‹ L'armée royale en 1789Chapitre 64 sur 136 · INTRODUCTION. LXXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LXXIX

éèrivait : « Cher vieil ami, j'apprends l'irréparable malheur qui vous frappe cruellement et atteint du niême coup tant d*hommes de cœur et de patriotisme qui chérissaient votre noUe fils. Moi, qui Faimais autant que je l'appréciais, je suis inconsolable de cette immense perte... »

Le service eut lieu à Villeneuve-Saint-Georges, le dimanche 14 août. Dès le matin, le cercueil avait été placé à l'entrée de la maison, dans une sorte de petite chapelle improvisée avec des tentures. Les vieux paysans, qui se souvenaient d'avoir vu jadis le pauvre mort parcourir les rues du village dans tout l'éclat et dans toute la force de son exubérante jeunesse, se tenaient groupés devant la porte. Ils contemplaient sans rien dire, une larme au coin de l'œil, la médaille militaire attachée au drap noir qui recouvrait la bière, et les innombrables couronnes de fleuré amoncelées autour. Dans le nombre, il en était une qui attirait surtout les regards. Elle portait ces mots brodés eh perles blanches :

4 août 1870. Celui qui Tavait envoyée, était l'ancien lieutenant d'Albert aux tirailleurs, M. Vuillemin. Blessé grièvement à Wissembourg, il était venu de Bergerac à Paris, afin de subir au Val -de-Grâce une dangereuse opération que sa blessure, après dix-sept ans écoulés, nécessitait encore. Six semaines aupa-

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