LE 20 DECEMBRE
i^iU M. U. (.A(.^AT
Prèsùlemedi M. Tiikodore Reinach, rib^^^m^;,/.
'^^ 1" i'KK.-^iDi XT ouvre la séance en ces termes :
Mesdamk.-, messieurs, En l'al^sence de notre respecté président, retenu par un engage- ^'"'^^f antérieur, en l'absence aussi de mon collègue, M, HartM-ig D.'iciii .nirg, c'est à moi que revient l'honneur de vous présenter le ..avaiiî conférencier qui doit vous entretenir ce soir. Je m'acqiiitto de ce devoir avec d'autant plus déplaisir que M. Ta^nat est pour ui.i un ami d'ancienne date, et que cependant, dans la bienvenue cordiaio que je lui souhaite en votre nom, l'amitié ne cuiiî.Ta lit'îi à la vôrité.
y^. ( a-nat u ,^<\ un in-s-niiu pour aucun de ceux qui s'intéressent
■^ l'antninité roIlla^a^ .a il> ,ohi nombreux .iaiis un pav. qui est
resté aux tiuis quarts i uniain par la langue, les lois et les traditions.
'Ai très {.eu d'aiiii,'... il a su conquérir une place considérable parmi
i^^jcuno iiiaîuc< .|KK a la façon des lieutenants d'Alexandre, ont
1, \!imi:e romaine
dû se partager le vaste domaine conquis à la science par l'illustre Bor-hesi. Ce domaine, vous le savez, c'est celui de l'épigraphie appiiiiuée à l'étude des anti(iuités romaines. Simple innovation de méthode, semble-t-il ; mais ici, surtout en ce qui concerne la période impériale, l'innovation a pris la proportion d'une véritable
rénovation.
Les historiens anciens, Tacite, Suétone, Dion Cassius, nous ont raconté en grand détail les guerres, les révolutions de palais, les conspirations, les crimes et les vertus privées des empereurs et des impératrices. C'est là une partie de l'histoire, la plus émouvante peut-être ; ce n'est pas l'histoire tout entière. Le lecteur du xix« siècle s'intéresse à bien d'autres choses dans cette période de plus de quatre cents ans (qu'embrasse l'histoire de l'empire romain. On veut savoir comment cet empire colossal était habité, subdivisé, gouverné ; par quels rouages l'action du pouvoir central se transmettait aux provinces ; suivant quelles règles y fonctionnaient l'armée, le culte, leslinances, l'administration, bref tous les grands services puljlics. On veut aussi savoir commpnt vivaient les hommes de ce temps-là, ce qu'ils aimaient, ce qu'ils croyaient, quel trésor de souvenirs leur avait légué le passé, quelles aspirations confuses y préparaient l'avenir.
Tout cela, Messieurs, tous ces détails qui constituent, pour parler comme Montaigne, la « moelle substantifique » de l'histoire, les historiens anciens n'en ont cure ; ils les supposaient connus de leurs lecteurs, et ne pouvaient pas se faire par la pensée les contemporains des curiosités futures. Heureusement, si les historiens nous manquent, nous avons les pierres et les médailles ; mais ce sont là des témoins modestes et renfermés, qui ne livrent leur secret qu'à ceux (lui savent les interroger. M. Cagnat est de ceux-là ; il a tout ce qu'il faut pour faire un bon juge d'instruction, car il est à la fois homme d'action, écrivain et orateur.
Explorateur habile et endurant, il a rapporté naguère de ses deux campagnes en Tunisie toute une moisson de documents topographiques et épigraphiques ; écrivain, il nous a donné, entre autres ouvrages, une lumineuse Histoire des impôts indirects sous les Romains et uu Manuel d^èijiyrayhie latine qui est entre les mains de