PREMIER CORPS
S. Exe. le maréchal comte Baraguey d'Hilliers, commandant le premier corps, est un vétéran du premier Empire ; il a débuté comme sous-lieutenant au 4" chasseurs pendant la campagne de Russie. A Leipsick, il eut le poignet gauche emporté par un boulet de canon, ce qui ne l'empêcha pas de continuer à servir activement. En 1823, il fit la campagne d'Espagne, en 1830 celle d'Alger, commanda ensuite l'École spéciale militaire, puis la province de Constantine (Afrique) ; il a été ambassadeur à Constantinople; puis, en 1854, à la tête d'une simple division d'infanterie, après quatre jours de tranchée ouverte, il a Tait tomber les murs de Bomarsund et a gravé sur le drapeau de la France la première victoire remportée pendant la dernière guerre. C'est pour ce
fait que le Bl. le comte Baraguey d'HHliers a reçu le bâton de maréchal.
Une anecdote peindra le caractère de cet homme d'élan et de décision, dont la chevelure grise recouvre un volcan, C'était en 4848 , à la Constituante, dans une commission ; un orateur succédait à un autre qui avait été plus que long; M. Baraguey d'Hilliere posa sa montre sur la table et dit : « Messieurs, pensons que tout ce qui ne se « dit pas en cinq minutes ne vaut pas la peine « d'être écouté. »
S. Exe. M. le maréchal Baraguey d'HHliers a pour chef d'état-major M. le général de brigade Foltz, qui a quitté pour remplir ces fonctions le commandement de l'École impériale d'application d'état-major.
M. Requier, intendant militaire, membre du comité de gendarmerie, e*t chargé de diriger Je service administratif du çprps d'armée.
l'artillerie est commandée par M. le général de brigade Forgept. Né en J809 , sorti de l'École polytechnique en 1850, colonel fr l'époque de la campagne d'Orient, général le 28 novembre 1855, après la prise de Sébastopol, il commandait l'École d'Artillerie de Rennes lorsqu'il a été appelé * l'armée d'Italie. AL Forgeot est connu pour son
savoir et ton énergie; c'est un artilleur! Et parmi les disciples de Sainte-Barbe, il n'y â pas de plus bel éloge.
Les trois généraux qui commandent les divisions d'infanterie du premier corps ont Sait longtemps la guerre.
M. le général Forey, qui commandait la l re division de Paris et Ta emmenée avec lui en Piémont, est né en 1804 ; il est entré à Saint-Cyr en 4822, a fait ses premières armes au 2° léger, chevalier de la Légion d'honneur après le premier siège de Constantine. A organisé le 6 e bataillon de chasseurs à pied ; colonel du 26 e de ligne. A la formation de l'armée d'Orient , il fut chargé du commandement de la 4 e division, débarqua au Pyrée, assista à l'Aima , et ce fut lui qui, dans la matinée du 5 novembre 4855 , repoussa vigoureusement les Russes qui cherchaient à pénétrer dans nos tranchées , tandis que se livrait k bataille d'Inker-> mann.
M. le général de LadmirauK a figuré parmi les premiers officiers admis dans les zouaves ; il a fait
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presque toute sa carrière en Afrique, il a organisé le premier bataillon de chasseurs à pied et commandé le régiment de zouaves; chef vigoureux et ardent, il vient de quitter, pour faire campagne, sa division de l'armée de Paris.
M. le général Bazaine. Le 42 juin 1834 , à l'affaire de la Macta , le sous-lieutenant Bazaine fut blessé en enlevant sa compagnie de la légion étrangère. Dès ce jour il marcha d'un pas rapide, restant toujours en Afrique. Il a conduit en Grimée un des deux régiments de la légion. Nommé successivement, pendant la campagne, général de brigade et général de division , il a été investi, après le 8 septembre 1855, du commandement de Sébastopol. A la tête d'une division anglo-française, il s'empara de Kinburn. C'est un des plus brillants et des plus jeunes généraux de division de notre armée.
Les généraux de brigade d'infanterie du 1 er corps sont MM. Beuret, Blanchard, de Martimprey, Ladreytt de la Gharrière et Goze.
M. de Martimprey est le frère de l'aide-major général de l'armée d'Italie ; il a servi longtemps en Afrique.
MM. Beuret, Blanchard et Goze ont gagné leurs étoiles en Crimée : M. Beuret y est arrivé comme colonel du 39 e . A la bataille de l'Aima, toute l'armée a pu l'adifcirer, seul» à cheval, au milieu de son régiment couché à terre en attendant le signal du combat. M. Blanchard commandait à Malakoff le 1 er grenadiers de la garde; il y a été rudement blessé. Les Parisiens se souviennent de l'avoir vu, le bras encore en écharpe, conduire Tune des brigades d'infanterie de ligue qui entrèrent triomphalement dans la capitale, le 30 décembre 1855. M. Goze a quitté volontairement un corps de l'intérieur pour aller prendre le commandement d'un régiâJht sous les murs de Sébastopol.
La cavalerie du 1 er corps est commandée par le comte Partouneaux, ancien colonel d'un magnifique régiment de lanciers. C'est un général xle cavalerie accompli Manœuvrier habile, d'une bravoure à toute épreuve, lorsqu'il s'élancera sur les carrés autrichiens à la tête des intrépides chas* seurs d'Afrique de sa division, les bataillons ennemis seront renversés et foulés aux pieds des chevaux du désert M. Genestet de Planhol commande une des brigades sous ses ordres. C'est
encore un nom populaire dans Farmée et bien connu du soldat
DEUXIËMt CdRFS.
H. le comte de Mac-Mahon, commandant le 2 e corps, a prouvé sur la crête de MalakofTque la jeune armée impériale savait allier à la rude énergie des Cambronne la valeur élégante des Richelieu. M. de Mac-Mahon est possesseur d'une immense fortune: il a dé bu té dans îe eorps d'étatmajor. Ea 4840, il a été chargé d'organiser le \ e bataillon de chasseurs à pied. Depuis ce temps il a presque toujours tenu la campagne. Récemment il commandait en chef les forces des armées de terre et de mer en Algérie. La troupe l'aime, eroit en lui et le suivra avec confiance à travers les lignes ennemies, qu'il traversera l'épée haute,
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l'œil souriant arec le calme du chef et la fougue du soldat.
M. le comte de MaoMahon est parti pour l'Italie avec ses deux aides de camp et ses deux officiers d'ordonnance : MM. Borel , chef d'escadron d'état-major, Broyé, capitaine d'état-major, de Yiel d'Espeuilles, capitaine au 6 e hussards, et d'Harcourt, lieutenant au 17* bataillon de chasseurs à pied, qui l'ont déjà accompagné en Crimée.
Le chef d'état-major du 2* corps , le général dç brigade Lebrun , remplissait en Crimée lès mêmes fonctions auprès du généra! deMad-Mahôft. Ses traits sont fidèlement reproduits dans le tableau de Malakoff exposé il y a deui ans par Yvon. M. Lebrun y est représenté le képi à la main, recevant les ordres de son général, debout sur la crête de lépaulement. Cet officier a suivi M. de Mac-Mahon en Afrique en qualité de premier aide de camp. Sa promotion au l généralat est toute récente.
L'intendant militaire du corps est M. Wolf.
Le général Auger, commandant l'artillerie, est né en 4809. Sorti de l'École polytechnique en 1831, il était en 4848, bien que simple capitaine, nommé directeur du service de l'artillerie au miniêtère de la guerre. Il a servi avec distinction en Algérie: colonel à l'époque de la guerre d'Orient, il a succédé en 1855 au général Lebœuf dans le poste de chef d'état-major de l'artillerie devant Sébastopol. Général de brigade le U juillet 4856. C'est un homme d'étude, qui a pris une très* grande part à la publication du Journal des opérations de r artillerie au siège de Sébastopol. A commandé comme général l'École de Besançon, et en dernier lieu l'artillerie de l'armée de Paris.
Les généraux de division qui commandent l'infanterie du corps Mac-Mahon sont deux vaillants soldats. M. Espinasse, ancien officier de zouaves, a fait les campagnes d'Afrique, de Rome et de Crimée. En 18W, il a reçu quatre coups de feu dans le même combat sur la pente de l'Aurès ;
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il a été aide de camp de l'Empereur et a dirigé le ministère de l'intérieur. M. de la Motte-Rouge a laissé en Afrique, où il a été longtemps colonel du 19 e léger, et en Orient, où il a successivement commandé une brigade et une division, les plus excellents souvenirs. Parmi les généraux de brigade, MM. Lefèvre, de Bonnet - Maureilhan de PoIhèsetdeCastagny ont inscrit leurs noms dans les fastes de la guerre d'Orient M. Lefèvre y commandait le 21* de ligne. M. de Polhès a ramené le régiment des zouaves de la garde. M. de Castagny est aussi un soldat de Crimée : il y a souvent conduit au feu le 7 de ligne.