‹ L'armée française en ItalieChapitre 4 sur 18 · TROISIEME CORPS · texte numérisé non relu

TROISIEME CORPS

S. Exe. le maréchal Certain -C a nrobert, est né en 4809 : il était maréchal de France à l'âge de quarante-sept ans. Nous n'avons pas besoin de

parler des exploits du héros de Zaatcha ; tous les soldats Vont vu à l'œuvre. Sorti de l'École en 1828, il s'embarqua pour TAfiricfffe en 1835 avec le 47* ; il reçut sa première blessure à l'assaut de Constantine, à côté du colonel Combes. Depuis cette époque, dans les chasseurs à pied, la légion étrangère et aux zouaves, il se fit toujours remarquer par son heureuse intrépidité. Il y a dans le caractère du Maréchal un côté chevaleresque qui séduit la foule. L'épisode suivant, emprunté au livre de M. de Bazancourt, eh est un exemple frappant :

« L'année 1849 fut une belle page pour le colonel Canro- « bert Le choléra décimait la garnison d'Aumale. Le siège « de Zaatcha qui se prépare l'appelle au combat ; il part « avec ses zouaves, que l'épidémie dévorait; et pendant les « épreuves d'une longue et pénible marche, il les encourage, « il les soutient ; il rend aux malades l'énergie qui les aban- « donne, et communîqotf à tons Ce Ctfufigé si difficile contre « un fléau qui frappe et que l'on ne voit pas.

« Dans cette marche avec sa petite colonne affaiblie, « épuisée, il se trouva tout à coup en face de nombreux as- « saillants qui lui barraient le passage et enveloppaient la « ville de Bou-Sada, dont la garnison était bloquée. Le colo- « nel Ganrobert marcha résolument à eux, malgré l'inégalité « des forces, et leur cria :

« —Livrez-moi passage ! car je porte avec moi un ennemi « qui roi» exterminera tous, la peste !... »

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« Les Arabes, épouvantés par ces paroles, et apercevant, « en effet, de tous côtés, dans la petite colonne, les traces « visibles du mal épidémique, s'écartèrent avec effroi et « laissèrent le passage libre. »

S. Exc. le maréchal Canrobert a emmené avec lui son chef d'état-major de la 4 re division de l'armée d'Orient, M. de Senneville, colonel d'état-major, élégant officier, brave t jeune, instruit et digne en tout de servir sous • les ordres de l'illustre maréchal.

Le général de brigade Courtois-Roussel d'Hurbal, qui commande l'artillerie du 3 e corps, est le neveu du général de l'Empire du même nom. Né en 4808, sorti de l'École polytechnique en 4923* cqlonel du 45' d^rtillerie fe cheval m 4853, général commandant l'artillerie de l'armée de Lyon depuis le 12 mars 4857 : c'est sans contredit l'un des officiers du corps qui ont les plus beaux états de services. Il a été nommé chevalier de la Légion d'honneur au siège d'Anvers, et officier, étant simple capitaine, au siège de Gonstantine.

M. Mallarmé, intendant militaire de la division

d'Àlger, est chargé des services administratifs du corps.

Le vicomte Arnaud de Saint-Sauveur, chef d'escadron de la gendarmerie de la Seine, et qui appartient à une ancienne et noble famille, est le prévôt du maréchal Canrobert.

Il est difficile de rencontrer ailleurs que dans le 3" corps une réunion d'officiers généraux plus aimés du soldat et surtout plus heureux jusqu'à ce jour dans les opérations de guerre qu'ils ont dirigées.

Les généraux de division Trochu, Bourbaki et Renault, les généraux de brigade, Ducrot, Bataille, Collineau, Picard, Vergé et Jannin, sont tous jeunes et ont passé les trois quarts de leur existence sous le feu de l'ennemi*

M. Trocbu a été L'aide de camp du maréchal Bugeaud en Afrique et du maréchal Saint-Arnaud en Crimée. Ses travaux au ministère de la

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guerre l'ont posé comme une capacité administrative hors ligne. Ses faits d'armes en Afrique et en Orient ont prouvé que l'intrépidité, le sang-froid et le coup d'oeil militaire ne lui faisaient pas défaut H. le général Trochu possède la valeur brillante qui plaît aux soldats, la science et la rectitude de jugement qui font les bons généraux. C'est un organisateur et un tacticien, deux qualités qui se rencontrent rarement à côté Tune de l'autre. Il est jeune ; bien que d'une taille moyenne, son aspect est sympathique et vigoureux. Son regard clair et profond fouille les masses militaires , les domine et les entraîne. Orateur chaleureux et imagé, il est destiné aux premières places de la hiérarchie : c'est un maréchal de l'avenir et un futur ministre de la guerre.

H. Bourbaki est le type de cette bravoure toute française qui cherche les obstacles et qu'aiguillonne les difficultés. Nos zouaves l'ont vu à Zaatcha, le stick à la main, en gants blancs et en bottes fines, monter à l'assaut le cigare à la bouche ; ils l'ont trouvé toujours le même à l'Aima, à Inkermann, bataille qu'il a gagnée presque à lui

seul, et enfin à l'assaut de Sébastopol. M. Bourbaki est le lion du moment; dans tous les bruits de guerre qui circulent au milieu de la foule, son nom se trouve mêlé. — On a bousculé les Autrichiens, dit un bourgeois. ~- C'est la division Bourbaki, répond un boursier.— M. Bourbsaki est aussi un maréchal de l'avenir.

M. Renault, Renault de V arrière- garde, comme l'appelait le maréchal Bugeaud en Afrique. Cet éloge suffit lorsqu'on a lu un petitlivre de l'illustre maréchal : — Instructions pratiques pour les trou» pes en campagne. — La théorie des Remises de main et des Retours offensifs y est expliquée, et prouve quelle bravoure, quel sang-froid et quelle intelligence il faut à un commandant d'arrièregafde. Les Arabes ne sont terribles que lorsqu'on bat en retraite : Le maréchal Bugeaud était tranquille lorsqu'il savait que sa marche était assurée par M. Renault.

Le plus cruel regret de M. Renault est de n'avoir pu faire la campagne de Cripnée.

M. Ducrot a été nommé officier supérieur à vingt-huit ans; il a servi dans la légion étrangère. Colonel du &8% il a Tait la campagne de Bomarsund; il a organisé le 3 e grenadiers de la garde. — M. Bataille a commandé un bataillon de tirailleurs indigènes et le W e de ligne ; il est resté quinze ans en Afrique.— M. Gollineau a conduit à Malakoff le 4 " des zouaves et a été nommé général de brigade à la suite de la dernière expédition de Kabylie. Son portrait est aussi dans le tableau d'Yvon, dont nous parlions plus haut ; il y est représenté un revolver d'une main, son sabre dans l'autre; il tient le milieu du tableau. — M. Picard commandait le bataillon du 20 e de ligne qui, le 30 avril 1849, s'aventura jusque dans les faubourgs de Rome; puis, lieutenant-colonel aux zouaves et colonel du 91 e de ligne, il a fait la guerre en Afrique et en Crimée; — M. Jannin, après quinze ans d'Afrique, a organisé les zouaves de la garde; ses exploits en Crimée ont mis en relief sa forée herculéenne : dans une attaque de nuit, à la tête de quelques zouaves, il s'arma d'un pieu arraché à une palissade et assomma tous les Russes qui se présentèrent. — M. Vergé s'est engagé en 1830; il a commencé aux zouaves, a organisé un bataillon de turcos. En Grimée, il commandait

le 27* de ligne, pub une brigade d'infanterie.

M. Cousin-Montauban, qui commande la cavalerie du 3 e corps, a conduit vingt fois les charges victorieuses des chasseurs d'Afrique»

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