‹ L'Armistice et la CommuneChapitre 27 sur 52 · CIRCULAIRE · texte numérisé non relu

CIRCULAIRE

A Messieurs les généraux et chefs de corps de l'armée de Paris. A tous les officiers.

Quartier général, à Paris, le 16 mars 1871.

Le général commandant en chef l'armée de Paris se trouve dans l'obligation d'adresser de sérieuses observations aux troupes sous ses ordres, sur les infractions aux règlements militaires qui se produisent journellement. Le plus souvent ces fautes sont commises en présence d'officiers qui, par leur indifférence coupable, les laissent impunies, et compromettent ainsi gravement la discipline.

Il est constant que maintes fois des militaires passent Auprès de leurs supérieurs sans les saluer; et la plupart des officiers ne font aucune observation à ce manque de

déférence. Beaucoup, en outre, ne prennent pas le soin de rendre le salut, et encouragent ainsi des actes d'indiscipline qu'ils devraient réprimer.

Des détachements sans armes, et même armés, circulent dans le plus grand désordre, comme abandonnés à eux-mêmes et sans chefs. On a vu un régiment d'infanterie marcher ainsi sur une longueur de route de plusieurs kilomètres. C'est un triste spectacle, et les officiers qui le tolèrent sont sans excuse.

Tout détachement se rendant à un service ou à une corvée, quelle que soit sa force, doit marcher en ordre, compacte, régulièrement conduit par des officiers ou des sous-officiers, chacun à sa place réglementaire. S'il est de plus de vingt-cinq hommes, il doit être commandé par un officier et suffisamment encadré.

Les sentinelles ne rendent pas les honneurs, n'observent pas les consignes, et sont relevées sans soin, avec toute la négligence qu'on apporte, du reste, dans l'exécution du service des places.

N'a-t-on pas signalé au général en chef un officier chef de poste qui a laissé envahir par la foule ameutée l'hôtel qu'il était chargé de protéger, sans prendre aucune disposition, et regardant tranquillement le spectacle qu'il avait sous les yeux!

La tenue n'est pas surveillée; aussi est-elle des plus mauvaises. On laisse se promener dans les rues des hommes qui portent des vêtements et des accessoires qui ne sont pas d'ordonnance. Personne n'intervient. On voit encore des soldats revêtus de la peau de mouton qu'ils portaient aux tranchées.

Le général en chef est résolu à faire cesser cet état de choses profondément regrettable, et dont les consé-

quences sont si funestes pour la discipline. Chacun doit savoir cependant que ce laisser-aller enlève à l'armée toute sa force, toute sa cohésion, comme aussi la considération dont elle a tant besoin.

Tous les bons militaires doivent déplorer une telle situation. Il faut y mettre un terme, et le général en chet réclame pour cela leur concours le plus absolu et le plus dévoué.

Le général commandant en chef l'armée de Paris,

VmoY.

NOTE

Le commandement des neuf secteurs allait se trouver complètement désorganisé, lors de la rentrée des troupes dans Paris, parle départ de presque tous les chefs. L'un, l'amiral de Montagnac (7* secteur), ayant été nommé député à l'Assemblée nationale, avait rejoint son poste à Bordeaux; un second, l'amiral Challié (9* secteur), remplissait l'intérim du ministère de la marine à Paris, en remplacement de l'amiral Pothuau, retenu à Bordeaux par ses fonctions près de l'Assemblée.

Les contre-amiraux Bosse (3^ secteur), Cosnier (4^ secteur), du Quilio (5° secteur), Méquet (8^ secteur), rentraient dans le service de la marine; les généraux Cailler (2' secteur) et Barolet (1" secteur) dans le cadre de réserve.

II fallait les remplacer, pour donner une administration aux troupes qui se trouvaient désarmées , dans les secteurs dont ils avaient le commandement. Ces décisions furent portées à la connaissance des troupes par un ordre du jour, en date du 15 février (n" 39).

D'après les dispositions qui y étaient arrêtées, les commandements de corps d'armée, de divisions et de brigades sont supprimes, à partir du 16 février, à l'exception de la division Faron.

Le général de Malroy exerce le commandement territorial, et aura sous ses ordres la place de Paris, les troupes de gendarmerie, le régiment de sapeurs-pompiers, les douaniers, etc.

Les troupes désarmées passent ou demeurent sous les ordres des commandants de secteur.

Le commandant en chef du corps d'armée de Saint- Denis ' et les officiers généraux de la marine qui étaient pourvus de commandements de secteur, sont remis à la disposition du ministre de la marine.

Le commandement des secteurs est réparti ainsi qu'il suit :

1" secteur : Général Porio\î.

2" — Général Callier ; commandant en

second : Colonel Colomieu.

3* — Général Courty.

■4^ — Général Hanrion.

5^ — Général Bocher.

6* — Général Lecomte.

7* — Général de Chamberet.

8' — Général Paturel.

y — Colonel Lemains.

Le service administratif est assuré dans chacun des secteurs par un intendant militaire (ordre du 16 février 1871), savoir :

' L'amiral de la Roncière, nommé député, était à l'Assemblée nationale, à Bordeaux.

Grand quartier général : M. Moyse, sous-intendant militaire.

1" secteur : M. Desbuttes, sous-intendant militaire. 2* — M. Richard, sous-intendant militaire. 3" — M. AuGiER, adjoint de 1" classe. 4" — M. Malet, sous-intendant militaire. 5* — M. DuMOULiM, sous-intendant militaire. 6° — M. SiMONNEAU, adjoint de 1" classse 7' — M. Rexaut.^ sous-intendant militaire. S* — M. Fages, sous-intendant militaire. 9* — M. Beaumès, sous-intendant militaire.

NOTE

Nous donnons ci-après le texte de la convention négociée par M. Thiers et M. Jules Favre d'une part et M. de Bismarck de l'autre , pour la prolongation de l'armistice. Cet acte diplomatique, qui réservait à une entente ultérieure les détails de l'occupation d'une partie de Paris, fut accompagné d'un autre; ce dernier, négocié entre M, de Moltke et le général de Valdan, fut signé par M. Jules Favre seul. Nous en donnons également le texte, qui régla les rapports de l'armée prussienne avec l'armée française dans Paris.

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