LXXX INTRODUCTION
rayant, Albert était allé Tembrasser à Thôpital. Gomme sa cuisse ouverte ne lui permettait pas de marcher, Vuillemin avait eu la touchante pensée de se faire représenter aux obsèques dé son ami par cette couronne dont Finscription rappelait le jour où ils avaient à côté Tun de Tautre affronté là mort pour la patrie.
Ce furent de belles funérailles, d'une simplicité pleine de grandeur. Il n*y eut pas de discours, mais beaucoup de larmes. Et maintenant, il repose làhaut, sur la colline au pied de laquelle est bâtie la maison paternelle, là où sa mère, ses deux sœurs, son frère aîné, dorment déjà leur dernier sommeil : lui, Torgueil et rétérnél regret de ce qu'il reste encore de cette famille décimée. A côté du cimetière, il y a un fort. Un jour, peut-être, la gueule des longs canons noirs vomira de la flamme et du fer par-dessus le paisible champ de repos, frais et riant asile où fleurissent au printemps des aubépines, et les boulets ennemis bouleverseront les tombes. Ame héroïque, reviens alors parmi nous, communique ton indomptable vaillance, ton mépris de la mort à ceux qui livreront les suprêmes combats pour cette patrie que tu as tant aimée !
GEORGE J)URUy.
PR|MIERE PARTIE .