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DEBARQUEMENT DES TROUPES

Si l'exiguïté des gares de départ a souvent contrarié la mise en route des troupes, que dire de l'exiguïté des gares d'arrivée? On a pu souvent parer à la première en répartissant entre plusieurs points le service de l'embarquement; il a été impossible de remédier à l'autre.

Quand un chef militaire s'est vu en présence de l'ennemi dans les circonstances les plus graves, sans pouvoir se servir de son artillerie, parce que les quais de débarquement n'étaient pas assez développés pour permettre sa mise à terre, il a le devoir de signaler un pareil obstacle.

C'est là, en effet, surtout et avant tout, ce qui a paralysé le mouvement des troupes de la manière la plus fatale.

C'est alors qu'on a pu compter les heures et déplorer leur cours trop rapide. Car l'encombrement au point d'arrivée remonte bientôt sur toute la marche, et vient se répercuter jusqu'au point de départ. Le matériel de transport, qui devait revenir à vide pour servir à de nouvelles expéditions, est retenu et manque, et le temps se prolonge au delà des limites nécessaires.

Que résulte-t-il de tous ces retards accumulés? On n'avait devant soi qu'un temps limité pour

exécuter le mouvement, il s'est écoulé avant qu'on ait pu atteindre son but, et la ligne n'est pas libre, comme on l'avait espéré.

Il devient donc impossible de s'en servir pour faire parvenir les ravitaillements en munitions, en vivres, en vêtements, en effets de toute nature; ils arrivent trop tard, et parfois n'arrivent pas du tout. C'est ainsi que le parc d'artillerie du 6e corps n'est pas parvenu à Metz, pas plus que celui du 13e corps à Mézières, et que ces deux corps d'armée se sont trouvés forcés de s'engager sans réserve de munitions ni de cartouches.

Devant ces terribles mécomptes, faut-il désespérer de la possibilité de l'emploi efficace des chemins de fer à la guerre? Non certainement. Quand on voit ce réseau immense qui s'étend sur toute la surface du pays, qu'on compte ces centaines de trains qui les parcourent journellement, ces milliers de wagons qui ravitaillent chaque jour des millions d'habitants, on reste convaincu que ce qui a manqué c'est l'adaptation sage , méthodique , intelligente des nouveaux moyens de transport aux nouvelles nécessités de la guerre. Les difficultés existent; elles sautent aux yeux de tous ; il faut préparer l'ensemble d'aménagements matériels, de règlements spéciaux, d'expériences pratiques qui les préviennent pour l'avenir; il faut assurer le fonctionnement régulier du ser-

vice, et après avoir décidé ce qui sera nécessaire, ne pas oublier de l'exécuter.

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