‹ L'Armée française en 1873Chapitre 17 sur 85 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

Quand une nation a subi de graves échecs militaires et que l'équilibre de ses finances est profondément dérangé par d'énormes charges subitement imposées , il devient nécessaire de réduire l'armée et de diminuer ses cadres d'après les ressources du pays. — La nécessité de rendre à l'industrie et à l'agriculture les bras qui leur manquent, s'impose avec une nouvelle force : sur ce point, les exigences de la politique, des finances et des intérêts privés sont immédiatement d'accord, et le gouvernement doit céder à des considérations devenues si impérieuses.

C'est ce qui est arrivé en France après la guerre contre la Prusse.

Dès le mois de mars 1871 , aussitôt après la signature de la paix, il a fallu licencier les soldats rappelés sous les drapeaux après leur libération légale, les engagés volontaires pour la durée de la guerre , et la garde nationale mobile. Pour ces hommes , ce n'était pas une faveur, c'était un droit. Aux termes de la loi, la guerre étrangère

seule et les circonstances urgentes permettaient leur appel; sa fin terminait leur service et prescrivait leur renvoi.

La guerre civile de la Commune n'a donc pu être soutenue que par l'armée régulière; toutefois, on voyait encore dans ses rangs des corps de marins et quelques bataillons de volontaires; ils ont été rendus , les uns à leurs services , les autres à leurs familles, à la fin de juin 1871.

L'état actuel de l'armée est celui de la paix; c'est le temps du recueillement et du travail. Le moment est venu d'apprécier froidement et sans passion les malheurs du passé, et d'étudier les ressources du jour présent pour éviter les mécomptes de l'avenir. Les terribles nécessités qui ont pesé sur le budget de 1872 subsistent encore; il n'est pas probable qu'elles soient modifiées de sitôt, à moins d'événements que nul ne peut prévoir.

Il faut donc accepter la situation telle qu'elle est, avec tristesse, mais sans arrière-pensée; ce point de départ permet de se rendre compte de la force actuelle de l'armée régulière et de sa répartition sur le territoire : tel est l'objet de la seconde partie de ce travail. Son accomplissement permettra de rechercher dans une troisième partie les moyens à prendre pour utiliser les forces dont on a pu évaluer plus haut toute l'importance.

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