DIVISION DE CAVALERIE
\ eseadron de gendarmerie des chasses ;
2 régiments de cuirassiers;
1 régiment de dragons de l'impératrice ; 1 régiment de lanciers;
4 régiment de chasseurs; i régiment de guides.
corps mm nsivinomiÉs.
1 régiment d'artillerie à pied;
4 régiment d'artillerie à cheval ;
1 division du génie ;
1 escadron du train des équipages.
Le chef d'état-major de la garde impériale est M. Raoult, colonel d'état-major qui, dans la guerre de Crimée, remplit les délicates et périlleuses missions de major de tranchée avec tant de dévouement, qu'il fut, bien que simple lieutenant-colonel, nommé commandeur de la Légion d'honneur, distinction ordinairement réservée aux colonels et aux généraux.
Les chefs d'état-major des deux divisions d'infanterie étaient MM. Vaubert de Genlis et Reille, qu'une décision impériale du 23 avril dernier a fait passer comme aides de camp dans la maison militaire de l'Empereur. Ils ont été remplacés par MM. Thévenin de Tanlay et Besson,
La \ tê division, composée des grenadiers et des zouaves , est commandée par le général Mellinet, dont nous avons déjà parlé à propos des chasseurs à pied et de la légion étrangère. Ses.éminçnts services militaires en Afrique et en Orient sont bien connus des braves qu'il commande. C'est en s'é~ lançant à leur tête qu'il fut blessé en Crimée: sa voix les a guidés à l'ennemi ; et f secondé par les généraux de brigade Cler et Wimpfen, lisait que la division est prête à mourir pour la France et l'Empereur.
Le général Cler a commandé longtemps le 2 e de zouaves tant en Afrique qu'en Crimée: c'est uq de nos plus jeunes officiers généraux. A. la bataille de Traktir il soutint, à la tête de sa brigade, le choc principal de l'armée russç.
Le général Wimpfen avait été chef de bataillon aux indigènes; il passait avec raison pour être adoré de ces derniers. Le maréchal Saint-Arnaud lui fit quitter 1q 13 e de ligne pour le charger , au commencement de la guerre d'Orient, d'organiser le régiment de turcos qui a fait toute cette glorieuse campagne et qui s'y est si admirablement conduit.
Les deux premiers régiments de grenadiers, bien que récemment créés, ont déjà montré leurs aigles sur les champs de bataille. Le troisième a été presque entièrement formé sous les murs de Sébastopol. Les colonels d'Alton, Lenormand de Bretteville et Mettman ont été tous les trois en Crimée, le premier et le second avec les grenadiers, le troisième dans la ligne. MM. Lenormand de Bretteville et Mettman avaient d'ailleurs fait la campagne deBomarsund, le premier comme chef de bataillon de chasseurs à pied, le second comme lieutenant- colonel du 48 e de ligne. Le régiment de zouaves est actuellement commandé par M. Guignard, ancien lieutenant-colonel du 19 e : c'est un officier d'Afrique et de Crimée. Depuis le colonel jusqu'au pTus jeune soldat, on peut compter sur tous les hommes de ce beau régiment. Dans une de nos plus chaudes journées devant Sébastopol, le maréchal Pélissier, serrant la main à M. Jannin, qui commandait alors les zouaves de la garde, lui dit en lui montrant les lignes ennemies : « Avec ces hommes-là vous « pouvez passer partout; ce que je vous ordonne « est impossible, piais vous le ferez.» — «Certai- « nement, répondit M. Jannin gaiement. » Puis il ajouta : « Général, je ne vous dis pas au revoir. »
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Et le régiment partit aux cris de : Vive l'Empe-
La division de voltigeurs est commandée par MM. Camou, Manèque et Decaen, tous trois Africains et Griméens. M. Camou, chez qui l'âge n'a pas refroidi l'ardeur et le tempérament, est un militaire brillant et solide, tel qu'on en voit à chaque page de l'épopée impériale. Les soldats disent de lui : « C'est un rude troupier. » Ses officiers ajoutent : « Avec lui on peut avoir con- « fiance.» M. Manèque a fait longtemps la guerre. La carrière militaire de ii. Decaen présente cette particularité singulière que, lorsqu'éclata la dernière guerre, il était simple chef d'un bataillon de chasseurs à pied. Il est revenu de Crimée avec les épaulettes de général de brigade. A cela il est juste d'ajouter que M. Decaen a pris part à tous les événements de la campagne.
Les facilités de recrutement des voltigeurs ont permis, en élargissant d'ailleurs les effectifs, d'exiger d'eux les qualités d'une troupe modèle à tous les points de vue. Leurs colonels, MM. Mongin, Douay, Dubos et Montaudon s'étaient surtout fait remarquer à l'Aima, à Inkermann et à la
prise de Sébastopol. Les voltigeurs de la garde ont fait leurs preuves : une nouvelle bataille ajoutera à leur gloire; elle ne saurait rien ajouter à leur solidité.
Le bataillon de chasseurs à pied, aujourd'hui aux ordres du commandant Clinchant, a été l'un des corps les plus éprouvés: le 8 septembre 4855, il avait été spécialement affecté à l'attaque du petit Redan : il y perdit bon nombre de ses hommes et de ses officiers, et, parmi ces derniers, son chef, le commandant Comulier de Lucinière, enlevé à trente ans à une carrière que son mérite et sa bravoure lui promettaient belle et rapide. — Les chasseurs forment un bataillon redoutable, composé d'hommes alertes, vigoureux, braves et adroits tireurs.
. Le régiment de gendarmerie restp à Paris, Il détache seulement aux prévôtés des divisions actives de la garde une centaine d'hommes. Le lieutenant-colonel d'Eggs, du régiment, est investi du commandement de la force publique et des fonctions de grand-prévôt du corps. Il a sous
ses ordres les capitaines Guiraud, Maurice et Grémelin, qui occuperont les postes d adjoint au grand-prévôt et de prévôts divisionnaires.
M. d'Eggs a commandé en Crimée un des bataillons du régiment, qui s'est distingué à l'attaque du mont Sapone.
L'artillerie de la garde est commandée par M le général de brigade de Sévelinges, né en 1803, sorti de l'École polytechnique en 1824, général commandant de l'artillerie de la 5 e division militaire à Metz, le 21 mars 1855, et qui compte de magnifiques services en Algérie.
Il nous reste à ajouter quelques mots sur les batteries de la garde. Il nous suffira de rappeler que le 16 août 1855, à la bataille de la Tchernala, deux batteries (12 pièces), s'avancèrent, au milieu de la journée, sur une des hauteurs qui commandent le pont de Traktir, et vinrent se poster en fasse des masses profondes, de l'infanterie russe. Bien qu'en pleine portée des boulets ennemis, par la justesse et la rapidité de leur tir, elles convertirent en véritable déroute la défaite de l'armée assaillante. Ces deux batteries apparte-
naient à l'artillerie à cheval de la ^arde impériale. L'infanterie et l'artillerie de la garde impériale sont à la hauteur de leurs devanciers de la vieille garde du premier Empire. Une bataille avec les Autrichiens suffira pour l'écrire à jamais dans l'histoire.
Les aigles de la cavalerie de la garde n'ont pas encore vu le feu, bien que tous les hommes qui la composent soient d'anciens soldats éprouvés dans les guerres d'Afrique et de Crimée; La poudre va noircir leurs élégants uniformes, et c'est tout brunis parles travaux d'une campagne laborieuse qu'ils vont revenir victorieux. Leur général, M. Morris, a commandé la cavalerie de l'armée d'Orient. C'est un des meilleurs généraux de son arme : il a gagné tous ses grades en Afrique, où la cavalerie a tant d'occasions de combattre : dans la force de l'âge, vigoureux et plein de feu, le général Morris est en outre un manœuvrier de premier ordre. Son coupd'œil décisif ne le trompe jamais. A la bataille de Balaclava, c'est lui qui ordonna et combina la charge par échelons du 4 e chasseurs d'Afrique, charge qui opéra une si heureuse diversion et permit à lord Car-
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digan de rallier les débris épars de sa brigade.
Son chef d'état-major, M. Pajol, porte un de ces noms heureux qui signifient bravoure et dévouement.
Les trois généraux de brigade baron Marion [cuirassiers), Dupuch de Feletz (lanciers et dragons), et Cassaignolles [chasseurs et guides), sont de remarquables officiers : le premier a commandé en dernier lieu le 1 er carabiniers , les deux autres ont fait leur chemin en Afrique.
L'armée française va se mesurer de nouveau avec l'armée autrichienne : elle entre dans la lice avec calme , mais aussi avec une profonde confiance de sa force. L'armée d'Italie aujourd'hui est prête à la lutte comme celle qui partait du camp de Boulogne pour cueillir les lauriers d'Austerlitz. Le canon retentit déjà. La campagne de 4859 ne sera ni moins rapide ni moins glorieuse que celle de 1805, et c'est avec ceititude que nous pouvons répéter ce vers que nous avons pris pour épigraphe :
Où le père a passé, passera bien l'enfant.