurs. —
Après cette vue d'ensemble sur la marche de l'instruction dans une batterie montée, pendant les deux périodes d'été et d'hiver, nous donnerons quelques détails sur la manière dont sont comprises :
L'instruction de la pièce non attelée (manœuvre d'artillerie) ;
La formation des pointeurs;
Les écoles à feu.
L'instruction de la pièce non attelée est commencée dès la première semaine de l'arrivée des recrues ; elle débute par une description des principales parties du matériel, de manière à faire ressortir Jeur utilité ; au bout d'une ou deux semaines
seulemeDty oq indique aux jeunes soldats la place occupée par les servants pour le service de la bouche à feu. L'instructeur exécute lui-même les principaux mouvements de la charge, du pointage, de la mise de feu, et les fait exécuter aux servants d'abord à volonté, puis sur son commandement.
Alu bout de deux semaines, le service de la bouche à feu est commencé; ou exige la correction absolue dans la position des servants autour de la pièce; la manœuvre est entrecoupée par des théories sur le matériel et par des permutations dans les servants, pour que tous puissent connaître les différentes fonctions.
Au cours de la sixième semaine d'instruction, les servants doivent être en état d'exécuter, sans interruption, les différents mouvements de la charge ; on est alors au milieu de la période d'instruction individuelle, l'officier chargé des recrues peut passer à ce moment une petite inspection, ayant pour but de placer tous les retardataires dans un groupe dirigé par un instructeur de choix.
A partir de la septième semaine, la manœuvre s'exécute avec du matériel d'instruction : les servants sont exercés à charger avec les différents projectiles, suivant la nature du feu ordonné, à les modifier pour les changements d'objectifs, etc.
Pour s'assurer de l'uniformité de l'instruction, TofGcier de recrues peut, vers la fin de la période d'hiver, réunir six pièces sous son commandement, et constituer une batterie tirant dans les circonstances les plus simples.
La formation des pointeurs doit attirer tout spécialement l'attention des instructeurs ; dès la première semaine ont lieu des exercices de pointage, dans le but de faire connaître les aptitudes des servants et de développer leur vue. Les servants qui, par suite d'une vue défectueuse ou imparfaite, d'un défaut d'intelligence ou d'un manque absolu d'instruction, sont impropres à recevoir l'instruction de pointage, sont exclus des exercices ultérieurs.
Ces premiers exercices ont servi à reconnaître les servants
qui pourront devenir pointeurs (1). Ceux-là seuls seroat pourvus de carnets de pointage, sur lesquels sont inscrits les résultats des pointages faits à chaque exercice.
Les futurs pointeurs sont seuls exercés au maniement des différents appareils de pointage (niveau, plaque de pointage, jalon de repérage), les servants non pointeurs continuent à être exercés au pointage au cours de la manœuvre d'artillerie, de manière à être en mesure de pointer une pièce aux faibles et moyennes distances. A partir de la sixième semaine, les pointeurs sont, si possible, exercés à pointer sur des buts en terrain varié et sor des buts de moins en moins visibles.
L'instruction se poursuit méthodiquement, avec plus ou moins de hâte, suivant la date du départ aux écoles à feu, de manière à augmenter peu à peu la rapidité dans le maniement des appareils et le pointage de la pièce, l'uniformité dans le pointage des différents servants.
Vers la fin de Tinstruction, les pointeurs sont conduits sur un terrain possédant des vues étendues, de manière à s'exercer au pointage aux grandes distances ou sur lueurs fugitives, ou sur buts en mouvements.
Pour stimuler l'émulation des pointeurs, on fait tous les ans, dans chaque batterie, deux concours, de pointage ; l'un à la fin d'avril (sur cibles), l'autre à la fin des écoles à feu ou aussitôt après le retour dans la garnison (sur buts indiqués par des lueurs). Les prix alloués sont :
Pour le meilleur pointeur.
Dans le
Daos le
|w concours.
2*eoiic«m
Fr. e.
Fr. c.
(I) D'après le Rù|>leiiieDl sur le lir, une batterie a besoin, pour ses six pièces, d*au moins 12 pointeurs ; pour atteindre ce nombre il est nécessaire de donner l'instruction de pointage à 14 servants de la plus jeune classe dans les batteries montées, à 10 servants de la plus jeune classe dans les batteries à cheval.
Des insignes de pointage distinguent les canonnière qui se sont fait remarquer comme pointeurs dans leur première année de service ; des insignes de tir (de huit classes différeoles) distinguent les sous-officiers et les hommes qui se sont fait remarquer par une habileté particulière dans le tir de guerre.
En outre, les hommes de la batterie qui a obtenu les meilleurs résultats de tir sur toute Tarme, portent au bras droit un insigne de métal dit Kaiser abzeichen (deux canons en croix entourés de branches de laurier) : la batterie et son commandant reçoivent en outre un souvenir de TEmpereur.
Les écoles à feu. — Les écoles à feu et les tirs en terrainvarié ont pour but de compléter Tinstruclion de tout le personnel des batteries, par l'exécution de tirs se rapprochant le plus possible des conditions de la guerre. Lès pointeurs, en particulier, doivent assister à tous les tirs de leur batterie.
Les tirs sont dits : d'instruction (dans la batterie) ou de guerre (dans la batterie, le groupe, le régiment).
Les tirs en terrain varié qui ont lieu en dehors des écoles à feu, ont l'avantage de placer la troupe dans des conditions et des circonstances atmosphériques variées : tel est le cas, par exemple, des tirs pendant l'hiver en temps de neige. Ils peuvent être exécutés soit comme tirs d'exercice, soit comme tirs de guerre, suivant qu'ils ont lieu ou non avant les écoles à feu.
Les écoles à feu sont faites en été dans les camps d'instruction, aux époques fixées par les commandants de corps d'armée. Leur durée, y compris le jour du départ et celui de l'arrivée, est de 18 jours d'exercice lorsque deux régiments sont présents au camp en même temps, ou de 24 jours lorsque trois ou quatre régiments s'y trouvent ensemble.
Elles se font squs la direction des chefs de corps, qui règlent la progression des tirs et la répartition des munitions, suivant le degré d'instruction des balieries et les problèmes à résoudre. Les programmes des tirs de guerre ne sont communiqués aux intéressés qu'au moment même de l'exéCat-ion des tirs.
Les commandants de brigade ont le droit d'assister aux écoles des régiments placés sous leurs ordres.
Lès tirs sont d'ordinaire limités au réglage, afin d'économiser les projectiles ; quelques tirs d'efficacité servent à montrer au personnel les effets du tir. Afin que chaque tir profite à l'instruction de tous, les officiers de chaque groupe doivent assister au tir des batteries de leur groupe, et les officiers des régiments aux tirs de groupe et aux tirs de batterie particulièrement intéressants.
Les tirs (Tinstt'uction . s'exécutent sous la direction des capitaines commandants, auxquels on doit laisser à chaque séance de tir un temps suffisant pour instruire leurs cadres à leur gré.
Les lieutenants de la batterie prennent alternativement le commandement; les premiers exercices sont consacrés à la recherche de la fourchette à différentes distances et sur divers buts, puis on passe à des tirs lents et fusants. Ces exercices permettent de vérifier la régularité du service dans le maniement des pièces et des munitions. Leur nombre doit être réduit au strict minimum.
Les tirs de guerre constituent la partie capitale de Tinstruction. Ils ont pour bases des situations tactiques simples; les problèmes à résoudre sont donnés au moment même, de manière à empêcher toute préparation anticipée. Des ordres nouveaux, l'apparition de buts au cours du tir, la mise hors de combat d'officiers ou de servants, etc., permettent de représenter les différentes phases du combat, ou d'introduire des difficultés de service.
Les tirs de batterie sont dirigés par le chef de groupe ; ceux de groupe soit par le colonel, soit par le chef de groupe.
Les tirs de groupe doivent reposer sur une situation amenant l'intervention du chef de groupe au cours du tir (changements d'objectifs, concentration des feux sur le point d'attaque, etc.) Des réglages sur buts voisins les uns des autres serviront à familiariser les commandants de batterie avec les difficultés d'observation.
Tous les tirs sont suivis de critiques^ qti doivent avoir lieu sur le champ de tir immédiatement après Texercice, en ce qui concerne la situation tactique, et seulement après l'établissement des bulletins de tir et des compte rendus des observateurs, en ce qui concerne le tir.
Autant le contrôle des différents coups doit être minutieux dans la critique des tirs d'instruction faits par le capitaine, autant la discussion du problème à résoudre, en raison de la situation tactique, prend de l'importance dans les tirs de guerre des batteries ou du groupe.
Nous terminerons en indiquant, dans le tableau de la page suivante, la répartition des diverses brigades d'artillerie dans les camps d'instruction pour les écoles à feu de 1902 (d'après Tordre de Cabinet du 25 mars 1902).
Les économies réalisées par les régiments qui séjournent aux camps d'instruction moins longtemps que ne le prescrit le règlement, restent à la disposition de ces corps ; elles serviront par exemple à exécuter des tirs en terrain vsurié.
Les régiments dont les lieux de garnison sont trop éloignés des champs de tir, sont transportés en chemin de fer, mais pour l'un des trajets seulement ; cette mesure a été appliquée en 1902 aux régiments n<>« H (Cassel), 19 (Erfurt), 47 (Fulda) (tous les trois du XI® corps) et 59 (du VIII® corps).
Dans tout ce qui précède, nous n'avons parlé que de l'instruction dans les batteries montées, en laissant de côté les batteries à cheval.
Dans celles-ci, en effet, l'instruction est grandement facilitée par le maintien du service de trois ans ; les recrues peuvent donc tous recevoir la première année la même instruction : celle de servant à cheval, et acquérir ainsi une habitude de l'équitation comparable à celle des cavaliers. Dans la deuxième année de service seulement, certains d'entre eux passent conducteurs, tandis que les autres se perfectionnent dans les fonctions de servant.
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