Voir sur ce point la série des ordonnances
2. Xavier Audouin, Histoire de l'administration de la guerre.
tration militaire, la plus vicieuse et la plus arriérée. Nulle part les abus, les malversations, le brigandage, — le motest de Guibert, — n'étaient plus communs et plus impudents ; nulle part la vie du soldat n'était plus exposée que dans ces charniers^ où, sous prétexte de traitement, il était livré sans défense à l'avidité des entrepreneurs. « Les hôpitaux sont dans un état si pitoyable que le cœur le plus dur en serait touché, écrivait le comte de Clermont en 1758. Il y règne une saleté et une puanteur qui seules feraient périr l'homme le plus sairi. Il n'y a ni lits, ni linge,' ni médicaments, et souvent le bouillon manque... » Quelle conscience, en effet, attendre de gens uniquement occupés de faire fortune et qui ne pouvaient y parvenir qu'en volant!
L'entreprise des hôpitaux se donnait à l'enchère et se vendait comme un effet : on se la repassait de main en main, et comme chacun voulait naturellement gagner sur son contrat,
il en résultait que le dernier acquéreur cherchait à se rattraper sur les malades du bas prix auquel il avait soumissionné.
La corruption était générale, elle s'étendait « jusqu'aux contrôleurs pour le roi, honorés de la confiance du ministre de la guerre, lesquels, loin de tenir les entrepreneurs et les régiments dans leurs devoirs, concertaient ensemble les moyens de s'enrichir * ». Bien plus : ces entrepreneurs tarés, ces spéculateurs véreux, c'étaient eux, en temps de paix, qui avaient la haute main sur le personnel des médecins, des chirurgiens et des apothicaires, qui ks choisissaient et même les rétribuaient M
Telle était encore, en plein xviii® siècle, la triste situation du service de santé dans l'armée royale. Mais ici, comme dans les autres parties de l'administration et de la constitution mili-