L'armée française en Italie
Sa Majesté l'Empereur Napoléon III a quitté Paris le mardi 10 mai 1859, à six heures du soir, pour aller prendre le commandement de son armée d'Italie.
S. A. I. le prince Napoléon, commandant le 5« corps, accompagnait S. M.
En débarquant à Gènes, le 12 mai, l'Empereur a adressé à ses soldats Tordre du jour suivant :
«Soldats!
« Je viens me mettre à votre tête pour vous conduire au combat. Nous allons seconder la lutte
d'un peuple revendiquant son indépendance, et le soustraire à l'oppression étrangère.
« Je n'ai pas besoin de stimuler votre ardeur : chaque étape vous rappellera une victoire. Dans la voie Sacrée de l'ancienne Rome, les inscriptions se pressaient sur le marbre pour rappeler au peuple ses hauts faits : de même aujourd'hui, en passant par Mondovi, Marengo, Lodi, Castiglione, Arcole, Rivoli, vous marcherez dans une autre voie Sacrée, au milieu de ces glorieux souvenirs.
« Conservez cette discipline sévère qui est l'honneur de l'armée. Ici, ne l'oubliez pas, il n'y a d'ennemis que ceux qui se battent contre vous. Dans la bataille, demeurez compacts et n'abandonnez pas vos rangs pour courir en avant. Défiez-vous d'un trop grand élan ; c'est la seule chose que je redoute.
« Les nouvelles armes de précision ne sont dangereuses que de loin ; elles n'empêcheront pas la baïonnette d'ère, comme autrefois, l'arme terrible de V infanterie française.
« Soldats, faisons tous notre devoir et mettons en Dit u notre confiance. La patrie attend beaucoup de vous. D^jà, d'un bout de la France à l'autre, retentissent ces paroles d'un heureux au-
gure : La nouvelle armée d'Italie sera digne de sa sœur aînée.