‹ L'armée royale en 1789Chapitre 132 sur 136 · LA TACTIQUE · texte numérisé non relu

LA TACTIQUE

La guerre de Sept ans avait eu pour la tactique les mêmes conséquences que pour Tartillerie. Longtemps, en France, on ne s'était pas douté qu'il « se créait sur les bords de la Sprée une science nouvelle * ». On n'avait été frappé que des formes extérieures de la tenue des Prussiens, de leur pas cadencé et de la célérité de leur feu; on ne comprenait pas qu'ils devaient leurs plus beaux succès à la supériorité de Tordre adopté par Frédéric IL « En vain, le maréchal de Saxe nous avertissait que nous étions dans les ténèbres ; en vain,

i . Guibert, Éloge du roi de Prusse.

L'ARIiTÉE ROYALE EN 1789. 239

il écrivait au comte d^Argenson cette lettre si connue dans laquelle il démontre que les Français, ignorants comme ils sont, devraient éviter toutes les affaires de plaine et de manœuvres et se réduire à des coups de main *. » Sa voix s'était perdue, et Ton en était encore après Rosbach à traiter de faiseurs et de têtes exaltéeé^ les militaires assez osés pour réclamer des changements à la vieille ordonnance française. Le mot même de tactique avait eu de la peine à s'acclimater : on le trouvait pédant, prétentieux.

A la fin, pourtant, il avait bien fallu se rendre à Tévidence, admettre que ce n'était pas seulement le hasard et une suite d'accidents de génie qui avaient fait de l'armée prussienne l'incomparable instrument qu'elle était. On avait étudié de plus près le fameux ordre mince et les larges déploiements de Frédéric II,

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